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05/09/2012

COLONIAUX : LA COULEUR CHANGE, PAS LA CONNERIE

Aujourd'hui, on joue le monde à l'envers et le blog Wuyilu invite ARTHUR SCHEUER, le fondateur de RAGEMAG , qui souvent nous accueille dans ses colonnes. Reprise de son dernier article, décapant, sur Rokhaya Diallo, où comme souvent ici, le Sénégal est mentionné.

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Rokhaya Diallo est née dans le 4ème arrondissement. Elle est chroniqueuse à Canal +, payée à dire n’importe quoi, n’importe comment. Militante. Pour que l’on prononce son nom Ro”R”aya, et pas Rokhaya (c’est raciste), d’abord. Dévouée. “Je fais l’objet de racisme bienveillant” ; accuse-t-elle, pauvre riche. Dans les pages de Rue 89, la petite tête de linotte joue à se désoler de ce qu’elle appelle de ses vœux.  Racisme bienveillant, ou discrimination positive. Au temps des colonies, plus pudiquement: paternalisme.

Dans une interview de juin 2010, elle affirmait gaiement supporter le Sénégal, et n’a pas caché sa joie lors de la victoire du Sénégal contre la France en 2002. Désormais, elle souhaite même demander la nationalité sénégalaise, “pour résister à tout le débat sur la binationalité en France”. Les sénégalais seront ravis d’apprendre que la mentalité coloniale est encore vivace : leur nationalité n’est pour elle qu’un instrument sur la scène politique Française. Souhaitons que le Sénégal la lui refuse, s’il est encore temps.

Colonisation, mon amour

Rokhaya Diallo

Rokhaya, comme tout bon militant diversitaire, cultive les paradoxes. A raison, elle fustige la colonisation. Pourtant, c’est dans la triste aventure progressisto-intéressée des libéraux IIIème Rep, qu’elle vient puiser à intervalle régulière un trésor : la culpabilité. La colonisation justifie toutes les bravades, toutes les absurdités. Mlle Diallo le dit d’ailleurs expressément : “Nous n’avons ni l’intention de nous intégrer, ni l’intention de nous assimiler”. Phrase que n’aurait pas renié un Beke, un politicien Afrikaner, ou plus simplement, un officier colonial Français, fat et imbécile, en costume crème et short court, chapeau dur et moustache blonde.

La déclaration coloniale brouille volontairement les cartes : elle, la petite parvenue du 4è arrondissement, la jolie chroniqueuse de la matinale de Canal+, n’a pas à s’intégrer. Mais qui le lui demande ? Elle est sans doute mieux intégrée à la France d’aujourd’hui que la majorité des électeurs du Front National. En cela, nous la rejoignons. Mais elle inclut dans ce “nous” des personnes venant d’arriver sur le sol Français, attaquant ainsi le socle républicain Français (ce qu’il en reste). La demoiselle est communautariste, et à l’américaine, encore : fin septembre 2011, elle participe, à Washington, à la réunion annuelle du Caucus noir du Congrès, un groupe parlementaire américain exclusivement réservé aux noirs. Du racisme et de ses variations de forme.

Ses amis ? Une fine équipe de mangeurs de petits-fours, dont une bonne partie sont fils d’ambassadeurs, donc bien entraînés. Leur lobbying médiocre, claudiquant de coups de téléphone sirupeux en serrages de main entre deux portes, finit toujours par payer. Dès lors, parlez leur de mérite et rangez les crayons de couleurs. Eux qui roulaient leurs revendications dans la farine et le chocolat, ne veulent plus entendre parler que de compétences.

Fournisseur principal de sujets sociétaux depuis le tournant libéral-sociétal de 83, copain comme cochons avec les banquiers et les grandes entreprises, il semble pourtant que le ciel se couvre sur le petit monde diversitaire parisien. Pas encore une disette de petits-fours, mais déjà, de quoi être inquiet…

A la Rochelle, point de point Godwin…

Au gouvernement, les socialistes (c’est encore comme cela qu’ils se font appeler, les inconséquents !…) ne savent plus par quel bout prendre la crise, par quelle capitale prendre l’Europe. Le pouvoir: cette casserole brûlante et sans queue. Eux, devant, interdits: une poule qui a trouvé un couteau. Même l’ami Demorand, qui, à priori ne danse pas la carmagnole au premier mai, s’est permis une leçon de chose. L’heure est grave.

Que faire ? A la Rochelle, lors de l’Université d’été du PS, il s’est passé quelque chose : quelqu’un a parlé vrai. Laurent Bouvet, que nous avons déjà reçu dans ces colonnes, a proposé que le Parti socialiste se tourne vers les catégories populaires. Le criminel ! S’est-il fait huer ? Conspuer ? Virer de la fête manu militari ? Non. Les temps changent : il a été écouté. Il a été applaudi. Le temps  se couvre. Amis diversitaires, le cochon est dans le maïs.

Quel dommage… C’était bien, disent les anciennes familles coloniales, avec dans les yeux un reste de soleil et de déjeuner sur l’herbe… C’était bien, diront peut-être bientôt les professionnels de la rébellion labellisée. Adieu, mutins de Panurge. Adieu vaches, veaux, cochons. Adieu restaurant du Sénat, salles de conférence vides, Maison de la radio. L’État les traitait si bien !… Un rapport sur la diversité à la télévision française ? Un poste à France Télévisions. Une polémique ? Un poste de chroniqueuse à Canal+, un parachutage dans une circonscription gagnée d’avance. Tiens, ton goûter, un Choco BN, allez file gamin.

Les libéraux adorent cela ; les réseaux “diversité”. Inoffensifs bouffons. Aucune conscience politique : de vagues références historico-émotionelle, Malcom X, Nelson Mandela, Kool and the Gang. Étonnement, pas de nouvelles de Thomas Sankara (“C’est qui ?”). Médiocrité bourgeoise,  sauce MTV. Entre Yo mama et Jean-François Copé. Aucune conscience de classe. Seulement une conscience… de race.

Zemmour contre Rokhaya, Capulet contre Montaigu…

Dans Paris-Berlin, sur Arte, en novembre 2008, Éric Zemmour lançait à Rokhaya Diallo, « j’appartiens à la race blanche, vous appartenez à la race noire ». Chic. Choc. Hitler. Love at first sight Deux ans plus tard, invitée de Toutes les France, sur France Ô, Rokhaya de, dans le même esprit : “Ils [les blancs] vont vieillir. Et n’auront plus la capacité de répondre à des gens qui seront là en capacité de répondre.

Lorsque l’on tape “Rokhaya Diallo”, sur Google, le moteur de recherche propose “Rokhya Diallo Eric Zemmour”. Mignon.  RTL ne s’y est pas trompé : la station a fait de nos tourtereaux des chroniqueurs vedettes, les Bonnie and Clyde de l’ethnicisation à marche forcée. RTL Opinion, que ça s’appelle. Succès immense pour Zemmour: l’homme est talentueux… Bof pour Rokhaya.

Mais leur véritable lune de miel eut lieu chez Thierry Ardisson. L’éditorialiste maurassien dégoupillait à la hussarde, en regardant sa dulcinée droit dans les yeux : “les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont Noirs et Arabes… c’est un fait.” Rokhaya jouait l’effarouchée… Qu’un homme blanc lui parle de race, comme cela, au second rendez-vous, c’était si cavalier… Si brûlant !… Elle fondait de désir…

Dans la tribune qu’elle signait hier dans le Monde (dans laquelle elle tire sur Manuel Valls de façon si maladroite qu’on en oublie qu’il est socialiste comme nous sommes libéraux), elle aussi use de statistiques ethniques, pour évoquer les contrôles au faciès : “Les conclusions d’une étude dirigée par le CNRS en 2009, [démontrent] que les contrôles d’identité se focalisent en priorité sur les individus perçus comme “jeunes” (qui ont onze fois plus de “chances” d’être contrôlées que les autres), “noirs” ou “arabes” qui ont six à huit fois plus souvent contrôlés que ceux que l’on considère comme “blancs”.” Validant ainsi les arguments de son amant souverainiste. Beau comme du Shakespeare…

Rokhaya devait s’en prendre à Valls, qui, sur les questions régaliennes, ne manque pas de courage. Elle est rebelle. Elle n’aime pas la police : en juin 2010, déjà, elle l’avait qualifiée de “force d’occupation” ; presque une revendication de souveraineté. Le titre de son dernier livre, A nous la France ! est plus explicite. Ah ! Le temps béni des colonies… Elle aurait adoré.

 

Boîte noire

 

Découvrir Thomas Sankara, ici

Découvrir l’oeuvre de Franz Fanon,

Robert Ménard vs Rokhaya Diallo,

Coralie Delaume exécute les diversitaires, ici

Les lobbies de la diversité à la télévision,

25/07/2012

DU PORTUGAL AU QATAR, LES NAINS CONQUERANTS

terre.jpgIl eut été appréciable de voir Stefan Zweig scruter notre temps de sa plume leste, de son intelligence fulgurante, de sa fine psychologie et de sa déchirante humanité. L'époque se contentant de confier sa chronique à Giesbert et consorts, saisissons l'occasion d'une douteuse analogie historique pour raviver le souvenir de l'écrivain freudien, dont l'aventure et la foi en l'homme se sont brisées à Petropolis un triste jour de février 1942. Par un clin d'œil à deux de ses ouvrages parmi les plus méconnus, Magellan (1) et Amerigo (2), revenons gaiement sur ce qui fit de la péninsule ibérique, aux XVème et XVIème siècles, le premier empire colonial occidental à vocation mondialiste, tout en lorgnant sur l'ambition du Qatar d'aujourd'hui.

Il était une fois un petit pays, aux infinis rêves de grandeur et de conquête. Aujourd'hui on l'appellerait le Qatar, jadis il se nommait Portugal. Nous sommes au début du XVème siècle et commence le règne de Henrique le Navigateur qui, de son château bibliothèque de Sagrès, rêve d'embrasser le monde et de planter son oriflamme à chaque coin de la terre, à la manière de l'émir Khalifa-Al-Thani semant ses pétrodollars aux quatre vents. Sous l'impulsion d'Henrique le monde se dévoile peu à peu aux yeux d'Européens embourbés dans la fange spirituelle du moyen-âge, oublieux depuis longtemps des conquêtes romaines ou des prouesses d'Alexandre le Grand. En à peine 30 ans se succèdent les découvertes des Açores, du Cap Vert, du Sénégal et du Sierra Leone. L'indépassable géographie de Ptolémée vacille et n'est bientôt plus que sujet de moqueries. Henrique meurt en 1460, bien avant les fabuleux voyages de Colomb, Magellan, Diaz, Vasco de Gama et autres Cabral, mais c'est bien lui qui initie cet appétit de découvertes qui débouche sur la première grande vague coloniale mondialiste et hégémonique.

AU COMMENCEMENT ÉTAIENT LES ÉPICES... À L'ARRIVÉE LES COLONIES

« Au commencement étaient les épices » comme le rappelle Zweig en ouverture de son Magellan. Elles furent le moteur et le prétexte de cette vague d'explorations qui, du voyage de Do Silvès (3) aux Açores en 1427, jusqu'à l'époustouflante épopée de Magellan (1519 à 1522), dévoile les contours de la planète, fait la preuve définitive de sa rondeur et introduit l'étrange notion de fuseau horaire. La quête conjuguée d'une nouvelle route des épices et de terres fantasmées comme l'Atlantide (4) ou le Royaume du prêtre Jean, permet en cent ans d'en apprendre davantage sur la terre que durant tout le millénaire précédent. C'est bien le Portugal d'Henrique qui impulse le mouvement. Mais bientôt la petite grenouille lusitanienne transformée en bœuf hégémonique, devient grenouille à grande bouche qui serre les lèvres face au crocodile Espagnol de Philippe de Castille puis Charles Quint.

Les deux rivaux de la péninsule ibérique doivent leur ambition à la situation des routes commerciales de l'époque. Si l'Inde et les Moluques, objets de toutes les convoitises européennes sont connues, elles restent inaccessibles, dans la vision d'un monde bien moins vaste qu'il l'est en réalité. Les Maures ont le monopole du commerce avec l'Inde et contrôlent l'accès à la mer Rouge, seul passage exploré pour atteindre les richesses de Calicut ou de Ternate. Quant à la République de Venise, elle possède l'exclusivité des échanges méditérrannéens avec les Arabes. La boucle est ainsi bouclée et, sans colonialisme outrancier, le système est verrouillée et exclu tous les autres pays. Les premières croisades, sous le prétexte religieux, ont d'ailleurs pour notoire ambition de desserrer l'étau commercial imposé par les Maures. Mais leur échec en la matière oblige ceux dont la fibre commerciale grandit à chercher une autre route avec d'autant plus d'avidité que les nouveaux territoires découverts pourront être colonisés.

QUAND LE MONDE FUT PARTAGE D'UN SAINT TRAIT DE PLUME

De quel droit, par quel moyen ? C'est là que la notion d'hégémonie (culturelle et religieuse) entre dans la danse et que les Portugais sortent de leur manche la carte papale. Et là, tandis qu'on parle aujourd'hui des dérives de la mondialisation, d'internationalisation de la finance, de main invisible des marchés, d'hégémonie culturelle américaine, de conquête des pays du Sud et de la Chine par le dumping social comme de mainmise sur certaines économies par les pétrodollars, rappelons ce qui est alors décidé pour faire du tout petit Portugal, puis de toute la péninsule ibérique, le plus puissant des empires coloniaux de l'histoire. Par deux bulles papales, qui ne sont pas sans rappeler le concept de bulles financières tant elles eurent vocation à éclater, tout ce qui était à venir du monde est arrogé tantôt au Portugal, tantôt à l'Espagne, non par l'opération du Saint-Esprit, mais d'un simple trait de plume. Que ceux qui s'offusquent du partage germano-soviétique de la Pologne en 1939 ou des conséquences de la conférence de Yalta s'imaginent de quoi il s'agit. Après un premier bref papal offrant au Portugal l'intégralité des découvertes pouvant être accomplies au-dessous du Cap Bojador (Boujdour, Maroc), vient la bulle papale Inter Caetera de 1493, précisée par le fameux Traité de Tordesillas signé l'année suivante, qui partage tout simplement le nouveau monde entre les deux nations ibériques, afin de mettre de l'ordre dans leur rivalité grandissante et délétère. Le nouveau monde, le Mundus novus disons-nous ? Rien que ça ! Cela signifie en théorie, les deux Amériques (et l'intervention papale n'arrive pas pour rien juste après le retour au pays de Christophe Colomb), l'Orient, une bonne partie de l'Afrique et tout ce que les mers comptent d'îles éparpillées. En réalité, l'Afrique noire sera grandement épargnée, tant l'intérieur de ses terres restera longtemps mystérieuse aux Européens, au moins jusqu'aux pérégrinations de l'explorateur écossais Mungo Park au XVIIIème siècle, tout comme l'Australie certes aperçue par De Mendonça en 1522, mais véritablement découverte par les Hollandais au XVIIème siècle et conquise par Cook en 1770. Mais c'est une autre histoire, le Portugal ayant depuis longtemps alors perdu son rang dans la hiérarchie des nations.

DES PETRODOLLARS AU GOÛT D'EPICES

Car oui, comment imaginer qu'un pays d'à peine 1,6 million d'habitants pourrait prospérer jusqu'à dominer le monde, par la simple hardiesse de navigateurs se mettant au service de ses rois (essentiellement Henrique et son successeur Manuel) ? Cela ne dura pas bien longtemps et la lente décadence du pays commença bientôt, dans l'incapacité en laquelle était la maison mère à gérer ses succursales, infiniment plus grosses qu'elle. D'autres raisons, à commencer par le poids de plus en plus considérable de l'Espagne au sein du couple Ibérique et le réveil attendu des autres nations européennes, joueront bien évidemment un rôle considérable dans le feu de paille Portugais.

Il est pourtant aujourd'hui un petit pays de Golfe, lui aussi peuplé de ces 1,6 million d'âmes, bien que seules 200 000 en soient citoyennes, qui, à sa manière, par l'investissement compulsif autorisé par ses « épices-pétrodollars » (5), cherche à planter son drapeau partout où des « peuplades innocentes, naïves et accueillantes » lui ouvrent les bras dans la croyance de ses pures intentions. Hélas pour lui, le Qatar dont l'ambition fait encore sourire ses voisins méprisants du Golfe, comme faisait sans doute sourire le Portugal de 1400, prend son envol au moment où son mode de conquête s'appuie sur deux valeurs proches de l'essoufflement, le pétrole et la finance...

Ah oui, dernière remarque : en 1517, après avoir pris possession du Détroit d'Ormuz, les Portugais s'arrogent le Qatar... Il n'y resteront que vingt ans.

 

  • (1) Stefan Zweig : Magellan – Grasset, 1938

  • (2) Stefan Zweig : Amerigo, récit d'une erreur historique – Belfond 1992

  • (3) Laissons ici de côté la polémique entre Cabral et Do Silvès quant à la paternité de la découverte de l'archipel.

  • (4) Que l'on figurera un moment dans le « Mundus novus » décrit par Amerigo Vespucci. Hélas, ce n'était que le Brésil.

  • (5) On rappellera ici que le grain de poivre, outre d'être une épice, servait de monnaie en ces temps lointains.