22.03.2008

CARNETS DE CHINE I

Le carnet de notes était resté dans un tiroir. Un retour des plus mouvementés avait eu raison de toute velléité de creuser davantage le sujet, la somme d'informations recueillies suffisant à éveiller les craintes les plus sombres quant à cet « autre bout du monde » qui se rapprochait tant... Je savais combien la Chine me rattraperait, nous rattraperait tous, très vite. Je savais aussi qu'il ne serait pas question de textile, encore moins du rêve d'investisseurs occidentaux aveuglés par l'ouverture d'un marché de près d'un milliard et demi de consommateurs. Quant aux JO, tout le monde supposait connaître l'enjeu qu'ils représentent aux yeux des chinois. Non, ça ne pouvait être aussi simple. Le mouvement réel, celui que nous observons aujourd'hui, est d'une telle ampleur qu'il ressemble à ces déplacements des plaques tectoniques qui, au gré des millénaires, ont façonné notre planète... Mais il ne s'agit plus de construire aujourd'hui.


C'est pourquoi je profite de la création de ce blog pour ouvrir à nouveau mon carnet de Chine et le compléter d'observations récentes liées à l'actualité. Il ne sera bien entendu pas question ici de notre MoDem, même si le sens de ces différents volets explique sans doute une part de mon engagement et ma volonté de peser dans la mesure du possible en faveur d'une véritable Fédération Européenne seule à même de contribuer à un rééquilibrage des forces géopolitiques.

Quant au premier épisode qui suit, assez anecdotique, il sera le seul à rappeler le lieu de mon voyage, au coeur de la véritable culture Tibétaine.

 

Épisode 1 (Introduction) : Qinghaï, le Tibet oublié

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Je suis rentré de Chine il y a maintenant un an et demi1, principalement et plus précisément de la Province du Qinghaï, située à l'ouest du pays, entre le Tibet autonome, le Sichuan et le Ganzu, une région de plateaux où la moindre « colline » s'offre entre 2000 et 5000 mètres d'altitude, également l'une des plus vastes et des plus pauvres du pays. Une région qui a la particularité de représenter une grande partie du Tibet historique, celui qui a été totalement absorbé par la Chine et séparé du reste de la province de l'Amdo par un caprice de grand timonier. Le Dalaï Lama lui-même est originaire de ce Qinghaï à la triste réputation, à la fois pour ses expérimentations nucléairesd'apprenti sorcier et ses camps de prisonniers qui connurent leur apogée après la Révolution Culturelle. Et pour cause, tandis que le Tibet « autonome » subissait une colonisation telle que les Tibétains y devinrent vite minoritaires, pour aujourd'hui s'identifier à quelque tribu indienne de l'ouest Américain, le Qinghaï a paradoxalement conservé une bonne partie de sa spécificité culturelle et de sa population d'origine. Bien entendu, l'expansion de sa capitale Xining2 (passée de 700 000 habitants en 1996 à plus de 2,5 millions aujourd'hui), comme de plusieurs autres villes moyennes, a changé la donne démographique, mais le Qinghaï demeure l'un des berceaux d'une culture Tibétaine pourtant tellement menacée.


En parcourant les médias occidentaux, on apprend beaucoup sur la démesure du développement économique de la Chine, on s'émeut également des mésaventures des tibétains de la région autonome et des émeutes de ces dernières semaines3. On entend jamais parler de ce Qinghaï parsemé de camps militaires. Depuis hier, après avoir réprimé plusieurs manifestation pro-tibétaines au Sichuan, l'armée chinoise s'y est déployée, prétextant que les voix de la révolte de Lhassa et des exilés de Dharamsala 4 pouvait y semer la zizanie et réveiller la conscience d'un peuple qui n'a pas toujours été pacifique. Pourtant, il y a fort à parier que ce déploiement de force n'ait nulle révolte à mater, juste une occasion inespérée de poursuivre la marginalisation de l'influence tibétaine dans cette région stratégique où des travaux d'infrastructures pharaoniques5 tentent de jeter un pont entre l'est du pays et le Tibet, dans un processus de normalisation sans fin de l'ensemble d'un pays qui s'apprête à passer à la phase suivante de son grand réveil nationaliste dont les Jeux Olympiques seront le point d'orgue. Et tandis que l'occident se mure dans le silence face aux émeutes de Lhassa et au verrouillage du Qinghaï, pensant à tort préserver ses intérêts économiques, le gouvernement de Pékin se prépare à détourner l'attention de son peuple de la terrible crise qu'il risque de bientôt connaître en nouant de nouvelles alliances, augmentant chaque année son budget militaire de manière exponentielle et stimulant le ressentiment national à l'égard du Japon, de Taïwan et des minorités, particulièrement tibétaines et musulmanes.

 

Cette crise chinoise et ses conséquences seront l'objet de « l'épisode 4 » de cette série.

PROCHAIN EPISODE : TIBET, RAPPELS HISTORIQUES 

A découvrir bientôt sur ce blog, ainsi que la vidéo de la manifestation pour la paix au Tibet qui se tenait hier, 21 mars au Trocadéro.


1 : je me suis rendu en Chine, à Pékin et dans la région du Qinghai pour aider ma compagne qui tournait là-bas plusieurs documentaires sur la médecine traditionnelle tibétaine.

2 : Wuyilu est justement le nom d'une avenue de Xining. Un petit panda en peluche porte depuis également ce nom, comme ce blog.

3 : Le contexte de ces émeutes est l'approche du 50ème anniversaire de l'invasion du Tibet par les troupes de Mao, la proximité des JO y n'étant tout de même pas étrangère...

4 : Dharamsala : capitale et siège du gouvernement des Tibétains en exil, en Inde.

5 : Outre la fameuse ligne de train courant sur près de 1120 km qui permet maintenant de rejoindre directement Lhassa à partir de Golmud (Qinghaï), de très nombreuses infrastructures se développent dans la région, dont une autoroute titanesque, construite en partie sur les flancs de montagnes très friables à dominante calcaire !!!

 

 

 

19.03.2008

REPONSE A NICOLAS VINCI

Cher Nicolas.

Comme beaucoup de jeunes en politique, vous faites preuve d'une jolie impatience qui vous pousse à vouloir déjà changer l'emplacement de votre maison avant même que les fenêtres soient posées. Tout cela parce que vous constatez que le vent s'engouffre de partout. Asseyez-vous donc 5 minutes et laissez le maçon et le menuisier terminer leur ouvrage. Ces élections municipales, aussi décevantes paraissent-elles sur Paris, livrent simplement un verdict attendu. Car enfin, qu'espériez-vous ? Que sur notre seule bonne mine, dans un environnement radicalement hostile, médiatiquement comme politiquement, nous allions obtenir une floppée de petits Conseillers de Paris, fruits d'un raz de marée électorale en notre faveur ou de la grande magnanimité d'un Bertrand Delanoë bisounours ? Notre mouvement est un bébé en pleine découverte de son environnement et vous l'imaginiez déjà, permis de conduire en poche, prêt à affronter les tempêtes de l'âge adulte ? Il fallait une certaine naïveté pour croire en une possible alliance avec le PS, encore plus pour imaginer que l'UMP nous proposerait de nous abandonner quelques postes sans porter atteinte à notre indépendance. Et voilà que dans la déception d'un résultat que vous espériez peut-être, supposant qu'il ne pouvait y en avoir d'autre, vous en appelez à Quitterie Delmas pour diriger notre maison parisienne, laissant à Marielle le rôle ingrat de délivrer seule notre bonne parole au Conseil de Paris. Vous imaginez un duo de choc entre ces deux personnalités, certes chacune à sa manière représentant la modernité féminine. Duo de choc en effet. Et que d'étincelles en perspective quand l'une, totalement absente de la campagne de son propre camp, hormis au premier rang des meetings, minaudant devant les caméras, se lance publiquement dès le matin du second tour dans une diatribe indécente et totalement disproportionnée à l'égard de l'autre, fragilisant encore davantage l'hypothèse de son élection, pourtant obtenue en allant chercher le voix une par une avec les dents. Est-ce vraiment cela que vous imaginez ? Flatteuse perspective s'il en est ! Et c'est donc à vos yeux Quitterie, dont les face à face médiatiques avec nos adversaires ont montré la profonde et logique inexpérience et l'absence criante de fond, que vous envisagez pour porter notre voix dans ce contexte des plus concurrentiels ? Pour mémoire, jusqu'au municipales, les fédérations des deux principaux partis étaient tenues par Patrick Bloche et Philippe Goujon, deux personnes dont on peut contester les choix et la rouerie, mais pas le poids politique.... Des personnes face auxquelles notre Quitterie ne pèserait pas bien lourd, je vous l'assure. Il ne suffit pas de paraître devant les caméras et de dénigrer son propre camp, facilitant ainsi le travail de l'adversaire pour diriger une Fédération. Il faut au contraire, avec modération et véritable volonté de rassemblement, mettre chaque jour les mains dans le cambouis et maîtriser chaque aspect de la vie et de l'organisation politique, tenir la barre dans la tempête et, justement, ne pas changer tout l'équipage à la première brise. Et cela, même si des corrections sont à apporter, seule Marielle est à même de le réaliser. Je comprends votre désir de jeunesse (et je ne suis pas vieux...), mais toute l'histoire politique le montre, avoir sa seule fraicheur et son impatience en bandoulière ne donne en aucun cas un certificat de vertu et de compétence. Et, dans le cas qui nous occupe, je vois davantage de maladresse et d'indécence que les contours du projet fondateur que vous appelez de vos voeux.

13.03.2008

WUYILU

Electron libre de la vie et de la pensée, obsédé par les notions de nuance, de respect, d'empathie, et d'imagination, et donc opposé à tout manichéisme, bi-partisme, bi-polarisation et autres contes pour enfants, c'est naturellement que je rejoins l'UDF en 2006, puis le MoDem, afin de participer aux campagnes présidentielles et législatives de 2007, soutenant déjà pour ces dernières la candidature d'Elisabeth de Fresquet dans le 15ème arrondissement, avant de figurer sur sa liste pour les municipales de 2008 et d'animer sa campagne. Membre de la commission de projet Culture du MoDem, j'ai notamment travaillé sur les parties du programme municipales liées aux musiques actuelles.