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18/03/2010

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT DUFOUR !

Moi je ne le connais pas Marc Dufour. J'ignorais même tout de lui avant les bisbilles liées à la constitution des listes MoDem en Languedoc Roussillon. J'ai même honte. Ca fait pas très sérieux de méconnaître à ce point les caciques de son propre parti.

Mais on me dit, Monsieur Dufour c'est le président du MoDem en Languedoc Roussillon.

Moi, je dis, bravo monsieur le Président, c'est bien d'être Président.

Et mon papa était originaire de votre belle région alors, je compatis.

On me dis ensuite : Monsieur Dufour a été plébiscité par les militants de sa région pour être tête de liste aux élections régionales. Là chapeau. Très bien, monsieur Dufour. Si cette campagne a été propre et qu'un véritable processus démocratique a pu se concrétiser au moins quelque part dans la galaxie (plutôt le micro micro microcosme) MoDem, je lève mon chapeau.

Puis j'apprends que le grand Mufti François Bayrou a commandé un sondage dans cette région qui placerai Ex Monsieur Météo Drevet (celui qui s'était fait ridiculiser par Le Pen en direct à la télé de papa, y a longtemps) quelques points devant Marc Dufour, s'il se substituait à lui comme tête de liste. Faut pas croire les sondages, me disait tout le temps un certain François Bayrou. C'est tout truqué et ça influence bêtement l'opinion. Pas bien. Bref, ni une ni deux, Grand Mufti dit : "Exit Dufour, moi je veux Drevet". Passons sur le fait que le Drevet, bah les militants y z'en veulent pas. Que nenni, peanuts, Drevet, on veut pas, ahh ! Passons également sur le fait que Drevet, bah, il est pas MoDem, mais pas du tout. C'est un détail et une spécialité maison. On a tout plein de militants tous oranges, qui triment sur les marchés à vendre la soupe aux potirons, mais on préfère ceux qui viennent de nulle part chez nous ! Cest que le Bayrou, il aime pas Sarkozy, mais il s'en inspire beaucoup. Ca s'appelle l'ouverture. Mais en mieux, en plus vicieux. Nous on a pas d'élus, mais on préfère quand même laisser la possibilité d'être élus à ceux qui sont pas du parti. C'est super technique en fait. Tellement subtil que je saurai pas vous expliquer le but de la manoeuvre.

Bref, le Dufour, pas mauvais bougre, il dit "dans l'intérêt supérieur de la patrie et tout et tout, bon d'accord, je laisse la place..." Sympa avec ça le Dufour. Bon, ça fait quand même jazzer, alors tout le monde essaie de se mettre ensemble et de faire liste commune. Ca discute : et moi, je veux machin en 5ème place, et moi je veux pas de ton bidule et je veux chose en 6eme place etc etc... Ca pinaille, ça pinaille, ça pinaille et vlan, on se sépare, pas bons amis... Dammned et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Alors le Dufour il dit : "on va faire une liste". Puis il compte ses sous et il voit que c'est pas possible et tout et tout, et gentiment il rentre dans le rang avec ses colistiers et boum, pas de liste MoDem du tout et une liste Drevet. Bon, voilà l'histoire. Sauf que le Drevet, il se prend une veste quand même et pas du tout le score prévu par le sondage du Grand Mufti. Mais bon....

Et puis là, re vlan. On apprend que Marc Dufour, parce qu'il s'est retiré, qu'il a tout accepté et tout et tout, bah il est suspendu du MoDem, avant une possible radiation. Rien que ça. Même que c'est le sénateur Mac Carthy qui s'occupe de tout ça, voyez-vous.

Et là je dis : c'est pas possible ce qu'ils débloquent tout en haut au MoDem ! On s'est pris une claque stratosphérique dimanche, de Dolium à BE-Gag. Y a personne pour reconnaître des erreurs de stratégie. Tous les rats quittent le navire d'eux-mêmes. Corinne Lepage change de Cap (j'ai pas trop d'opinion sur la question au passage). Et les seules choses qu'ils trouvent à faire ! C'est de radier les bons soldats qui se sont ecrasés et d'envoyer les légions jeunes troller le blog du Chevalier Orange. Mais c'est qui les communicants au Modem ? C'est qui ? Montrez-les moi ! Je veux absolument goûter leur truc ! Ca rend pas intelligent, mais ça à l'air de faire planer grave de chez grave. Et comme j'aime les expériences extrèmes, là franchement, je veux essayer. Attendez, là. Je reprends mes esprits et je regarde à nouveau. Rien à dire, c'est vrai. Plutôt que de faire un foutu mea culpa qui toucherait les français sur le mode : "enfin des politiques qui admettent leurs erreurs sans y être acculés et se montrent sincères." Plutôt que de s'adresser aux militants en leur disant : "faut tout remettre à plat, pour le moment ça ne fonctionne pas. On serre les rangs et les coudes et on vous écoute." Un truc sur le mode de communication qu'on apprend dans toutes les bonne écoles, quoi ! Parce que ces méthodes là, induisent un effet boomerang, et vlan dans ta face. C'est le B-A BA. Mais non, chez nous, on voit le complot partout, celui des médias (bon, parfois faut reconnaître que....), des militants aigris, des manoeuvres des autres partis (bah, y vont pas nous aider quand même...)

Parce que là, les amis, ça va pas du tout, mais alors, pas du tout. Penser que la seule chose à faire au lendemain des régionales c'est de suspendre Marc Dufour, que je ne connais toujours pas, c'est vraiment le truc le plus absurde du monde. Et là, je me dis : soit François Bayrou est un génie hors norme qui communique avec des sphères qui nous échappent totalement, soit l'égo lui est monté tellement haut qu'il a fini par lui construire un mur devant les yeux et le coeur.

Parce que nous, les vulgaires distributeurs de soupe au potirons, on voulait juste l'aider à accomplir son rêve, sans lui voler la vedette, sans lui savonner la planche, mais aussi sans se faire marcher sur la gueule à la moindre expression de notre libre-arbitre. Parce que le libre-arbitre, ce n'est pas qu'un sujet de bac philo, ni une invention ésotérique du 18ème siècle, c'est ce qui nous a permis de participer en notre âme et conscience à la création de ce mouvement qui fait désormais du surplace....

 

Je précise que la profusion de "Et tout et tout" est mon hommage personnel à la mémoire de JD Salinger, l'auteur de "L'attrape coeur" qui vient de décéder et aura marqué l'adolescence de nombre d'entre-nous. Un clin d'oeil également à la merveilleuse traduction de Sébastien Japrisot.

12:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (19) | |  Facebook | | | |

17/03/2010

HUCHON OF COURSE

La note sera courte.

Tout est dans le titre.

Mais voilà, ça va me faire bizarre au début...

Puis je vais m'y faire, une fois l'enveloppe déposée dans l'urne.

Et je vous invite à en faire de même.

Pour la première fois de ma vie, je vais voter pour le Parti Socialiste à l'occasion du deuxième tour des élections régionales.

Enfin, Socialiste, Europe Ecologie et................. front de gauche : là ça fait mal quand on connait ma viscérale aversion pour Jean-Luc Mélenchon, étrange mélange d'archéo-socialiste, d'agent du Guoanbu*et de truther obsédé par Israel !

Deux mots me viennent alors à la bouche : merci Sarko !

C'est vous qui m'avez poussé à suivre François Bayrou en 2006, c'est vous qui m'amenez à voter mélenchon and co !

A fascinating "tour de force" !

Mais voilà, impossible de ne pas sanctionner durement le Président et le Gouvernement, surtout après l'autisme manifesté par les portes flingues du Sarkoteam au lendemain du premier tour.

Décidément, je vais finir par croire que l'autisme est le mot qui défini le mieux les politiques de tous bords !

J'ai enfin trouvé un point commun entre Sarkozy et François Bayrou...

Advienne que pourra !

 

(* services secrets Chinois)

10:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

15/03/2010

« LE BÛCHER DES VANITES » Ou l'explosion du MoDem sur l'autel de l'autisme


Disons-le franchement, après quelques moments d'ironie, le résultat du premier tour des élections régionales n'a rien de réjouissant, même s'il confirme le diagnostic que nombre d'entre-nous avions posé bien avant l'heure du verdict.

Le MoDem a bu la tasse attendue, peut-être même au-delà des prévisions les plus pessimistes. Existe-t-il encore en cette matinée post bérezina, quand le soleil se lève, indifférent, sur le champ de bataille désormais silencieux, parfois troublé par les cris stridents des charognards qui s'acharnent sur les cadavres déjà en voie de décomposition ? Existera-t-il encore dans quelques semaines quand, sortie de la stupeur du KO, les rescapés de la cohorte orange demanderont des comptes à leur généraux et que les cours martiales chercheront à faire porter le poids de la défaite sur les épaules des oiseaux de mauvais augure, dont je suis ?


Je l'admets autant que je l'assume, je fais partie de ceux qui, animateurs de la section du 15ème arrondissement de Paris, la plus importante de la capitale, ont refusé de cautionner la liste parisienne telle qu'elle était présentée, conduisant l'ensemble de nos candidats pressentis à la quitter avant le dépôt officiel. Il faut bien le dire, ce mouvement de mauvaise humeur n'a eu aucun retentissement sur le scrutin. Tout d'abord parce que les militants de la section ont tout de même participé à la campagne, avec l'honneur de ceux qui n'ont aucun intérêt personnel à défendre, ensuite parce qu'une fois de plus, en dépit du score exécrable de notre mouvement, notre arrondissement a fourni le plus gros contingent de voix parisiennes, frôlant les 13% du total des suffrages portés sur la liste défendue par Alain Dolium et Fadila Méhal (pour laquelle j'ai bien entendu voté). Pas de quoi se vanter, certes. Ces considérations liminaires étant entendues, au surplus desquelles j'ajouterai que je n'avais pas présenté ma candidature et ne veux donc pas entendre le couplet sur ceux dont l'égo s'irritent de n'avoir pas été choisis et vont à la soupe, il faut maintenant rentrer dans le vif du sujet.


Chacun pourra en convenir, les raisons de la débâcle sont multiples. Pourtant à entendre, hier soir et ce matin, nos principaux leaders, il ne semble pas être question d'entamer le début d'un embryon de commencement d'amorce d'autocritique. Cela peut paraître incroyable, mais une fois de plus nous apprenons que la responsabilité de cette défaite mémorable incombe à tout le monde sauf aux instances et dirigeants du mouvement. C'est d'autant plus grave que cet autisme était déjà la cause de tous les déboires du MoDem avant un scrutin dont il justifie pourtant en grande partie le résultat. Ainsi, nous apprenons pèle-mêle que les électeurs ont été trompés par : le complot médiatique dont nous sommes victimes, reprenant là l'une des antiennes du Front National, la déloyauté (aussi réelle que compréhensible) de Corinne Lepage, la manœuvre florentine de Ségolène Royale en Poitou-Charentes, la floraison de sites contestataires au premier rang desquels se trouvent le très caustique « Blog du Chevalier Orange ». La palme de ces indignes commentaires revient sans doute à Alain Dolium, tête de liste du mouvement en Ile de France, dont la colère télévisuelle à l'égard des médias représente un comble de schizophrénie politique : http://www.streetpress.com/sujet/379-la-grosse-colere-d-a...

Grâce à Alain Dolium nous apprenons donc que les méchants médias ont saboté sa campagne en ne retenant de lui que sa couleur de peau, l'enfermant dès sa première conférence de presse dans le rôle stéréotypé du « Obama français », candidat de la diversité pour la diversité, sans jamais se faire l'écho de son programme régionale. De qui se moque t-on ? Cette stratégie effectivement ridicule, appuyée par des accents communautaristes comme en a témoigné la campagne menée dans le 9-3, est le fait exclusif des tenants de la rue de l'Université et de Dolium lui-même. Car enfin, qui est l'auteur de la très prétentieuse formule « Le Obama Français » dont les Guignols de l'info ont ri à gorge déployée si ce n'est François Bayrou lui-même ? Ce même François Bayrou qui, de longue date, se montre incapable de la moindre courtoisie à l'égard des journaliste et cristallise légitimement une part de leurs rancœurs. Cette victimisation est intolérable pour tous ceux qui dénoncent depuis des mois, voire des années pour certains, les errements de notre mouvement et l'autocratie peu éclairée de sa direction. De ce point de vue, la campagne en Ile de France, de ses prémisses à sa conclusion, est le reflet de toutes les dérives du mouvement et le symbole de tous ses échecs à travers la France entière et les élections successives. Il faut le dire, Alain Dolium, n'en porte pas une si grande part de responsabilité. Dans d'autres conditions, il aurait même pu faire un candidat tout à fait acceptable et drainer un fort courant de sympathie. Partant de loin, comme tout novice en politique, il s'est avéré infatigable travailleur, montrant une véritable capacité de progression et une sincérité assez rafraichissante dans le paysage politique francilien. Oui, mais... Et dans ce cas là le « mais » et bien plus conséquent que le « oui ». Oui, mais dès le départ les dès étaient pipés. Tout d'abord, en Ile de France comme dans nombre de régions, la tête de liste a été imposée sans aucune concertation, par le seul fait du Prince. Alain Dolium n'y est pour rien, si ce n'est d'avoir accepté sans comprendre le piège ainsi tendu au sein même de la maison orange. La manière dont François Bayrou lui-même s'est vanté de ce diktat lors du récent meeting de la Bellevilloise est sur ce point éloquente. Comment pouvait-on croire qu'une dynamique militante pouvait se mettre en place derrière un candidat ainsi désigné, alors que celui-ci n'avait aucune notoriété, mais surtout aucun passé militant au sein de sa propre section ? Si tout le travail était à faire en interne pour légitimé cette candidature, comment pouvait-on espérer quelle soit plébiscitée par les électeurs peu au fait de la cuisine de notre mouvement ? François Bayrou nous a parlé de renouvellement pour justifier le choix d'Alain Dolium, ce même renouvellement qui ne lui a pas semblé si fondamental dans de nombreuses autres régions où là aussi, comme en Alsace, en Limousin, en Rhône-Alpes le choix des militants n'a pas semblé peser lourd. Le renouvellement ? Quel blague ! Cette notion est l'une des valeurs fondatrice de notre mouvement. Pourtant, jamais jusqu'à ce réveil aussi soudain que soumis à de basses ficelles manœuvrées par de pitoyables novices en marketing, elle n'avait été honorée. Et c'est bien la que le bât blesse. Parce qu'à force d'avoir écarté toutes les nouvelles têtes un tant soit peu compétentes de ce mouvement, à force d'avoir trusté l'intégralité de l'exposition médiatique du MoDem aux côtés de Marielle de Sarnez, méprisant la promesse faite de désigner des portes paroles thématiques, François Bayrou s'est retrouvé face à un constat aussi pénible qu'implacable : nous n'avions aucune personnalité à la fois légitime et connue des électeurs pour prétendre porter nos listes régionales. Alors, dans un moment de mysticisme sans hauteur, ouvrant avec gourmandise sa boite de magicien pour les moins de douze ans, notre guide suprême nous a sorti Alain Dolium de son chapeau, comme il a rappelé et imposé Azouz Begag dans le Rhône. Caramba, encore raté !


Pourquoi, au nom d'une certaine cohérence, ne pas avoir désigné un de nos conseillers régionaux sortants, qui bien qu'en mal de notoriété avaient l'expérience du scrutin et la légitimité pour le mener ? Pourquoi ? Je vous l'accorde, il ne sont pas jeunes, pas funky et restent très marqués du sceau de cette vieille UDF qui fait grincer les dents de nombre de nouveaux adhérents. Pourquoi, à Paris, au lieu, là encore, de manifester une hostilité manifeste à l'égard des sortants, n'avoir pas désigné logiquement le Président du Mouvement départemental, plutôt que de l'envoyer malgré lui faire la police et justifier l'injustifiable auprès des adhérents, lui faisant prendre des coups qu'il ne méritait pas forcément. Pourquoi ? Pour les mêmes raisons que précédemment évoquées ? Parce qu'il fallait une personnalité qui en jette, quelqu'un qui ne rappelle en rien le parti de Jean Lecanuet, quelqu'un de jeune, de frais, de brillant. Mais alors, pourquoi n'avoir pas permis à ces éventuelles personnalités d'émerger quand il était encore temps ? Pourquoi ? Toujours pour les mêmes raisons et par peur de l'ombre qu'elles auraient pu faire à nos ténors. La vérité impose néanmoins de dire que ces personnalités n'auraient sans doute pas fait mieux qu'Alain Dolium et qu'elles n'auraient pas plu à tout le monde, loin s'en faut. Mais elles se seraient au moins parés de cette légitimité à laquelle Alain Dolium ne pouvait prétendre. Alain Dolium, que j'encourage à poursuivre son engagement pour l'amener à une digne maturité pour d'autres échéances, n'était que le fruit d'un constat amer : personne ne peux exister dans ce mouvement en dehors de François Bayrou et Marielle de Sarnez, à plus forte raison quand la question parisienne est en jeu. Parce que l'immense espérance née de la campagne de 2007, n'était qu'un leurre, masqué par la sublime justesse du diagnostic Bayrouïste sur l'état de la France, pour créer une machine électorale au service d'un seul homme et d'une seule ambition.

Qu'importe que des milliers d'adhérents aient crus en la possibilité de faire de la politique « autrement », dans l'abandon des dogmatismes et le refus d'une bi-polarisation manichéenne incapable d'accoucher d'un projet à même de réconcilier les Français et de leur dessiner un avenir. Qu'importe les centaines d'heures passées par les uns et les autres, sur les marchés, dans la rue, dans le froid ou la chaleur, à convaincre les électeurs de la levée d'un vent d'espoir et d'une offre politique nouvelle. Qu'importe le travail phénoménal mené par des milliers d'hommes et de femmes au sein des différentes commissions thématiques. Qu'importe les sommes engagées dans les campagnes par des candidats ne mesurant pas le risque encourus pour eux-mêmes et leurs familles. Qu'importe, puisque ce parti méprise viscéralement ces militants et leurs vœux, puisque ce parti dont le chef se refuse au « basisme », n'était que l'appareil inventé pour porter coûte que coûte un homme au pouvoir suprême. Et encore, si cela avait été fait avec habilité. Mais comment créer un parti de masse, rampe de lancement vers le pouvoir, quand on se refuse à abandonner les réflexes sclérosant appris dans un parti de notables et à définir une ligne politique claire permettant d'assigner une véritable mission aux troupes mobilisées ? Car derrière l'incurie qui préside à la stratégie de ce mouvement, derrière l'autisme et l'autoritarisme qui caractérise sa direction, la question de son positionnement politique est l'autre malentendu originelle qui l'a fait sombrer au soir de ce 14 mars. La question posée n'est pas celle d'être de droite, de gauche ou du centre. Sur ce point, chacun de nous s'entend pour dépasser les clivages artificielles des idéologies dominantes. Au surplus, chacun sait aussi, et d'autant plus après les européennes, que l'antisarkozysme ne peut tenir lieu de politique, même s'il aide à se définir dans le champ des valeurs. Cela est d'autant plus dommageable que le récent congrès d'Arras avait laissé une petite lueur éclairer les sombres mois qui avaient suivis les élections Européennes. Tout d'abord, et ce n'est pas négligeable, la manière dont le programme « humaniste » avait été discuté sous la houlette de Gilles Artigues et Robert Rochefort avait donné un léger renouveau au processus démocratique au sein du MoDem. Mais surtout, le fait de déboucher sur un texte embrassant la majorité des domaines d'intervention politique, laissait augurer d'une éventuelle clarification future de notre ligne. Mais c'était sans compter sur la conversion soudaine de François Bayrou à la politique spectacle et marketing et les inévitables frictions entre les tenants d'une ligne héritée de l'UDF et les partisans d'une démocratie novatrice dont l'écologie non dogmatique est un pilier. Ce dernier point est sans doute le pêché originelle du MoDem et justifie depuis toujours les écarts programmatiques et de discours entre les différents candidats investis, selon qu'ils appartiennent à l'une ou l'autre chapelle. Ce n'est pas la première fois. Chacun a fait sa cuisine interne et personne ne s'est finalement véritablement référé au, certes assez timide, « projet humaniste » qui devait tenir lieu de bible et s'est avéré juste bon à caler les étagères. François Bayrou lui-même, s'immisçant dans la campagne francilienne au détour d'un débat sur le logement s'est mis, à la surprise d'un grand nombre de militants MoDem, à brandir des propositions assez ésotériques sur le sujet, en opposition frontale avec les préconisations nées du congrès d'Arras. En Ile de France toujours, la campagne s'est axée sur l'initiative économique, sans référence au « projet humanisme », dans une vision pragmatique, certes honorable, mais qui ne permettait en rien d'identifier notre offre et de la distinguer des partis classiques. Jean-Thomas Nordmann et moi nous en étions émus lors du dernier Conseil Départemental, nous entendant répondre que cette question méritait sans doute réflexion, sans que nous puissions dire aujourd'hui sur quoi cette réflexion est censée avoir débouché. Ainsi, le ni gauche ni droite s'est transformé en grand vide, le seul pragmatisme ne pouvant tenir lieu de valeur et encore moins de projet de société. Car s'il est une évidence pour envisager un avenir éventuel pour notre mouvement, c'est bien celle devant conduire à une clarification politique, en plus d'une redéfinition drastique des structures et processus de décision. Et cette clarification passe forcément par une scission entre les tenants des différentes lignes, sachant que leur communauté de pensée, à savoir le rejet des valeurs incarnées par Nicolas Sarkozy et le refus du bi-polarisme, est finalement mineur au regard de leurs différences.

Et de ce point de vue, ce qui restera d'une incarnation du MoDem, avec ou sans François Bayrou, dont le diagnostic établi en 2007 est toujours aussi pertinent, ne pourra se contenter de porter une ligne tiède et floue, au moment où la situation mondiale appelle la prise de décision radicales, tant en termes économiques qu'écologiques, ainsi que sur le terrain des valeurs. Cela demandera du courage, une véritable volonté de remise en question, mais surtout de se montrer capable de diriger le mouvement avec les même critères démocratiques que l'on prétend vouloir appliquer au pays.

C'est pas gagné....


Benjamin Sire


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