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08/05/2012

QUELQUES MOTS ET DEUX SLOGANS QUI SE CONFONDENT

Bon, je vais vous surprendre en vous apprenant une nouvelle absolument incroyable. Si, si ! François Hollande est devenu Président de la République d'un pays qui s'appelle la France.

Je ne dis pas cela uniquement pour les retardataires, ceux qui ont confondu le week-end de l'élection avec celui de l'Ascension ou sont partis depuis trois ans pour tenter de comprendre la raréfaction du thon rouge en analysant les peintures de la grotte Chauvet. Non, je le dis pour tout le monde, y compris ceux qui étaient à la Bastille et ne pouvaient pourtant envisager sérieusement la chose il y a encore une semaine. J'en suis, et je dois la faiblesse d'avouer que jusqu'au dernier moment j'ai imaginé un drame ou je ne sais quelle dérive institutionnelle nous obligeant à nous coltiner le petit nerveux pour une petite décennie supplémentaire. Parce qu'en vérité, le slogan qui prend le pas sur tous les autres aujourd'hui, ce n'est pas tant : « Le changement, c'est maintenant » que « Sarkozy, c'est fini » et en soi, cela constitue déjà une tel changement que, ma foi, ces deux accroches se confondent désormais dans une coalition heureuse. Soulagement....

Même ma petite fille en est devenue lyrique et, se prenant pour Malraux, félicite à sa manière le nouveau Président....

15:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : françois hollande, france, élection présidentielle, 2012, wuyilu | |  Facebook | | | |

04/05/2012

MELENCHON vs PETIT JOURNAL / LE RETOUR DES VICHINSKY

Mélenchon, petit journal, canal +, 2012, élection présidentielle, françois hollande, wuyiluIl s'est passé avant-hier un petit événement médiatique qui pourrait sembler anecdotique et très parisano-parisien, s'il ne témoignait d'un état d'esprit qui est peu à peu en train de pourrir la très belle campagne de François Hollande et sa volonté d'œuvrer de toute ses forces pour le rassemblement républicain, l'apaisement de la France et la réaffirmation des belles valeurs qui fondent notre pays. Après les saillies grotesques de Sylvain Bourmeau à l'égard de la Gauche Populaire, la sortie de Jean-Luc Mélenchon à l'encontre d'un journaliste du « Petit Journal » de Canal + est tout simplement inqualifiable et inquiétante, tant elle prouve que, derrière une gauche responsable, humaniste autant que réaliste, pour laquelle j'appelle à voter des deux mains (mais après demain), il existe toujours une autre gauche, sectaire, caricaturale, brutale qui s'inspire davantage de Beria et Vichinsky que de Pierre Mendès-France ou Jaurès.

On peut ne pas aimer le fameux « esprit Canal », condamner l'intrusion du pur divertissement dans l'univers politique, bien que je considère parfois « Le Petit Journal » comme faisant davantage œuvre de journalisme critique que nombre d'éditorialistes de salons. On peut ne pas aimer et même dénoncer. Mais les propos de Jean-Luc Mélenchon, outre d'ôter toute valeur et sens aux mots et aux concepts, montrent combien l'approche du pouvoir aiguise les ressentiments et que l'humanisme revendiqué par le leader du Front de Gauche relève davantage d'une esprit de vengeance que d'une posture républicaine. Ce blog s'était déjà interrogé (ici) sur cette question il y a quelques semaines et les craintes évoqués semblent se justifier.

Qu'on en juge. Interrogé par un journaliste du « Petit Journal » quant à la signification qu'il attachait au 1er mai, Jean-Luc Mélenchon l'a violemment pris à parti en les termes suivants : « Ça ne vous regarde pas, c'est pas pour vous. C'est la classe ouvrière, c'est la gauche. Au revoir, allez-vous en ! Vous êtes la vermine Front National. Allez hop ! du balai... Laissez pas le Front national approcher les camarades... jetez ça ! Ça va les fachos ? Allez à votre manif là-bas, à Jeanne d'Arc...» « Ca va les fachos, on connait le Front National, on connait ses méthodes ... »  (à voir ici à partir de 9 min 28)

Est-ce cela la gauche ??? L'assimilation honteuse au fascisme de toute personne n'ayant pas l'heur de plaire ? La menace et l'intimidation pour seule argumentation ? Le refus de la tolérance, de la liberté de penser, de la mansuétude, de la mesure ?

Je refuse de le croire. Ce comportement est pourtant du même niveau que les récentes atteintes aux journalistes dans les meetings de Nicolas sarkozy ou de la brutalité du service d'ordre de Marine Le Pen.

Dimanche je voterai avec enthousiasme pour François Hollande qui, au-delà de son programme, aura donné avec caractère, détermination et humanité, une tournure véritablement républicaine à cette campagne tout en rejetant l'ivresse de soi dont sont victimes les autres candidats. Je voterai pour François Hollande, tout comme Jean-Luc Mélenchon. Cela constituera la seule épine dans l'expression de mon suffrage, tant cet homme foule aux pieds certaines des valeurs que je défends. Je préfère ici saluer l'honneur de François Bayrou qui, en annonçant hier qu'il votera aussi pour le candidat socialiste, à fait preuve d'une certain courage, à l'inverse de nombre de ses « amis » politiques.


 

11:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Tags : mélenchon, petit journal, canal +, 2012, élection présidentielle, françois hollande, wuyilu | |  Facebook | | | |

29/04/2012

DESABUS DE POUVOIR

Dans une semaine nous choisirons un nouveau Président de la République. Bonne idée. Les jeux concours sont à la mode et la nouvelle saison de Koh Lantah touche à sa fin. Depuis des semaines chacun aura d'une égale humeur joué de la zapette entre « The Voice » et « Mots croisés », à l'heure où, plus que l'économie c'est le concept global de compétition qui est mondialisé. Cause ou conséquence du triomphe de l'individualisme, le sens s'est tout entier déporté sur le résultat des courses, davantage que sur la matière qui les fonde. La petite lucarne s'est invitée en politique sous de Gaulle, mais ce n'est qu'à l'occasion de l'élection de 2007 que la chose publique c'est totalement abandonnée aux « enfants de la télé ». Il y eu ces premiers pas de l'image, puis le temps des conseillers de l'ombre pour la modeler, enfin l'époque des conseillers dans la lumière, jusqu'à ce que les hommes politiques deviennent eux-mêmes maîtres en communication, acteurs et animateurs de cette télé réalité, qui, outre de n'être qu'irréelle, a poussé toute velléité intellectuelle en dehors d'un champ numérique qui s'est substitué à la véritable agora citoyenne.

Dans une semaine, Nicolas Sarkozy sera peut-être renvoyé dans ces pages faits-divers, où abondent les récits des déboires d'anciens candidats du « loft », de « secret story » ou de « la ferme des célébrités ». Bien au delà de sa provenance idéologique (en a-t-il d'ailleurs vraiment une ?), il aura incarné à lui seul tous les travers de cette période, née au mitan des années 80 et dont on ne parvient pas à savoir dans quelle déflagration elle s'achèvera. Au croisement du « jeu » et du « je », de l'abolition du surmoi, du narcissisme de concours, de l'affairisme le moins scrupuleux, de l'ivresse hyperthymique et par dessus tout du cynisme absolu, Nicolas Sarkozy est à la fois le reflet et la figure d'une société qui, après l'avoir fécondé, le rejette aujourd'hui par dégoût d'elle-même. Après cela, comment pourrait-il en être autrement que de voir triompher un homme qui se défini comme « normal » ? Mais cela ne résout rien. Cette vomissure cynique d'un temps porté sur la jouissance immédiate et indécente, sur la méprisante consommation distinctive et sociale, a engendré bien d'autres enfants qui ne seront pas emportés par la vague.

Le monde entier, et l'Europe en tête, traversent une crise économique, morale et identitaire sans précédent et nous en sommes encore à départager l'insanité comportementales des DSK ou autre Copé, à écrire le bréviaire de la corruption de ce régime et des précédents, offrant le peuple en pâture à ceux qui ont l'angoisse et la vengeance pour fond de commerce et ne craignent aucun chaos. Ce n'est même pas que les eaux usées de la campagne, de crapuleuses polémiques en vaines apostrophes, convergent vers le caniveau, c'est l'ensemble de la campagne qui barbote avec délectation dans cette fange. En ces heures où le malaise l'emporte sur l'exaltation du scrutin, on parle à tort et à travers des « heures les plus sombres de notre histoire » : mais les vraies, celles que l'on désigne ainsi, eurent au moins le mérite d'être précédées de celles que l'on appela « les années folles » et qui pour être porteuses de débauche et riches de milieux interlopes, n'en furent pas moins empreintes de cette jouissance unique propre à la conscience de l'éphémère que l'on retrouve seulement aujourd'hui dans d'autres sociétés et cultures, mais aussi dans l'esprit de la jeunesse perdue de l'enclave hédoniste de Tel Aviv.

Ici, rien que la débauche et une chape de tristesse et de peur qui empêche les peuples de se révolter, reportant leurs espoirs sur « l'homme normal », comme un retour à la réalité sans joie au lendemain d'une mauvaise cuite, comme l'expression ultime d'un « désabus de pouvoir ».