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24/04/2008

L'EUROPE EN DERNIER

Si mes souvenirs sont bons... la France va présider l'Europe dans quelques semaines et le parlement sera renouvellé en juin 2009.

Comme d'habitude, la question européenne est traité quasiment en dernière position lors de l'intervention de Nicolas Sarkozy.

C'est pas gagné... 

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22/04/2008

JO : ET L'EUROPE DANS TOUT CA ?


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Vue de l'hexagone, la question européenne, faute de passionner les foules, ne manque pas d'une riche actualité, marquée pèle-mêle par la ratification du traité de Lisbonne, la prochaine présidence française de l'Union (1er juillet 2008), ainsi que par la proximité du renouvellement du Parlement Européen en juin 2009. Si Nicolas Sarkozy annonce avec force que la présidence française sera l'occasion du « retour de la France en Europe » avec, parmi les quatre priorités, le renforcement de la politique européenne de la défense, ce qui sous-entend également le développement d'une politique étrangère communautaire, il y a fort à parier que ces voeux seront assez vite contrariés par les dissensions internes, la question de l'Otan et l'absence de réelles innovations en la matière dans le texte Lisboète. De ce point de vue, la brûlante question de la Chine et de ses relations avec le Tibet, donne un nouvel aperçu de l'extrême difficulté du vieux continent à parler d'une seule voix, mais surtout à coordonner ses actions.

Officiellement le traité de Lisbonne, qui entrera en vigueur début 2009, change la donne en matière de politique étrangère européenne, supprimant le Haut représentant pour les affaires étrangère et la politique de sécurité commune et le Commissaire européen chargé des relations extérieures au profit d'un unique Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, censé donner un visage à la diplomatie communautaire. Si, hormis la création d'un titre assez sportif à retenir, cette initiative est sans doute dictée par le bon sens, on se demande en quoi ce brave personnage pourra orienter la politique étrangère de l'Europe, étant entendu que le traité de Lisbonne stipule : « que les dispositions concernant la politique étrangère et de sécurité commune, y compris pour ce qui est du Haut Représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ainsi que du service pour l'action extérieure, n'affecteront pas la base juridique existante, les responsabilités ni les compétences de chaque État membre en ce qui concerne l'élaboration et la conduite de sa politique étrangère, son service diplomatique national, ses relations avec les pays tiers et sa participation à des organisations internationales, y compris l'appartenance d'un État membre au Conseil de sécurité des Nations unies. La Conférence note par ailleurs que les dispositions concernant la politique étrangère et de sécurité commune ne confèrent pas de nouveaux pouvoirs à la Commission de prendre l'initiative de décisions ni n'accroissent le rôle du Parlement européen »

A ce stade là, et en dehors de la reconnaissance de la personnalité juridique de l'Union Européenne (il était temps), permettant sa représentation officielle auprès de pays tiers ou d'institutions internationales, on ne voit pas très exactement en quoi le traité de Lisbonne apporte la moindre innovation par rapport aux textes antérieurs, la règle de l’unanimité subsistant notamment en matière de politique étrangère, bien qu'assouplit par une « clause passerelle » permettant au Conseil Européen de passer de la règle de l'unanimité au vote à la majorité qualifiée sur certaines questions, la défense et la sécurité étant néanmoins exclues du champ de cette clause.

 

Nous sommes donc face à un statu quo déguisé et en proie à la cacophonie qui avait marquée la position européenne au moment de la guerre en Irak et mis en avant le poids bien supérieur de l'alliance atlantiste au regard de l'alliance communautaire. Même si la question de l'Otan n'était pas directement au centre du débat, la France avait pu se soustraire à la guerre avec d'autant plus de facilité qu'elle n'était pas, contrairement à l'Allemagne, membre de l'institution. Au final, l'Union s'est exclue d'elle-même de l'épineuse question Irakienne, alors même qu'elle avait un rôle primordiale à jouer dans cette affaire, pour peu qu'elle consente enfin à s'assumer comme une entité autonome et supérieure aux alliances précédemment nouées par ses états membres. Car, en vérité, il faudra un jour l'admettre, tant que l'Europe ne pourra se prévaloir d'une véritable politique étrangère, elle n'existera pas autrement que sous la forme d'une communauté économique plus ou moins homogène, forte pour émettre des réglementations tatillonnes sur le « sexe des anges », mais inapte à apporter ses « lumières » sur la scène internationale ou sur la question de la régulation sociale de la mondialisation, l'empressement de Nicolas Sarkozy à négocier le traité de Lisbonne ayant renvoyé le volet sociale aux calendes grecques.

 

Le dernier épisode en date témoignant, bien que dans une moindre mesure que la guerre en Irak, de l'incohérence et de l'absence de 'l'Europe en tant que véritable entité internationale est la sombre affaire des Jeux Olympiques et de la situation du Tibet.

Depuis quelques années un certain consensus règne dans la gestion des relations entre la Chine et le vieux continent sous la forme d'un partenariat de plus en plus étroit en matières économique et stratégique (intégration de la Chine au programme Galileo, positions communes sur la question de la prolifération des armes de destruction massives, soutien chinois à la France et à l'Europe dans le choix du site du réacteur nucléaire ITER), allant même jusqu'à reconsidérer un temps, à l'initiative de la France, l'épineuse question de l’embargo européen sur les ventes d’armes à la Chine. Evidemment, ce rapprochement progressif et encore très succinct (le poids de la Chine dans l'économie de l'UE étant bien plus faible aujourd'hui qu'on le pense et réciproquement) s'est toujours bâtie en évitant soigneusement de mettre la question des Droits de l'Homme au coeur du débat, en dépit du vote d'une résolution, en septembre 2006, regrettant que le renforcement des relations commerciales avec la Chine ne s'accompagne pas de progrès significatifs en la matière, pointant particulièrement les questions de la peine de mort et du Tibet. Mais tant que seuls les domaines économiques et stratégiques étaient en jeux, à l'image du rapport paradoxal mais fructueux qu'entretiennent les USA et la Chine (se combattant tout en étant leurs principaux partenaires commerciaux réciproques), l'Europe semblait parler d'une seule voix, se hissant ainsi au-dessus des simples considérations nationales de ses états membres. Et vlan !!! Il a fallu, que la flamme Olympique tente, cahin caha, de traverser Paris et Londres, éclairant à nouveau les zones d'ombre du régime chinois, pour que cette belle unité vole en éclat, marquant au surplus la différence d'appréciation entre le Parlement européen et la Commission.

 

En quelques jours, chacun est monté au créneau, compliquant une fois de plus l'action de l'Union au nom de ses intérêts particuliers, lui conférant le rôle accessoire dont elle se contente à chaque crise, avant de devoir participer à la réparation de la vaisselle cassée par ses propres membres.

 

Angela Merkel et Gordon Brown ont annoncé qu'ils ne se rendraient pas à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, engageant ainsi ouvertement leur pays dans la contestation de l'attitude de la Chine. En France, dans une joyeuse confusion, tandis que Nicolas Sarkozy, pourtant censé porter la question du boycott au niveau européen à partir de juin, mais gêné aux entournures par les les réaction courroucée de la Chine, a envoyé son trio de choc, Raffarin, Poncelet, Levitte, faire quelques génuflexions devant l'athlète Jin Jing et le Président Hu Jintao, Bertrand Delanoë a fait adopter, dans un certain désordre, une résolution au Conseil de Paris, attribuant au Dalaï Lama le titre de Citoyen d'Honneur de la Ville de Paris, provoquant l'ire de la Chine en même temps qu'elle saluait l'initiative peu courageuse du Président Français, elle-même défendue par l'équipe de choc de LVMH composé de Bernard Arnault et Christophe Girard (à la fois peu confortable adjoint à la Culture de Bertrand Delanoë et directeur de la stratégie chez LVMH)- ouf, il faut suivre ! Dans le même temps, la Commission Européenne, elle, s'apprête à envoyer José Manuel Borroso et neuf commissaires pour faire part aux autorités chinoises de l'inquiétude du vieux continent concernant la situation tibétaine. Ce même Barroso qui, en dépit du vote par le parlement d’une résolution appelant les dirigeants européens à boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, s'est ouvertement prononcé le 26 mars dernier contre ce même boycott, tout en souhaitant une position commune des 27 sur le sujet...

Quelques semaines plus tôt, le premier Ministre Suédois, Fredrik Reinfeldt, s'était également rendu à Pékin pour y affirmer son opposition à toute notion de Boycott, faisant part de sa grande confiance en la Chine pour faire de l'évènement un succès planétaire. En Italie, Berlusconi, dont la récente victoire aux côtés d'une Ligue du Nord très hostile à l'idée européenne ne risque pas d'arranger la situation, s'est lui fendu de tirades aussi mémorables qu'incongrues sur les « enfants bouillis du régime de Mao »*, livrant ainsi indirectement une opinion assez tranchée sur les JO. Quant aux nouveaux membres de l'Union, émanant de l'ancienne galaxie soviétique, ils semblent attendre les consignes de ... Washington pour véritablement exprimer leur opposition aux JO, afin de mieux s'affranchir de l'ombre du voisin Russe, de plus en plus proche de Pékin. Cela-dit, les américains étant en période électorales et les candidats (particulièrement Obama qui danse un joli pas de deux sur la question du boycott) restant très frileux sur cette question, la réponse risque de manquer de précision.

 

A l'arrivée, si chacun et particulièrement la France, exprime son opinion sans se référer à l'Europe, ce n'est pas tant pour protéger des intérêts personnels moins immédiatement menacés qu'il y paraît, mais bien dans le refus d'envisager l'Europe comme une entité politique autonome et la considération qu'une diplomatie commune demeure une fable. Pourtant, c'est cette même fable qui sera racontée au mois de juin 2009 à tous les citoyens de l'Europe des 27, au moment où les contingences électoralistes serviront de trêve olympique à la Realpolitk... Cette même fable que soutiendront des dirigeants qui s'ingénient quotidiennement à détricoter l'idée européenne et lui découvriront de manière bien éphémère des charmes insoupçonnés.

 

* « In Cina, ai tempi di Mao, ibambini venivano bolliti per ricavarne concime per i campi » / « En Chine, à l'époque de Mao, les enfants étaient bouillis pour servir d'engrais dans les champs. »

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10/04/2008

LETTRE OUVERTE TIBETAINE AU SIEUR MELENCHON

 

1654308930.jpgComme beaucoup de lecteurs ébahis, j'ai pris connaissance il y a peu des sorties sidérantes et quasi révisionnistes du sieur Jean-Luc Mélenchon concernant le Tibet et les manifestations ayant accompagné le passage de la flamme Olympique à Paris, sorties médiatiques depuis relayées sur son blog à l'adresse suivante : http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=585.

Je me permets de lui adresser cette lettre ouverte qui s'intéressera uniquement à la question tibétaine, telle qu'il la traite, son antagonisme personnel avec Robert Ménart de Reporter Sans Frontières me semblant tout à fait anecdotique en la circonstance.

 

    Si vous nous avez habitué à ce genre de saillies témoignant d'une subsistance atavique de doctrine Trotsko-Stalinienne à la sauce ultra-nationaliste, cette dernière envolée dépasse cette fois tout ce qui peut être dit en matière de contre-vérité historique, de justification de toutes les colonisations, invasions et autres atteintes aux droits des minorités et de l'homme en général.

 

Le fait que bien peu de gens soient au fait de l'histoire et de la situation effective du peuple Tibétain, vous permet sans doute de penser qu'il vous sera plus facile de proférer autant de scandaleuses assertions, mais il n'en est rien. En dehors de toute question idéologique, ils se trouve un certain nombre de personnes, dont je suis, qui ont pris la peine, en plus d'avoir un peu étudié l'histoire du Tibet, de se rendre compte sur place de la situation et particulièrement dans les provinces chinoises formant l'ancien Tibet historique.

 

Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, sachez que vos propos ont au moins le mérite d'éclairer les citoyens sur la réalité idéologique de cette « ultra gauche » dont vous vous faites le chantre, entre un Laurent Fabius, sans doute gêné par votre prose, et un Olivier Besancenot qui s'ingénie à travers un discours bisounours à désamorcer les relents totalitaires qui ont toujours accompagné cette mouvance, dont les accointances historique avec la droite la plus nationaliste ne sont plus à démontrer.

 

Vous arguez de votre amitié envers la Chine, soit. Rien ne me permets de me définir comme un ennemi de ce vaste pays à l'histoire si chaotique, mais rien non plus ne peut m'amener en 2008 à encore croire au miracle maoïste, ni aux bienfaits du régime de Hu Jintao dont il vous aura peut-être échappé qu'il figure aujourd'hui la plus grande dictature hyper-capitaliste du monde, aux antipodes des rêves les plus mesurés de vos amis alter-mondialistes.

 

Venons-en à vos propos et commençons par votre analyse historique :

Vous écrivez : «  Le Tibet est chinois depuis le quatorzième siècle. Lhassa était sous autorité chinoise puis mandchoue avant que Besançon ou Dôle soient sous l’autorité des rois de France. Parler « d’invasion » en 1959 pour qualifier un évènement à l’intérieur de la révolution chinoise est aberrant. »

 

Dès cette phrase lue, on comprends que votre démarche ne peut être honnête et que tout le reste de l'article sera au diapason. Et là de se demander : êtes-vous inculte à ce point pour étaler aussi fièrement votre ignorance de l'histoire de la Chine et du Tibet ou est-ce pure provocation malsaine ? Car enfin, votre raisonnement est aussi absurde que de supposer attendre de la France qu'elle règne sur la Russie au prétexte que les troupes Napoléoniennes y furent de passage... Même si ce parallèle est en soit inepte, il a en commun le fait que le peuple Russe possède une langue d'une provenance diamétralement opposée au latin dans sa structure comme dans son alphabet, au même titre que diffèrent le Chinois et le Tibétain, langue d'inspiration birmane fondé sur une construction alphabétique d'origine indienne. Quant au Tibétains eux-mêmes, il ne sont tout simplement pas de la même race que les Hans, ethnie majoritaire de la Chine. Même s'il est aujourd'hui toujours difficile de rattacher les tibétains à un autre groupe humain, bien qu'il se rapprochent beaucoup plus des Mongols que des Chinois. De ce point de vue, on pourrait effectivement considérer comme « aberrant » que l'Algérie, différente de race (en tant que sous groupe raciale seulement) et de structure linguistique, ne soit plus Française. Personnellement, je ne le regrette pas. Mais puisque j'évoque les Mongols, revenons-en à votre phrase et commençons la leçon d'Histoire. Non monsieur Mélenchon, le Tibet n'est pas Chinois depuis le XIVème siècle, pas plus que l'on peut dire que la Chine est Tibétaine depuis le XIVème siècle, bien qu'à un moment donné (VIIIème et IXème siècles), la Chine fut effectivement tibétaine – et oui mon bon monsieur. Vous dites à la fois un énorme mensonge, mais commettez également un grave confusion historique dont les premiers lésés sont les Mongols en personne. Figurez-vous que la période juste antérieure à celle que vous décrivez était celle de la domination totale des Mongols de Kubilaï sur le Tibet comme sur la Chine. Faut-il pour autant souhaiter que la Chine soit aujourd'hui mongol ??? Par la suite, au cours de ce fameux XIVème siècle dont vous ne savez rien et qui marque en Chine l'avènement de la dynastie Ming, le Tibet était totalement indépendant et ce jusqu'au début du XVIIème siècle. En revanche, sachez que durant la même période, les Tibétains qui, comme vous le dites justement, étaient très loin des gentils enfants de choeurs que l'on nous présente le plus souvent, ont considérablement renforcé leur influence au Nord, instillant leur religion jusque dans les régions les plus reculées de Mongolie grâce notamment au soutien de dirigeants Mongols tels Altan Khan. Et ceci dans le cadre de l'alliance entre les tibétains Gelugpas et les bouddhistes Mongols. Sachez également que c'est à ce moment qu'apparaît le titre de Dalaï Lama, mot d'origine mongol et non chinois, tout comme le mot Tibet. Ce n'est qu'à partir du XVIIème siècle – le XVIIème siècle monsieur Mélenchon – que les Chinois prennent possession du Tibet, la Chine étant précédemment un pays allié et plus petit que le Tibet. Et quand je parle des chinois, je parle de la Dynastie Qing, non pas d'origine chinoise mais Manchoue comme vous le dites... Et encore, cette période a vue se succéder plusieurs types de régimes et d'administrations où le Dalaï Lama fut parfois le véritable chef de l'Etat. Sauf que, toute chose ayant une fin, si si, la dynastie Qing a périclité à la fin du XIXème siècle et le Tibet est REDEVENU INDEPENDANT EN 1913, tandis que les dernières troupes chinoises étaient chassées sans ménagement. Durant cette période qui voit l'avènement du XIIIème Dalaï Lama, le Tibet est en proie aux luttes d'influences entre pays européens et particulièrement la Russie et l'Angleterre, cette dernière finissant pas s'imposer. Pourquoi le Tibet n'est-il pas légitimement anglais ? Enfin, c'est durant le règne du XIIIème Dalaï Lama, Thubten Gyatso que l'autorité religieuse, la terrible Théocratie dont vous parlez a cherché, après d'effectifs longs siècles d'obscurantisme et d'isolement, à s'ouvrir au monde autant qu'à une vision pacifique et humaniste qui est aujourd'hui la sienne et n'a rien à voir, mais vraiment rien à voir avec la fable que vous décrivez. Et, pour avoir arpenté longuement les chemins sinueux des plateaux du Qinghaï aux côtés de familles nomades tibétaines, je saute en l'air en lisant votre description à côté de laquelle le Tintin au Tibet que vous décrivez et dont l'action, pour information, se déroule au Népal et non au Tibet, semble criant de vérité.

Voilà concernant la phrase lige de votre argumentation sur le Tibet, phrase dont pas un mot ne correspond à la réalité historique ! Passons sur votre comparaison avec la Vendée : « Dit-on que la France a « envahi » la Vendée quand les armées de notre République y sont entrées contre les insurgés royalistes du cru ? », dont la pertinence est à peu près nulle après ma démonstration, mais que les descendants des familles vendéennes massacrées apprécieront à leur juste valeur, bien que les vendéens n'y aient pas été de main morte non plus (et je vous rassure, je ne suis pas plus royaliste que vous historien).

 

Continuons sur votre chef-d'oeuvre de désinformation après un grand bon en avant, si je puis dire...

Vous écrivez : «  Le Dalaï Lama et les autres seigneurs tibétains ont accepté tout ce que la Chine communiste leur proposait et offrait, comme par exemple le poste de vice président de l’assemblée populaire que « sa sainteté » a occupé sans rechigner. »

Le Dalaï Lama dont vous parlez, l'actuel Tenzin Gyatso, était, lors des négociations avec la Chine faisant suite à l'INVASION (oui, l'invasion puisque je rappelle que les Chinois avaient quitté le Tibet en 1913), un adolescent de 15 ans !!! 15 ans monsieur Mélenchon... Comment vouliez-vous alors que ce gamin, sans armée et mal conseillé puisse tenir tête à votre idole Mao ??? Cela a déboucher sur l'Accord en 17 points dont pas un seul a été effectivement respecté par la Chine. Pourtant, très vite, et les occidentaux, américains en tête n'y furent effectivement pas étrangers, la rébellion pris comme une traînée de poudre à partir des révoltes du Kham en 1956 dont vous dites : «  Cela jusqu’au jour de 1956 où le régime communiste a décidé d’abolir le servage au Tibet et régions limitrophes. Dans une négation des traditions, que j’approuve entièrement, les communistes ont abrogé les codes qui classaient la population en trois catégories et neuf classes dont le prix de la vie était précisé, codes qui donnaient aux propriétaires de serfs et d’esclaves le  droit de vie, de mort et de tortures sur eux. » Encore faux monsieur Mélanchon. Si la négation totale de toute la culture tibétaine, bons comme mauvais aspects, a participé de la « mauvaise humeur » ambiante, c'est avant tout le non respect de l'Accord en 17 point et surtout la famine atroce, liée à collectivisation des terres, qui a touché toutes les régions tibétaines (Amdo, Kham etc...) qui sont à la source de ces émeutes. L'émeute de 1959, elle, est essentiellement liée à la poursuite de ce désastre économique et à la tentative d'arrestation du Dalaï Lama. Vous qui semblez représenter une étrange frange de la gauche, monsieur Mélanchon, sachez que l'histoire nous montre que le moteur de plupart des émeutes est avant tout la faim. Et dans ce cas, cette faim était le fait de votre charmant Grand Timonier, mais comme il n'était pas Américain, les atrocités que l'Histoire lui impute ne semblent pas vous déranger. Et parmi ces atrocités, je suppose que la mort de plus d'un millions de tibétains dans cette période, ainsi que la condamnation à l'exil de plus de 100000 d'entre-eux, ne vous fait pas davantage sourciller. Et je le répète, je ne partage en rien l'angélisme de la plupart des occidentaux qui ont une vision très déformée de la réalité historique tibétaine, parsemée de violences, d'inégalités et de massacre, comme celle de la plupart des pays de notre planète.

 

Avant d'en venir à la réalité de la vie des tibétains en Chine aujourd'hui, réalité que, comme le reste vous ignorez superbement, je m'attarderai quelques instants (pas davantage) sur votre brillante analyse géopolitique des revendications tibétaines et ses gravissimes conséquences !!!

 

Je vous cite à nouveau : « En ce qui concerne le droit international et la géopolitique, le dossier du Tibet tel que présenté par ses partisans est un facteur de violences, de guerres et de déstabilisation aussi considérable que celui des Balkans. Quel genre de Tibet est défendu ? Le "grand Tibet" incluant des régions comme le Yunnan et le Sichuan, sur les territoires des anciens seigneurs de la terre où sont organisés des troubles en même temps qu’à Lhassa ? Bien sur, aucun de ceux qui s’agitent en ce moment ne se préoccupe de savoir de quoi il retourne à ce propos. Rien n’indique mieux le paternalisme néo colonial ni le racisme sous jacent à l’enthousiasme pro tibétain que l’indifférence à ces questions qui mettent en cause la vie de millions de personnes et des siècles d’histoire et de culture chinoise. »

Vous faites mine d'ignorer les revendications des tibétains et semblez craindre un embrasement de l'Asie sous les coups de boutoir de leur volonté expansionniste ! Il fallait oser l'écrire. « De quoi il en retourne ? » demandez-vous benoîtement. Vous savez très bien que la seule revendication du gouvernement en exil, des tibétains du Territoire autonome et de ceux des provinces chinoises et d'avoir simplement les mêmes droits que les autres habitants, même si ces droits réclamés pour ce qui est du territoire autonome ne concerne qu'une forme de respect des libertés et non l'instauration d'une théocratie, dont la description que vous faites est liée au Tibet du XIXème siècle et des périodes antérieures au 13ème Dalaï Lama. Sachez d'ailleurs qu'en ces époques, 'il ne faisait pas forcément bon vivre en France non plus pour ceux qui n'appartenaient pas à l'élite... Quant aux revendications territoriales, elles ne concernent rien d'autre que l'actuel « Territoire autonome » et ne demandent pas bien plus que le respect du fameux Accord en 17 points évoqué plus haut et proposé par la puissance chinoise.

Voilà pour ce qui est de votre argumentation concernant le Tibet, monsieur Mélanchon. Un tissus de mensonges qui frise le révisionnisme typique des staliniens, bien avant de faire des émules parmi les nostalgiques du IIIème Reich.

 

Ce qui me surprend plus encore, c'est qu'en vantant les bienfaits relativement fictifs de l'invasion chinoise, vous ne faites que justifier toutes les colonisation passées ou présentes, dont l'argument massue a toujours été l'apport des bienfaits de la civilisation. Et là c'est énorme, surtout de votre part, bien que votre redoutable nationalisme y trouve une part de satisfaction. Etes-vous l'un des soutiens inconditionnels de Georges Bush, monsieur Mélanchon ??? Vous savez, ce même Bush qui a justifié l'invasion de l'Irak par la nécessité de faire découvrir la démocratie à ces pauvres manants d'Irakiens, en dehors bien sur des fameuses armes de destruction massive et de liens supposés du régime de Saddam avec Al Qaïda. J'aimerais connaître votre brillant éclairage sur le sujet...

 

Pour conclure ce texte, dont je reconnais qu'il est écrit sous le coup d'une froide mais raisonnée colère, je vais vous parler en quelques lignes de ce que vivent les tibétains en Chine et dans le Territoire Autonome pour ouvrir vos yeux sur le régime dont êtes désormais complice, comme le furent avant vous nombre d'intellectuels qui avaient au moins l'absence de recul historique pour excuse... Ce qui n'est même pas votre cas.

 

Depuis l'invasion du Tibet :

 

1 200 000 de morts.. Il reste aujourd'hui à peine 2 millions de Tibétains au Tibet et 4 millions en Chine, la diaspora étant résiduelle. Pas de quoi mener une grande politique expansionniste, même en cas de retour de l'autonomie, face à plus d'un milliard trois-cents millions de Chinois...

 

Un mouvement colossal de colonisation Han est tout simplement en train de faire disparaître la race tibétaine, les dix dernières années ayant vu la population locale s'étendre à tel point que les chinois sont aujourd'hui majoritaire dans le Territoire Autonome.

 

Les femmes tibétaines sont stérilisées, oui monsieur Mélenchon, stérilisées par ligature des trompes.

 

Ces mêmes femmes, quand elles ne sont pas stérilisés (et même parfois quand elle le sont), sont obligées de se marier à des Hans pour éteindre culture et « race » (mot certes impropre) tibétaine.

 

D'où qu'ils viennent nombre de Tibétains fuient leur territoire au péril de leur vie, quitte à tenter l'impossible passage par l'Hymalaya.

 

Le simple fait de prononcer le nom du Dalaï Lama est susceptible de prison dans les territoires chinois.

 

Partout où ils sont les moines Nagkpas cachent leurs tangkas (peintures traditionnelles) de peur qu'elles soient immédiatement détruites.

J'arrête-là, sachant que la liste des « bienfaits » apportées par le régime Chinois pourrait me prendre la journée...

Voilà Monsieur Mélenchon l'ineptie que vous cautionnez... Voilà ce qu'un responsable politique socialiste, élu de la République Française, trouve à dire dans cette période où pourtant, une gauche responsable et constructive vient tant à manquer à son pays.

Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de citer la définition que donne de vous Jean-François Khan dans son « Abécédaire mal pensant »* : « Jean-Luc Mélenchon : Sénateur socialiste tendance gauche archéoronchonne. Excellent tribun, il a deux problèmes : il croit tout ce qu'il dit et ne s'interdit jamais de dire ce qu'il croit. Un type dangereux ! »

Oui, définitivement, « un type dangereux »

 

* « Abécédaire mal pensant » : Jean-François Khan, éditions Plon 2007

Je conseille particulièrement l'ouvrage suivant à ceux que la question concerne : "L’épopée des Tibétains - Une double histoire en parallèle" de Laurent Deshayes et Frédéric Lenoir (Fayard)

Cet ouvrage a le grand intérêt de toujours présenter en parallèle les points de vue Chinois et Tibétains, tout en demystifiant les fantasmes occidentaux.

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