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16/08/2012

RETOUR SUR GUELACK - HISTOIRE D'UN DOCUMENTAIRE / EPISODE 1

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GUELACK : OU COMMENT DEUX COUSINS, OUSMANE ET DOUDOU SOW, RETROUVANT LES VESTIGES DE LEUR VILLAGE D'ORIGINE EN PLEIN SAHEL SENEGALAIS, DECIDENT D'INVESTIR LA ZONE POUR EN FAIRE UN EXEMPLE DE DEVELOPPEMENT DURABLE ET DE TRANSMISSION.

IL RESTAIT 7 CASES EN 1989 : AUJOURD'HUI LE PROJET FAIT VIVRE DES MILLIERS DE FAMILLES ET SE DEVELOPPE SANS CESSE;


EPISODE 1 - GENESE D'UN DOC

Entre 2008 et 2010, grâce à l'acharnement et à la foi de Jay Sroussi, nous avons travaillé à l'écriture et la réalisation d'un travail documentaire sur un projet de développement durable unique, pratiqué dans le Sahel sénégalais, qui a pris plusieurs formes. Il en a été tiré un documentaire produit par Narrative dans le cadre de la série de France 5 « Portrait d'un nouveau monde », des tonnes d'interviews, beaucoup de photos, des textes et quelques convictions à commencer par celle que ce qui se déroulait là-bas, dans un relatif silence, méritait qu'on en parle. Nous étions en contact avec l'opposé le plus absolu des clichés couramment véhiculés à longueur de médias sur l'Afrique (même si ce mot n'a que peu de valeur tant il recèle de diversité) et particulièrement du fameux discours de Dakar. Nous nous retrouvions face à un projet mené par des Peuls sénégalais pour tous les Sénégalais et développant un concept économique et politique original, pouvant faire tache d'huile, en dépit de l'exceptionnelle difficulté des conditions climatiques et du défi. Un projet qui, s'il profite d'un échange et d'un transfert de savoir faire avec la bonne volonté de quelques Français, Suisses et Belges, échappe aux organisations gouvernementales et grosses ONG et refuse la facilité des mannes financières gaspillées par l'occident pour endormir nos consciences. Un projet qui, offrant une (dure) voie de développement et une véritable prise de conscience est aussi une forme de remède à l'émigration des populations locales vers l'illusion Européenne.

Depuis la fin de ce travail, nous nous tenons régulièrement informés des évolutions de ce projet initié en 1989 et qui continue de s'étendre. Plus d'un an après notre dernier voyage, il nous semble utile de revenir sur cette expérience, tandis que le Sahel s'invite uniquement dans « l'actualité » quant il est question des actions d'Al Qaeda au Niger et à la frontière mauritanienne ou du conflit au Darfour.

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Nous avons pu mesurer combien il était difficile d'expliquer aux médias hexagonaux qu'il se passait aussi des choses positives dans ces régions et que cela pouvait être évoqué. Nous nous sommes surtout heurtés à un mur d'incompréhension qui se résume dans cette phrase si souvent entendue dans les bureaux de production et de diffusion : « Parler de l'Afrique en bien ? Et sans montrer de blancs, Vous n'y pensez pas, ça n'intéressera personne ». L'équipe de Narrative, France 5, la Fondation Jean-Luc Lagardère qui a primé le projet initial, ainsi que quelques autres producteurs ont eu le mérite de s'intéresser à cette histoire : nous les en remercions.

RENCONTRE D'UN FROMAGE

C'est dans les Hautes Alpes, que nous avons été informés pour la première fois de ce projet, grâce à l'un de ses principaux accompagnateurs de ce côté de la méditerranée. Entendre, face au col du Grand Saint-Bernard que, là-bas, dans le désert, des Peuls avaient eu l'idée folle de faire du fromage avait de quoi nous intriguer

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Il fallait aller voir, bien que cette histoire de fromage, nous allions vite le comprendre, n'était qu'une toute petite facette de l'expérience menée là-bas. Nous nous sommes donc rendus une première fois à Guélack, petite zone en plein Sahel à plus de 30 kilomètres de Saint-Louis pour rencontrer Ousmane et Doudou Sow, les deux initiateurs du projet. Ce qu’ils nous ont raconté, nous ne pouvions en concevoir la possibilité.

Suivant la logique de notre engagement conjugué de « journaliste » et documentariste, l'occasion nous était donnée de témoigner des enjeux que nous devinions, suivant une trajectoire allant du particulier vers le général. Par la suite, l'augmentation de la fréquence de nos échanges avec Ousmane et Doudou nous ont permis d'éclairer peu à peu la future narration, tout comme les évènements économiques actuels qui ont renforcé notre conviction selon laquelle il y avait urgence à parler.

RETICENCES DE LA TRACE

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Au début, Doudou et Ousmane, semblèrent sceptiques, voire réticents à l'idée de porter leurs travaux à la connaissance du public et de les graver sur différents supports. Ils craignaient deux choses sans les exprimer explicitement : qu’on leur « vole » leur histoire et qu’on en laisse une trace aussi matériellement palpable qu’un film, les peuls ayant une culture forte de l’oralité, donc d’une transmission immatérielle. En leur précisant la manière dont on voyait le film et dont on envisageait sa réalisation, dans le respect de leurs traditions et en les impliquant grandement dans sa mise en œuvre, ils en acceptèrent finalement l'idée, après en avoir discuté avec tous les habitants de Guélackh.

Au final, ce travail bien que très politique dans son contexte a modestement tenté de montrer comment l'homme, aussi petit soit-il, peut soulever des montagnes et lutter contre la fatalité. Il témoigne surtout de la manière dont, en ressuscitant un « simple » village on ouvre peut-être une voie pour la survie d'un continent entier.

A SUIVRE -

RETOUR SUR GUELACK - HISTOIRE D'UN DOC - EPISODE 2 » - CONTEXTE ET RESUME DU PROJET GUELACK

"SAHEL, GENERATION DURABLE"

RETOUR SUR GUELACK - HISTOIRE D'UN DOCUMENTAIRE

LES PROCHAINS POSTS DU BLOGS EN CE MOIS D'AOUT, SERONT CONSACRES A UN RETOUR SUR LE PROJET DEJA RACONTE DANS LE FILM "SAHEL, GENERATION DURABLE", produit par Narrative dans le cadre de la série de France 5 "Portrait d'un nouveau monde".

UN DOCUMENTAIRE EST UNE CHOSE, ELLE ENGAGE DES AUTEURS. MAIS SON SUJET NE S'ARRETE PAS DE VIVRE QUAND LES AUTEURS ONT ETE REJOINDRE LEUR QUOTIDIEN.

D'OU LA NECESSITE DE REDIRE UNE FOIS ENCORE CE QUI SE PASSE A GUELACK

 

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