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29/09/2011

« JE » DE QUILLES ET DE MIROIRS

 

Il n'y a pas eu de strike...

J'ai tenté de regarder ces six égos se confronter. Des zéros et des uns défilaient sur l'écran.

« La première décision que je prendrai.... »

 

Ils étaient deux à vouloir rassembler sans donner le rêve, ni l'amour. Des (im)postures questionnant nos impôts et nos banques à la recherche de la faille rassurante de l'absence de sens. Ils parlaient de jeunes et de vieux, mais jamais de « NOUS », donnaient du je et jamais du nous. Se cherchant une légitimité en se montant du col (pourtant trop grand de leurs chemises).

 

Ils étaient deux autres à parler d'un grand soir hypocrite, dont ils savaient ne pas maîtriser les mécanismes, maniant la peur et le dirigisme en croyant caresser le poil de ceux qu'ils imaginaient être « les damnés de la terre ». Comme si le sourire carnassier et la haine égotique dans les yeux de l'une et le rictus aristocratique et les effets de manche grand siècle de l'autre, pouvaient, par davantage de division, ouvrir le cœur de 65 millions d'unités humaines abandonnées au marketing de l'individualisme. Mais lui donne plus envie d'essayer... Elle, de tuer...

 

Il y a avait l'autre, père fouettard radical, petit comptable, mauvais conteur, échappé d'un roman de Mauriac, s'accrochant à ses minutes de paroles pour nous dire, derrière le mot « Europe », la France des ses ancêtres.

 

Il y avait le jeune raisonnable avec ses idées sans relief, tout droit sorti d'une série politique américaine et tout épris de son ascension de fils d'immigrés espagnols, comme si son histoire et sa jolie volonté pouvait présider à autre chose que sa propre destinée.

 

Et pourtant j'irai voté pour l'un d'eux ou l'une d'elles. Et dans quel monde ?

 

Après le débat, je prends ma voiture avec ma petite fille de trois ans, mal-voyante, mais ouverte au monde, interrogeant chaque poussière et chaque âme avec cette absence de retenue propre à cet âge. Au troisième passage clouté, je suis obligé de piler ! Un type sans visage traverse au vert en téléphonant. J'arrive à 50 kmh. J'ai du mal à l'éviter. L'espace d'une seconde j'imagine le choc entre ses 80 kilos et la tonne de ma caisse. Un frisson me parcourt tout le corps. Le type continue son chemin comme s'il était étranger à la situation. Il m'adresse juste un doigt, tout en regardant dans la direction opposée. Même un ectoplasme, je ne veux pas le tuer. Je pourrais ressentir sa douleur.

 

J'arrive à destination. Face à un grand portail de HLM en bord de périph, une mère de famille harassée, ployant tel le sherpa sous le poids de ses courses, traîne deux mouflets aux yeux vides et aux mains sodas et barre chocolat. La maman tente de franchir le lourd portail, le portable, coincé entre l'épaule et sa chevelure aride comme son cœur disparu sous les coups du réel. Elle parle à voix basse, les dents serrés : « mais putain du vas appeler l'ascenseur! J'en peux plus de porter tout ça ! Et je peux même pas ouvrir ce portail de merde ! » Elle lance vaguement sa jambe contre la grille indifférente, comme si ses maigres mollets avaient des airs de Sésame. Elle ne fait pas attention, frôlant le déséquilibre, je lance presque ma canne pour actionner la porte qui s'ouvre comme par magie sur son passage. Elle passe, suivie de sa cohorte de calories et de marques sur pattes. Elle ne se retourne pas, ne dis pas merci, ne cherche pas à comprendre sa délivrance.

 

Dans la cour, 5 retraitées du soir, se désolent du monde, de l'arthrose et des nombreuses négligence d'entretien du bailleur, pourtant dirigé par un maire d'arrondissement de gauche. Ma fille, joyeuse et lumineuse, leur lance un tonique et sonore « Bonjour » (elle distingue encore vaguement le passage lexical entre le jour et le soir), que j'accompagne d'un plus timide « Bonsoir mesdames ». Nous continuons sans avoir paru exister aux yeux de cette assemblée de gérontes. Ma fille m'interroge : « Monsieur mon cher papa (on ne choisi pas les qualificatifs), pourquoi les dames n'ont pas répondus. » Je n'ai pas d'autres mots que « elles sont mal élevées ». « Mais papa, c'est le mot magique bonjour ! ». Elle se met à pleurer. Ca me touche, mais ça ne durera pas.

 

Voici aussi vos électeurs potentiels mes bon amis. Comme vous agrippés au « je », incapables de le « déshabiller » comme le suggérait Romain Gary pour en appeler à l'humour comme dernier rempart face au désespoir. Un je produit d'un jeu délétère qui a justement fait de tout le reste un produit, quand seule l'immersion en soi permet encore de se persuader d'exister, dans une humanité chiffre plus que nombre, divisée en niches par la force conjointe du machiavélisme politique et marketing. Ce sont eux auxquels vous tournez le dos depuis des décennies et que vous voulez amadouer ponctuellement avec ces vieilles recettes déjà tournées avant que d'être, encore subjugués que vous êtes par la campagne narcissique et décomplexée de Sarko, le maître du JE.

 

Pourtant, la seule recette qui puisse valoir, est celle qui aura réussie à l'autre communicant en chef d'un monde ou chacun se regarde en son miroir : le « NOUS », celui qu'Obama avait érigé en slogan quand il aurait fallu en faire une politique.

 

A la base, les êtres humains, ne cherchent pas à ce qu'on leur face miroiter un avenir radieux fait d'or, de pouvoir solitaire et de vide... Ils cherchent encore moins à entendre de vieilles antiennes ultra-dirigistes, dont les conséquences font froid dans le dos quand on respire un tantinet l'Histoire et dont on sait qu'elles sont un terreau de divisions supplémentaires et se propagent vite à tous les échelons de la société, joignant dans un cauchemar la modernité froide et normalisée qui dévore l'âme, et les dictatures dépassées du tous contre tous au bénéfice d'un seul.

 

A la base, les êtres humains cherchent seulement à se dire que leurs parents les aiment et à voir la fierté briller dans leurs yeux à l'aune d'un avenir. Encore faut-il créer une société du « nous », qui laisse un peu de place à ces notions et ne transforme pas toute action en sacrifice et harassement, toute vie en impossibilité d'amour et de réelle perspective.

 

Je me suis levé à 5 heures du matin en pleurant, avant d'écrire ce texte. J'ai pensé à ces écrivains « de gauche » que je fréquentais dans les années 80/90... à la société qu'ils ont préconisée sans le comprendre et qui s'étale là sous nos yeux, dans le mépris du peuple en tant que "nous", dans la glorification de l'épanouissement individuel devenu l'écrasement de l'autre.

 

 

Et j'ai regardé leurs avatars politiques en découdre.

Et il faudra bien voter pour l'une d'elles ou l'un d'eux.

Vertige.

09:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : primaire, socialiste, sire, wuyilu, politique, avenir, présidentielle, 2012 | |  Facebook | | | |

18/09/2011

I'll be back

Bon, c'est juste un frémissement, une idée, un commencement de début, mais je sens que ce blog risque bientôt de reprendre vie.

Pas seulement à l'approche de l'échéance de 2012 (la présidentielle, pas forcément la fin du monde !), mais parce que là, ça commence à bien partir en sucette et qu'avant de mettre sa voix dans l'urne, toutes les voix doivent se faire entendre ou se faire lire pour mettre un terme aux sommets d'absurdité que notre vie politico-économico-médiatique est en train d'atteindre à un moment où un minimum de sérieux et d'oubli de soi s'imposerait.

(Je sais que le souci tient en mon manque personnel de sérieux, mais on fait ce qu'on peut !)

 

bon, à la prochaine les V....

Wuyilu

19:14 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

28/07/2010

SAHEL COMMUNIQUE DE PRESSE EN FORME DE LETTRE OUVERTE

Photo0067.jpgNon, Monsieur le Président, la mort de Michel Germaneau ne doit pas nous empêcher de retourner dans le Sahel.

Non, Monsieur le Premier Ministre, l'abandon définitifs de la bande sub-saharienne à des luttes d'intérêts claniques, sous couverts d'organisation terroristes chapeautés par Al Qaëda, ne doit pas nous laisser abandonner ce territoire courant sur 8 pays, où sévit depuis trente ans l'une des pires catastrophes économique, écologique et climatique de la planëte. Catastrophe encore aggravée par la crise mondiale et la précocité chaque année plus flagrante de la sécheressse.

Non messieurs les gouvernants, la poursuite scandaleuse de la politique "France : Afrique" à la papa, où les populations servent de pions et de monnaie d'échanges, dans l'étrange monopoly auxquels jouent multinationales, gouvernements corrompus et imprégnés de vieux réflexes colonialistes, où se glissent par dizaines des intermédiaires aux mains pleines de valises.

Non, bien au contraire, Messieurs, nous devons sans cesse affirmer notre présence, dans ce Sahel en déshérence,  avec de plus en plus d'acuité et d'intelligence, pour participer au désenclavement de ces zones, par le transfert de savoir-faire et l'aide aux populations à prendre leur destin en main, comme le font de très nombreuses ONG, comme celle à laquelle appartenait Monsieur Germaneau.

Ces pays ont plus que jamais besoin que l'on aide leurs populations à se lever d'elle-même contre la fatalité, davantage que de bomber le torse en affirmant d'une main une fermeté que l'on souille de l'autre par la spéculation sur les matières premières et une compromission avec des intérêts qui sont à mille lieux des véritables enjeux locaux

Et arrêtez par la même occasion de fustiger humanitaires et journalistes qui, hélas comme on vient encore de le voir, risquent quotidiennement leur vie pour relever le voile pudique dont vous recouvrez ces régions, pour masquer des dizaines d'années de politiques à contre-courant du bon sens et d'une gestion de cette misère à laquelle vous continuez de participer.


Benjamin Sire

Documentariste, journaliste indépendant, membre du Mouvement Démocrate.

 

 

 

07:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : germaneau, sahel, sarkozy, ong, ingérence, sire, wuyilu | |  Facebook | | | |