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06/10/2011

STEVE JOBS ! ENCORE UN COUP DE GUEANT POUR ECLIPSER LE DEBAT PS !

Pas de bol quand même ! Ni pour l'un, ni pour les autres.

Steve Jobs, le roi du marketing informatique s'enfonce dans la tombe* quelques heures à peine après que les six prétendants socialistes aient tiré le rideau sur leur ultime et meilleur débat, à la veille du premier tour de la primaire PS.

Franchement dans le climat délétère et interlope qui entoure la fin de règne de Nicolas Sarkozy, on pourrait presque y voir une fois de plus la main invisible et machiavélique de Claude Guéant.

Parce quand même, priver à ce point nos postulants au château d'un débriefing médiatique digne de ce nom en ce jour glorieux pour une démocratie qui en avait tant besoin, c'est assez frustrant. J'imagine ce matin les tristes mines dans les différents états majors de campagne du sextet. Je vois tous ces sherpas politiques tapotant frénétiquement sur leurs Iphone, Ipad, Imac en quête de unes témoignant des exploits de leurs héros respectifs. Rien, il n'est question que de vibrants hommages à celui qui inspira bien malgré lui son slogan guignolisé de campagne à Jacques Chirac en 2002 : « mangez des pommes ». La vie est ainsi faite....

 

Merci DSK !

 

C'est pourtant un autre séisme médiatique qui a permis au Parti Socialiste de retrouver une nouvelle jeunesse et de s'immerger, sous la contrainte, dans les cartons à idées qui dormaient depuis bien longtemps dans les caves de la rue de Solférino : la chute du faucon noir DSK. Car enfin, que serait-il advenu, en termes de propositions, si le priapique du FMI avait poursuivi sans encombre sa course folle dans les sondages jusqu'en mai 2012 ? Rien justement ! On aurait vu le triste projet adopté en mai dernier être expurgé de ses principales saillies et la docte personnalité de DSK faire office de programme. Le drame de la suite 2806 a tonné comme un coup de semonce, mais aussi sonné comme un réveil salutaire pour les différents candidats à la primaire, dont le manque de leadership ne pouvait s'accorder d'un manque de propositions. Plus encore, ce scrutin, observée à la loupe avant ce jour, et sans cesse mis en perspective avec les calamiteuses confrontations de 2007, exigeait qu'on y aborde le fond, sans se déchirer, en donnant constamment le sentiment d'une possible union à l'heure où il faudra marcher derrière une seule femme ou un seul homme. De ce point de vue, c'est une incontestable réussite.

 

L'élan de la victoire, faute de vraie sincérité

 

J'étais néanmoins très sceptique au soir du second débat, tant j'avais vu l'emballage marketing qui enrobait la spécificité de chaque candidat et la difficulté de transformer tout cela en véritable politique. Mais je dois mettre de l'eau dans mon vin, car hier soir, hormis Ségolène Royal qui s'obstine à vendre ses propositions à coups de slogans sans contenus, mais avec courage et flamme (meurtrière), les socialistes ont montré un visage qui sentait l'élan de la victoire, faute de vraie sincérité, et laissait entrevoir la perspective d'une future communauté d'action. Bien sur, les propositions des uns et des autres, tantôt souples et peu engageantes comme celles de Hollande, tantôt trop coercitives et trop audacieuses comme celles de Montebourg ou Royal, témoignent parfois d'un grand écart idéologique qui rendra périlleuse la synthèse (notamment en matières économique et éducative). Mais cela prouve au moins que le « bonnet blanc », « blanc bonnet » qui préside en partie à l'abstention de masse, n'est pas toujours justifié et que le morne projet initialement présenté est déjà obsolète, comme on pouvait s'y attendre.

 

Pourtant, ce méli-mélo volcanique de bonnes intentions fondées, pour la plupart, sur un juste diagnostique de notre réalité quotidienne, aura quand même du mal à se matérialiser quand il faudra le confronter au contexte international et aux résistances catégorielles. D'où le besoin impératif de réconcilier le peuple dans toutes ses composantes avant de lancer le grand chantier de la rénovation nationale. De ce point de vue, les premiers échanges laissant à penser que tout ce qui ressemble de près ou de loin à une entreprise (pauvre Baylet) est un repère d'infâmes voyous, n'était pas forcément de bon augure, même s'il était imposé par les excès d'une folle dérégulation entamée à l'orée des années 80 et la crise qui en découle.

 

Le coup de main des journalistes...

 

Mais l'un des aspects les plus marquants du débat a tenu dans l'involontaire coup de main donné par les différents journalistes en charge des questions. Ceux-là semblaient soudainement, par leur morgue autant que par leur incapacité à envisager un autre monde que celui qui se délite sous nos yeux sans les faire trembler, justifier l'enthousiasme foisonnant d'idées des postulants socialistes. Entre un Olivier Mazerolle, obsédé de temps de parole et petit gendarme de la doxa libérale**, un Gilles Leclerc porteur de toute la médiocrité et du conformisme médiatique de notre époque, un Laurent Joffrin effrayé de pouvoir laisser entrevoir son engagement à gauche et un Christophe Jakubyszyn, caricature du petit roquet prétentieux à la mode Sciences-Po, nos six vieux routiers de la politique ont semblé, en comparaison, être les tenants d'un délicieux vent de fraicheur et d'audace politique dont le contenu méritera quand même une analyse plus substantielle. Au final on retiendra, grâce à ses journalistes reflets de notre temps, une image d'union, malgré l'impitoyable compétition qui se joue en coulisses. On aura également fait le constat de la préparation des convergences entre les camps Hollande et Valls (avec Baylet sur un strapontin), d'un côté, et Aubry, Montebourg, et Royal de l'autre, ces derniers tentants le difficile exercice de se porter en garants des vieilles valeurs de gauche, tout en les adaptant à la crise protéiforme de l'ultra mouvante société numérique...

 

A voir...

 

  • * Dommage pour celui qui disait : « Being the richest man in the cemetery doesn't matter to me ... »

  • ** Ah, sa traditionnelle comparaison tronquée entre les systèmes de retraite allemand et français ! Dommage qu'il ait fallu attendre plusieurs minutes pour qu'elle soit maladroitement démontée par Aubry.

 Et, pour le plaisir (-;






 

12:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : primaire, ps, politique, hollande, valls, royal, baylet, aubry, 2012, présidentielle, sire, wuyilu | |  Facebook | | | |

05/10/2011

A MARIANNE : RENDEZ-NOUS KAHN ET MACE-SCARON

 marianne,mace-scaron,jean-françois khan

Cher Maurice Szafran,

 

Je profite de la réception d'une énième lettre de relance, consécutive au non renouvellement de mon abonnement à Marianne, pour vous faire part de quelques remarques concernant l'évolution éditoriale de ce magazine.

 

Tout d'abord, rassurez-vous Maurice, bien que ne souhaitant plus recevoir votre prose énervée dans l'indigne boite à lettres de mon modeste logement, je continue très régulièrement à l'acheter chez mon détaillant. Cela permet, faisant d'une pierre deux coups, de vous offrir une marge légèrement supérieure, tout en justifiant mes positions quant à la défense du commerce de proximité. Par delà ces basses considérations, cela m'oblige à davantage d'exigence à votre endroit, me conduisant à parfois économiser 2,50 euros quand les titres barrant votre une sentent le (très) réchauffé ou se laissent aller à sonder sans recul les tendances les plus futiles de notre société. Je ne prétends d'ailleurs pas que ces « grandes » enquêtes soient dépourvues d'intérêt, il apparaît simplement qu'elles me concernent moins que d'autres et méritent, de mon point de vue, un traitement plus exhaustif que ce que vous en proposez la plupart du temps.

 

Par ailleurs, je vous dois l'aveu suivant : mes relations dans la presse et les médias en général pourraient me permettre de bénéficier tout à fait gratuitement de votre hebdomadaire. Il se trouve qu 'au regard de la situation globale de la presse (particulièrement magazine) et de mon positionnement personnel, le geste d'achat de Marianne me paraît nécessaire, même si j'ai décidé d'être plus parcimonieux à son égard. Et je dois aussi, à ce sujet, remercier Myriam Perfetti d'avoir défendu de la plus belle des critiques la publication de mon dernier album *, mais c'est une autre histoire.

 

Pourquoi ?

 

Plusieurs évènements en sont la cause et je dois totalement vous exempter de la responsabilité de la plupart d'entre-eux. Les principaux coupables sont parfaitement identifiés et méritent d'être traqués jusqu'au plus profond des grottes Afghanes : une « soubrette » qui passait par là, et un mot étrange qui est entré au palmarès des singularités linguistiques 2011, « intertextualité ». Au final deux victimes gisent au cimetière des rotatives, Jean-François Kahn et Joseph Macé-Scaron, même si le dernier joui encore d'une bonne place dans l'ours de votre magazine, moins dans ses colonnes. En soit, je le répète, vous n'y êtes pour rien. JFK s'est noblement sabordé au cours de l'affaire DSK, jetant le voile sur des décennies de fulgurances intellectuelles de salubrité publique. Quant à Joseph Macé-Scaron, le buzz provoqué par ses quelques emprunts** totalement anecdotiques, bien que coupables, dans son remarquable livre « Ticket d'entrée »***, ne pouvait susciter de réaction plus sensée que la vôtre. Mais voilà, associé au départ vers d'autres cieux de Clara Dupont-Monod, votre journal a subi des dégâts collatéraux d'une ampleur qui me semble assez problématique... Et sur ce point, cher Maurice, j'aurais tendance à vous incriminer un tantinet si vous le permettez. Déjà, je vous l'avoue, les arrivées conjuguées et chaotiques de Jacques Julliard, l'homme qui s'est toujours trompé, tant par naïveté (et il continue) que par réflexe de caste, et de Denis Jeambar, dont la proximité avec votre ligne éditoriale m'avait toujours échappé, et qui a commis un « Portrait crachés »**** dont le titre oublie « dans la soupe », m'avaient quelque peu chagriné. Mais le remplacement de l'éditorial, toujours profond et souvent émouvant, de Macé-Scaron par la pitrerie cynique et sans fond de Nicolas Bedos, termine de me laisser un goût amer dans ma lecture. Je n'ai rien contre le cynisme et la provocation, pouvant parfois m'y complaire aussi. D'ailleurs Bedos parvient parfois, malgré moi, à tirer sur les commissures de mes lèvres dans l'ébauche d'un sourire. Le problème est que Marianne n'est pas « Fluide Glacial » et Bedos, ni son père, ni Desproges.

 

 

Jean-François Kahn était l'étoile intellectuelle et la conscience du magazine, celui qui m'avait fait commettre l'erreur d'un engagement partisan et militant, celui qui, en conformité avec votre propre regard, avait donné tant de crédit et de sens à la parole de Marianne. Joseph et Clara en était, en dépit de « l'intertextualité » et du côté branché tendance Fred Perry du premier, les cautions littéraires. Ils ont avec Neumann, Domenach, Conan, Nathan, Rémond, Légasse, vous et quelques autres, contribué à faire de ce magazine un îlot singulier et indépendant dans la presse magazine. Or, chaque semaine, en me rendant chez mon marchand de journaux, j'ai de plus en plus le sentiment d'acheter « Le nouvel observateur ». Cela me fait regarder avec la plus grande perplexité la pile de 300 et quelques numéros de Marianne qui s'entassent encore dans mon salon... à la veille d'un déménagement....

 

Heureusement, Alain Rémond, vaut toujours 2,50 euros à lui seul....

(Et puis François Darras... alias JFK)

 

  • * Article de Myriam Perfetti, Marianne n° 611 du 3 janvier 2009 : « La révélation : Sire en majesté. » à propos de l'album « Chair memories »

  • ** … Ceux de ses critiques littéraires me laissent justement plus critique.

  • *** « Ticket d'entrée », Joseph Macé-Scaron, Grasset 2011, 332 p, 19 euros

  • **** « Portraits crachés », Denis Jeambar, Flammarion 2010, 272 p, 20 euros

15:38 Publié dans Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : marianne, mace-scaron, jean-françois khan | |  Facebook | | | |

04/10/2011

L'INFO DU SIECLE : CORINNE LEPAGE CANDIDATE A LA PRESIDENTIELLE !!! de 2002 ???

Ce n'est pas encore officiel, c'est un murmure qui fait trembler le microcosme, un calme avant la tempête dévastatrice qui va totalement remodeler le paysage politique Français, voire Européen....

Corinne Lepage va officialiser sa candidature à l'élection présidentielle de... heu, quand déjà ? 2002, non ?

2012, on me dit ! Non, en vrai ???? Wouahhh !

Non, sérieux, on mobilise Laurence Ferrari et le 20h de TF1 pour ça ?

C'est la nouvelle rubrique tendance des JT ?

Un jour Bayrou, un jour Lepage... et demain ?

Bah, puisqu'on offre cette brillante lucarne à Corinne, je me demande si je ne vais pas moi-même exiger un pareil traitement d'ici la fin de la semaine pour infirmer la rumeur qui court dans mon immeuble selon laquelle je pourrais me présenter...

Après les "Bidasses en folie", le nouveau hit c'est "Les centristes en folie"... Bon, Hervé Morin, vas-y qu'on rigole un peu !

(On m'apprend que Corinne Lepage, qui a récemment constitué son association de financement de campagne, serait en fait écologiste et pas centriste... heuuu... ahhh bon ?)

16:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : 2012, écologie, lepage, sire, wuyilu, centre | |  Facebook | | | |