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11/05/2009

HADOPI MAJORS, INTERNAUTES, MODEM, UMP, PS, DOS A DOS A COTE DES ENJEUX REELS

 

Le débat sur Hadopi continue à faire rage. D'un côté les majors et sociétés d'auteurs protégeant leur pré-carré sans grand souci des artistes, de CDINTERDIT copie.jpgl'autre les collectifs d'internautes parfois mal-informés, pensant que le musique se résume à Johnny, souvent de mauvaise foi ou tentant de faire passer leur vice pour des vertus. En périphérie, des médias et des politiques « pour ou contre », mais toujours dans la simplification et la relative ignorance des véritables enjeux : soutenir mordicus Hadopi est une ânerie (UMP), défendre la licence globale une hérésie (PS), ne rien proposer est pire (MoDem). Au milieu, une loi déconnectée des réalités, suffisamment vague et empreinte d'idéologie pour s'avérer dangereuse. A l'écart : l'essentiel des créateurs et producteurs indépendants se battant réellement pour la diversité en produisant 90% de la création originale – et non 90% des parts de marché résultants uniquement de produits formatés et marketés pour occuper tout l'espace promotionnel. Voilà pourquoi je soutiens et signe, en tant que producteur, éditeur et artiste indépendant le texte ci-dessous, rédigé par Philippe Couderc et Eric Petrotto. A l'encontre des discours ambiants sans nuance, il résume la réalité du métier pour une grande partie d'entre-nous et contient un certain nombre de propositions qui méritent de retenir l'attention des politiques.

Benjamin Sire

Label Manager de Chancy Publishing

Chanteur du groupe SIRE

Adhérent de l'UDF puis du MoDEM

 

 

HADOPI : LA CRÉATION SACRIFIÉE”

Lettre ouverte à Mesdames et Messieurs les Députés.

 


Alors que la Loi « Création et Internet » revient très prochainement au Parlement, nous, producteurs indépendants de musique, voulons vous interpeller en apportant un éclairage radicalement différent de celui généralement promu par les grandes compagnies du disque.


Les Producteurs Indépendants de musique (communément aussi appelé Labels Indépendants) sont aujourd’hui plus de 600 en France et cumulent plus de 3 000 productions par an. Ils sont très souvent de toutes petites structures (sarl, scoop, association) comportant de 0 à 5 salariés en moyenne. Pour paraphraser le Syndicat de l’Artisanat, ils sont aujourd’hui la plus grande maison de disques de France, produisant 90% de la création originale, soit généralement les première, seconde ou troisième œuvres d’artistes de tous horizons et de toutes esthétiques musicales. Très souvent hors des sentiers battus, ils représentent la véritable diversité culturelle que ce pays se flatte à raison de défendre. Sans eux, les Dominique A, Yann Tiersen, Ogres de Barback, High Tone... n’auraient jamais débuté (la liste pouvant être longue). Aujourd’hui, cette liberté de créer est menacée, car la majorité de ces structures indépendantes est au bord de l'asphyxie.


Les labels indépendants sont partagés quant à cette Loi. Pourquoi ? Parce qu’au fond, si elle rappelle le droit inaliénable des ayant droits à être rémunérés, elle en oublie la réalité vécue par des milliers d’artistes et de producteurs, en même temps qu'elle pose de vraies questions sur les libertés individuelles.


Pour les acteurs indépendants, les conditions de travail n'ont jamais été faciles et idéales, crise ou non. Mais la dévalorisation constante de la musique orchestrée par les majors a rendu ces conditions difficilement tenables aujourd'hui. Dès 2006, la mort annoncée (pour 2010) du CD, par une presse n’écoutant que les poids lourds de l’industrie musicale, a précipité cette chute du marché et conforté un large public dans la totale dévalorisation du support. Non seulement il n’en est rien, mais encore aujourd’hui, le physique représente près de 90% des ressources des producteurs indépendants. Mais dans un pays qui a laissé détruire son réseau traditionnel de disquaires au profit de chaînes omnipotentes, ces ressources traditionnelles chutent désormais, sans que le numérique vienne à les compenser. Et il y a, malheureusement, fort à parier qu’il n’en sera jamais ainsi.


La politique de fuite en avant des majors a très largement contribué à la dévalorisation de la musique. Par un discours inique contre le public, désigné comme voleur potentiel avant d'être amateur de musique, les majors ont radicalisé le phénomène, en développant en même temps une politique de prix cassé qui cherche à condamner le physique (moins rentable pour eux que le numérique). Après avoir bradé leur catalogue dans des offres parfois aberrantes (accès à l'ensemble d'un catalogue à volonté pour le détenteur de telle carte bancaire par exemple), les majors adoubent des sites de streaming tel Deezer.


Deezer est non seulement une escroquerie, mais surtout le dernier degré de la dévalorisation de la musique.

Deezer a fondé son succès sur la gratuité totale d’écoute de musique piratée. Il est paradoxal que les majors du disque aient depuis tant d’années vilipendé les internautes pour adouber une société commerciale qui aujourd’hui encore propose du contenu piraté.

Deezer n’est pas une radio. En effet, avec Deezer, vous choisissez d'écouter ce que vous voulez, quand vous voulez, autant de fois que vous voulez, là où vous le souhaitez. C’est une discothèque à distance écoutable depuis n’importe quel ordinateur ou téléphone mobile (type Iphone). Contrairement à une radio qui diffuse un programme choisie par ses soins.

La rémunération de Deezer aux producteurs est ridicule et inadmissible : 24 185 écoutes = 22,85 euros.

Mais surtout Deezer avalise auprès du public l’idée que la valeur de la musique est égale à 0. Et c’est peut-être cela le plus grave car rien ne le justifie.

Si l’internaute grâce à Deezer peut se construire gratuitement sa propre discothèque consultable à volonté, pourquoi dès lors achèterait-il de la musique sur les sites de téléchargement légaux ?

Enfin, on propage l’idée que Deezer favorise la découverte par l’internaute de nouveaux artistes. Il n’en est rien dans la grande majorité des cas. Aujourd’hui, les producteurs indépendants vendent toujours moins de disques et ne constatent pas une augmentation du public venant voir leurs artistes en concerts. Il y a bien d’autres moyens de découvrir de la musique via par exemple les réseaux sociaux type Myspace.


Avec Deezer, les majors du disque abattent la valeur de la musique au profit d'une rentabilité à court terme (combien Deezer a-t’il acheté sa « légalisation » par Universal ? Quel est la rémunération de Universal et quelle en est la répartition Universal / artiste Universal ? Les majors du disque construisent leur rentabilité de groupe puissant sur le dos des producteurs indépendants que nous sommes et dont ils font peu de cas.

A cela, nous devons remarquer qu’à aucun moment il n’est fait état de la responsabilité lourde que portent les Fournisseurs d’Accès à Internet (FAI) dans la situation actuelle. Les FAI ont construit leurs réseaux, communiqué dans leurs campagnes publicitaires et acquis leur clientèle grâce à un contenu musical qui ne leur appartenait pas. Car à quoi bon souscrire du haut débit pour recevoir de simples courriels ? De télévision on ne parlait pas il y a encore quelques mois de cela, c’est donc bel et bien essentiellement la musique qui, avec le cinéma, a été le terreau du développement de l’internet commercial. Ces fournisseurs d’accès n’ont, à ce jour, jamais reversé le moindre centime à la musique. Au contraire, ce sont les chaînes de télévision publiques qui sont désormais en partie financées par une taxe versée par les FAI, par la grâce d'une décision politique.


Le débat doit aujourd’hui changer de nature et poser les vraies questions.

assigner en justice de façon systématique (et collective) les sites faisant commerce de nos contenus en toute illégalité,

créer une redevance prélevée sur le chiffre d'affaires des FAI destinée à la création,

éliminer définitivement les problèmes d’interopérabilité matérielle et donner la libre utilisation des fichiers acquis légalement, dans la limite de son cercle d’amis,

interpeller la sacem sur la nécessité d'adapter son système de perception et de répartition aux nouveaux modèles technologiques,

favoriser l’émergence de modèles économiques alternatifs aux grands conglomérats (qu’ils se définissent comme des majors ou des indépendants),

réintroduire et développer le réseau de diffusion du disque physique, loin d’être mort, avec les disquaires ainsi que d'autres commerces de proximité tels les libraires, salles de concerts…

lutter contre l'atrophie actuelle de l'offre physique dans les chaînes de magasins ; le disque est un objet culturel, pas un baril de lessive,

intégrer plus largement les producteurs et labels indépendants dans toutes les discussions, réflexions et prises de décisions concernant la filière musique.

 

Il n’existe pas une solution miracle mais un ensemble d’actions concrètes à mettre en place qui puisse tout à la fois permettre tant aux internautes, qu’aux artistes et producteurs de redonner sa véritable place à la musique et sa pleine dimension artistique. Il est grand temps de s’y mettre, en laissant de côté ces combats stériles qui, on le voit bien, ne mènent décidément à rien. Car au rythme où vont les choses, il n’y aura dans quelques années que les  majors du disque pour produire la musique et quelques sites adoubés par elles pour la distribuer. Il en sera alors fini des artisans de la musique que nous sommes, défricheurs depuis toujours d'une véritable diversité dans la création. Est-ce là le but recherché ?


De part l’urgence de leur situation, les producteurs indépendants que nous représentons par nos signatures, s’organisent enfin pour faire reconnaître et entendre leurs problématiques et leur importance primordiale dans la création. Nous sommes aujourd’hui prêts à prêter notre expertise et contribuer à construire enfin une vraie politique en faveur de la création, de la rémunération juste et équitable des artistes et producteurs, et d’un dialogue renforcé et constructif avec les internautes dont la grande majorité est toujours prête à payer pour écouter de la musique.


Philippe Couderc

Président de la Feppia, fédération des Producteurs et Editeurs Indépendants d'Aquitaine (22 labels adhérents)


Eric Petrotto

Président de CD1D, fédération professionnelle de labels indépendants (100 labels adhérents)


Les premiers labels signataires : 6AM / ABS BELLISSIMA / ADONE / AILISSAM / AIMEZ-VOUS BRAHMS ? / ALBA CARMA / AMANITARECORDS / AMOR FATI / AURASKY MUSIC / AZA ID / BANZAI LAB / BEE RDS / BLACKHORSES-STUDIO / CH+ / CLAC! RECORDS  / CLAPPING MUSIC / CHANCY PUBLISHING / CODA MUSIQUE / COLLECTIF CA-I  / COMPOSIT MUSIC / CRASH DISQUES / CRISTAL MUSIQUE / CRYPTOHYTE / DA SKUD REKORDZ / DAQUI / DIAMOND TRAXX / DURANCE / EMOUVANCE / EXPRESSILLON / FACTO RDS / FACTOTUM RECORDS / FARGO  / FREMEAUX & ASSOCIES / GRRR / HORSNORMES! / ICI D'AILLEURS / IDWET / IMAGO / INNACOR / IN SITU / IOT / IRFAN [LE LABEL] / JARRING EFFECTS / JAZZ BOND ASSOCIATION / JEAN-PAUL HERVE / JERKOV MUSIQUES / KIUI PROD / KIOSK ECLECTIC RECORDS / LA BALEINE / LA CHAUDIERE PRODUCTION / LA PLAGE SONORE / L'ASSOS'PIKANTE / LAST EXIT RECORDS / LE CHANT DU MONDE / LE PETIT LABEL / LES Z'IMBERT & MOREAU / LEOPRODUCTION / LOGISTIC RECORDS / TELEGRAPH / MARABI  / MARTINGALE / MARV / MEDIATONE / MILLE MILLIARDS / MUSIVI / MUSIC PLUS / NACOPAJAZ / NOIR DESIR MUSIQUE / NEOMME / NEURONEXION / NOVA EXPRESS RECORDS / OCEANIK CREATIONS / ODETTE PRODUCTIONS / PATCHWORK / PLATINUM RDS / PRIKOSNOVENIE / ROGUEART / SAMARKAND / SEASON OF MIST / SOUNDWORKS / SENS INVERSE / SEVENTEEN RECORDS / SLACKNESS RECORDS / SO YOUZ / SORRY BUT HOME RECORDING RECORDS / SUISSAMUSIC  / SYNCOPE / TALITRES  / TER A TERRE / TERRA INCOGNITA / TROIS HEURES MOINS LE QUART / TROISQUATRE! / ULTRABOLIC / ULTRACK / VAÏ LA BOT / VIBRATION CLANDESTINE / VICIOUS CIRCLE / VINILKOSMO ESPERANTO-MUZIK-PROD / VOLVOX MUSIC  / YOUTH WAY RECORDS / YY Ainsi que le réseau ZONE FRANCHE et les fédérations, FEPPIA, CD1D et PHONOPACA.

 

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12/02/2009

Sarko a cherché les chercheurs : il les a trouvés à Toulouse

Avant le débat sur Sarkozy et l'Université, un petit article de Libé Toulouse consacré à mon cher frère chercheur et qui représente relativement bien la pensée ambiante du milieu face à la "grande considération" que lui témoigne l'Elysée....

PUBLIE SUR LIBETOULOUSE.FR

http://www.libetoulouse.fr/2007/2009/02/la-recherche-un.h...

La recherche universitaire trouve Sarkozy au Capitole

SCIENCES ET CONSCIENCE. Traverser le Capitole tout en suivant un exposé sur les «mouvements des chromosomes pendant la division cellulaire», la «pollution au plomb depuis l’Âge du bronze» ou «les nanoparticules magnétiques chez le pigeon voyageur»…

La place était sonorisée. Les toulousains ont pu y faire leurs courses ce mercredi matin en écoutant les enseignants chercheurs des trois universités de Toulouse réfugiés à l’abri de la cour Henri IV.

Des chaises de la mairie alignées dans ladite cour, face à une estrade. Un micro et un rétroprojecteur : L’Université libre et populaire du Capitole fonctionne depuis ce matin 10 heures jusqu’à demain jeudi 18heures.

Fin du troisième cours de la matinée: «Je ne suis pas un fou de politique, lâche le très brillant directeur d’un laboratoire du CNRS à son public. Mais je me suis senti insulté par le dernier discours de Sarkozy aux présidents d’universités».

Le Président, autrement dit, a cherché les chercheurs. Il les a trouvés à Toulouse.

Clément Sire, 42 ans, thésard à 23 ans, élève de l’École Normale Supérieure et aujourd’hui directeur de laboratoire au CNRS pour 3.033 euros mensuels a renoncé à être trop scientifique dans son exposé :

«Einstein dont les travaux ont entre autres permis d’aboutir au laser faisait-il précisément ses recherches pour un jour opérer les yeux, découper des ailes d’avion ou écouter des CD-rom ? Non ! répond-il à sa propre question. Il ne savait rien des possibles applications futures de ses travaux». La logique de l’intérêt immédiat aurait donc dû faire qu’il ne trouvât jamais personne pour les financer.

Idem, reprend Clément Sire, pour ce qui a été la recherche concernant les transistors électroniques qui encombrent aujourd’hui nos ordinateurs ou les cristaux liquides qui font la fortune des fabricants d’écrans: «même si c’est Samsung qui prospère avec ces cristaux, c’est en France qu’ils ont été tout entiers mis au point».

Le grand public peut avoir la tentation de demander aux chercheurs à quoi servent leurs recherches. Ces derniers «n’ont jamais de réponse immédiate à cette question», à moins de refaire toute l’histoire des sciences.

Que Nicolas Sarkozy soupçonne les chercheurs d’aller seulement chercher un peu de lumière et un peu de chauffage dans leur labo, est en revanche resté en travers de la gorge de Clément Sire.

Il développe : les salaires au CNRS représentent 1,8 milliard d’euros. L’équipement de ses labos coûte 500 millions. Les contrats avec le privé et autres sources de revenus rapportent 700 millions.

«La France, poursuit-il, est au 6° rang mondial en ce qui concerne les publications scientifiques. Elle est au 18° rang mondial en ce qui concerne son coût de financement public». En rapport qualité-prix, conclut-il, «la recherche française est donc une des moins chères du monde».

Au programme demain jeudi, entre autres : l’analyse lexicométrique du discours de Sarkozy du 22 janvier,  le virilisme dans les universités françaises et la production de travaux scientifiques, la psychologie comme sport de combat.

L’élève président de la République a toutes les chances de passer une bonne partie de ce temps au piquet.

GLv.

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27/01/2009

29 JANVIER – LE DILEMNE DU MODEM Y ALLER OU PAS ? JE DIS OUI

 

marianne.jpgTandis que de l'autre côté de l'atlantique Barack Obama inaugure son mandat, comme il avait mené sa campagne, dans l'unique souci de la réconciliation nationale, en privilégiant le « NOUS » au détriment du « JE », notre petit Président continue de personnaliser son pouvoir par l'utilisation exclusive de la première personne du singulier et une méthode de gouvernement qui nie toute contestation, portant le règne de l'individualisme et de la division à son paroxysme... En ce matin du 27 janvier 2009, la France est au seuil d'une situation explosive, davantage du fait de la dérive absolutiste de son pouvoir, que d'une crise économique pourtant née des idées préalablement défendues par celui qui fait mine aujourd'hui de jouer les pompiers, en s'agitant comme un pantin grotesque. Au matin d'une évidente motion de censure et deux jours avant une grève dont le sens et la mesure n'ont pas encore été compris par tous, la France est à l'aube d'un chaos qui est bien le fait de ceux qui traitent aujourd'hui d'irresponsables les Français qui s'apprêtent à exprimer leur colère. Plutôt que d'écouter les délicates niaiseries distillées par les chansons de Carla Bruni, Nicolas Sarkozy auraient dû, bien avant 2007, se pencher sur le « Protect me for what I want » des anglais de Placebo. Car du plus profond de la France, bien des voix auraient dû s'élever, à l'unisson de celle de François Bayrou, pour exhorter notre Président à se protéger de son absolue envie de pouvoir qui touche aujourd'hui au pouvoir absolu, conduisant notre pays au bord d'une situation quasi insurrectionnelle... N'est-il pas déjà trop tard ? Et ce n'est pas la redoutable phrase matinale du sinistre Eric Woerth* ou le terrible lapsus d'hier, proféré par le Ganelon* en chef Eric Besson, qui risquent d'inverser le processus. Encore moins le débat entendu ce matin sur France Info entre Dominique Payet porte-flingue de l'UMP et le PS Razzy Hamadi, le premier interdisant toute contradiction à son interlocuteur tout en l'insultant, obligeant la journaliste Raphaelle Duchemin à couper net ce (non) dialogue qui faisait froid dans le dos, témoignant avec éclat de la manière dont le pouvoir compte faire taire toute voix discordante.

 

Mais voilà, nous sommes aujourd'hui, et particulièrement nous autres militants du Mouvement Démocrate, face à un terrible dilemme, une « tempête sous un crane » à l'heure d'une autre tempête, un cas de conscience dans un temps où l'on fait peu de cas de la conscience... Que doit on faire le 29 janvier ??? Comment concilier notre réprobation flagrante de la politique actuelle, dans son fond, mais encore plus dans sa forme, sans pour autant faire le jeu d'une désolante extrême gauche et de syndicats archaïques ? Si nous ne pouvons que nous féliciter de voir aujourd'hui François Bayrou se prononcer haut et fort en faveur de la motion de censure portée par un Parti Socialiste qui reprend peu à peu du rose au joues, pourquoi n'avons nous pas participé à l'organisation du mouvement de jeudi pour en élever le sens, l'orienter vers la sauvegarde des libertés publiques et le respect de la Démocratie et lui éviter le traditionnel glissement vers de simples (mais légitimes) revendications salariales et une (moins légitime) défense des intérêts corporatistes. L'hebdomadaire Marianne et quelques autres journaux avaient eux-mêmes donné le « la » il y a quelque semaines, invitant les citoyens à rejoindre le mouvement pour défendre la séparation des pouvoirs et l'indépendance des médias, avant de se rétracter, proposant finalement une paisible causerie sur ces thèmes au théâtre du Châtelet, le lendemain. En laissant le mouvement syndical et la gauche la moins responsable s'emparer de la colère des citoyens, le MODEM a sans doute encore raté une occasion de faire taire ceux qui fustigent la tiédeur du centre et sa faiblesse de proposition, mais plus encore de montrer que les postures effarouchées de François Bayrou ont davantage de portée que l'échéance de 2012 et sont l'expression d'une acuité politique rare.

 

Aujourd'hui, nous sommes nombreux au Mouvement Démocrate à avouer que nous soutiendrons tout de même le mouvement de jeudi et même, que nous y participerons... Non sans un certain malaise, tant l'idée de défiler aux côtés de Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot a de quoi retourner l'estomac, tant nous savons que le gouvernement instrumentalise à merveille ces extrêmes pour effrayer le « bon samaritain », tout en rendant inaudible les authentiques démocrates. Mais nous en serons, justement pour faire entendre une voix universaliste et humaniste, dans ce qui sera sans doute une cacophonie de revendications disparates. Nous en serons, et nous pouvons nous féliciter qu'en dépit de son silence sur la question de jeudi, le Modem soit un parti suffisamment respectueux des différences pour autoriser ses membres à parfois « sortir de la ligne », rappelant la sentence de François Bayrou au moment de la création de l'UMP : « Quand tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense ». Nous en serons, sans naïveté ni duplicité, sachant combien la traditionnelle alliance objective entre droite et gauche radicales a toujours servi à briser les reins de leur pire ennemi, la République. Mais c'est pourtant au nom de celle-ci, au moment où elle est délestée de ses plus beaux attributs, que j'appelle ceux, parmi ses plus fervents partisans, à rejoindre le mouvement du jeudi 29 janvier 2009 et ce, quelque soit leur bannière

.

N'écoutez pas ces apprentis-sorciers du gouvernement qui, après avoir défendus bec et ongles la pire logique néo-libérale ayant conduit au chaos financier mondial, après avoir poussé les citoyens dans la division et la culpabilité, après avoir porté gravement atteinte à la séparation des pouvoirs et aux libertés individuelles, après avoir porté aux nues les valeurs les plus individualistes et vénales, après avoir témoigné du plus profond mépris pour l'idée de culture et d'épanouissement personnel, viennent vous expliquer que manifester est l'expression d'une terrible absence de sens civique en ces temps de crises. Le 29 janvier, dites Non au gouvernement, dites Oui à la République, à la Démocratie et à la France.

 

*Eric Woerth a déclaré à l'AFP, à l'instar d'un Serge Dassault : «  (Que les grévistes) "bougent, qu'ils deviennent un acteur de la sortie de crise. Qu'ils se remontent un tout petit les manches, qu'ils se mettent à travailler à l'unité du pays". » De la part de l'un de ceux qui participent chaque jour à la division de français, c'est assez touchant....

 

*Dimanche dernier, sur RTL, Eric Besson a parlé "d'invasion venue d'Afrique" en parlant de l'immigration.

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