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11/12/2011

BAYROU EXPLIQUE A PIERRE MARCELLE ET A LIBERATION

En ce dimanche 11 décembre, Pierre Marcelle, responsable de la chronique « Dégage » de Libération et fameux pour ses « Quotidienne(s) », publie un billet intitulé « François Bayrou , j'y comprends rien ». Dans dans sa volonté d'exprimer un avis iconoclaste, visionnaire et politiquement incorrect, cette note ressemble à un brillant argumentaire de café du commerce, mâtiné de langue de bois copéïste et de saillie mélenchonienne. Tout ce que j'aime. Mais ayant des vélléités philanthropiques et ayant fréquenté le siège du Modem pendant 5 ans, je m'en vais lui expliqué ce Bayrou auquel le triangle d'or du milieu médiatique ne comprend rien, puisqu'il échappe aux variations saisonnières des modes du show biz politique, qui permettent aux chroniqueurs d'avoir la sensation de se renouveler, quitte à écrire cycliquement les mêmes absurdités.


Pourtant la chronique de Monsieur Marcelle commence par une constat que je partage et qu'il ne fait pas bon exprimer : « Ça y est, l'homme orange est candidat! Putative depuis cinq années, annoncée depuis deux semaines et officielle depuis mercredi, l'annonce de l'entrée dans la lice du champion du p't'êt' ben qu'oui - p't'êt' ben qu'non achève de figer la présidentielle dans sa caricature. Elle souligne jusqu'à l'absurde la personnalisation de ce rite quinquennal dont l'essence plébiscitaire va à l'encontre du principe démocratique même, mais sur un mode, cette fois, franchement drolatique. » La mention de « l'homme orange » est pour moi très parlante, bien que ne se référant pas à François Bayrou, mais à une chanson énigmatique de Michel Jonasz, dont la poésie m'a longtemps fasciné, bien que son message – en lien avec la déshumanisation progressive de la société, ainsi dirigée vers une nouvelle forme de dictature – nécessite une certaine attention pour être perçu. Là où je rejoins Pierre Marcelle c'est dans le constat que la personnalisation à outrance du rite présidentiel porte une « essence plébiscitaire contraire à la démocratie ». Dans cette sentence aux apparences révolutionnaires, Pierre Marcelle, trop cultivé pour l'ignorer, fait en réalité du Mendes-France, puisque l'inflexible marrane de l'Eure sacrifia sa carrière politique aux portes de la magistrature suprême, dans la prescience des dérives futures de la conjugaison du développement du système médiatique et du suffrage universel direct. Or Mendes-France était loin d'un révolutionnaire et sans doute l'homme politique le plus proche de la ligne du Bayrou de la dernière décennie, c'est-à-dire humaniste et nuancé. Pour le reste, ce premier paragraphe de Marcelle, annonce la couleur, celle du gros trait sans argument, de la crispation sur des lignes bien clivées, dans l'obsession d'un bi-partisme stricte, ne laissant aucune place à la subtilité et à un pragmatisme non inspiré du calendrier politique, mais de l'analyse juste de la situation. On comprend néanmoins que le bi-partisme en question ne saurait se trouver dans l'antagonisme traditionnel entre PS et UMP, mais entre libéralisme et anti-libéralisme, comme si chacun de ces camps ne peut être qu'univoque, puisqu'ici libéralisme est considéré comme tout ce qui ressemble de près ou de loin à un système vaguement capitalistique, comme si toutes ses déclinaisons aboutissaient à la même société.

Si Bayrou, dont je tenterai de définir plus loin certaines caractéristiques personnelles, est la caricature de la perversité électorale, je ne saurai que me glacer d'effroi devant les autres prétendants. Celui que Pierre Marcelle défini comme le « champion du p't'êt' ben qu'oui - p't'êt' ben qu'non » est juste le seul candidat dont toutes les positions ne sont pas nourries à la seule tambouille idéologique et qui n'a quasiment pas varié d'un iota dans ses convictions (car il en a), ni dans le – juste – diagnostique qu'il a établi de notre société. Il est ici question de considérations coperniciennes, puisque ce n'est pas Bayrou qui a bougé de son axe au regard de la sphère partisane, mais bien cette dernière qui n'a cessé de tourner autour de Bayrou, si ce n'est de louvoyer. On le voit bien en ce moment où PS et UMP, font à nouveau la danse du ventre devant le candidat centriste, après l'avoir, accompagnés de toute la presse, voué aux gémonies, quand il était passé de mode et que ses soutiens furent aspirés par l'astre ministériel. Tandis que l'UMP, n'en fini plus de lancer ses anathèmes sur telle ou telle catégorie pour attirer les électeurs de Marine Le Pen, que le PS n'arrive pas à résoudre le paradoxe lui permettant de se montrer de gauche sans effrayer les marchés ni s'adresser au peuple, que Mélenchon invente la dictature du prolétariat et le FN, le national socialisme depuis qu'il s'est converti à l'interventionnisme après avoir été le chantre du plus parfait libéralisme, Bayrou continue de thésauriser sur son constat visionnaire concernant dette et éjection de l'être du centre du projet sociétal, sans pratiquement bouger de sa ligne.


Je connais les arguments des uns et des autres, et notamment de celui, Mélenchon, qui a fait de l'inflexible béarnais sa cible préférée. Ces arguments – fondés sur les votes suivistes de l'UDF, quand il était un satellite du RPR - relayés par sa garde rapprochée, de Clémentine Autain à mon quasi voisin Alexis Corbière (par ailleurs homme sympathique et vrai politicien de terrain, empathique et généreux), font rire quand on pense que le dit Mélenchon, pourfendeur du système médiatique dont il est pourtant le symbole narcissique - que dire de la web série dont il est le héros, ou de son admiration devant ses photos de presse – est une image caricaturale et fabriquée : homme de nuance et de culture dans le privé, grossier personnage dans le public, pensant séduire ainsi le peuple, alors qu'il est surtout populaire chez les cadres et les professions libérales*. On s'amuse d'autant plus de l'acharnement de ses Frontistes de gauche à rappeler les votes de l'UDF, antérieurs à la création du Modem, pour prouver que François Bayrou est un affreux sous-marin de la droite la plus réactionnaire, que le brave Jean-Luc Mélenchon, ex mitterrandiste en diable, a lui même voté l'essentiel des projets socialistes, au temps de sa splendeur au sein du parti de la rue de Solférino. A qui viendrait-il aujourd'hui à l'idée de lui mettre sur le dos, à la fois les belles heures de la gauche, comme ses plus sombres turpitudes affairistes ?

Mais revenons-en à notre François Bayrou et à ce MoDem, dont je me suis moi-même éloigné ces deux dernières années, mais dont je ne saurai remettre en cause la probité et la détermination. Les deux ont leur importance, parce que, si Bayrou n'a jamais dévié, les militants centristes, eux, se sont toujours donnés au plus offrant, reniant maintes et maintes fois leurs convictions et allant toujours dans le sens du vent, bien que revenant toujours à leur place d'origine tel le culbuto politique. Et là est tout le problème et le drame Bayrouïste. François Bayrou n'est pas un révolutionnaire, n'en déplaise à Jean-François Kahn, mais un homme droit, fidèle, intègre, de grande conviction et fondamentalement libre. C'est rarissime en politique, et, hélas, encore plus au centre. C'est aussi pour ça que, bien que conscient de la nécessité d'être porté par un appareil pour gagner le pouvoir, il n'a jamais été à l'aise au sein de l'UDF, et encore moins du MoDem pourtant fondé autour de sa personne, se désintéressant autant des querelles intestines que des revendications éparses des militants. Il s'agit tant de sa force que de sa faiblesse, et sans doute nombre de Français, pas Pierre Marcelle, le sentent-ils. Il sont près à soutenir l'homme, mais pas son mouvement, pourtant aujourd'hui resserré autour d'un carré de vrais fidèles, bien que l'on y voit à nouveau revenir les girouettes parties à la bonne heure se compromettre dans le giron Sarkozy.

François Bayrou se sent vraiment un destin, ce qui est inhérent à celui qui veut devenir président et manque souvent aux candidats socialistes, justifiant leurs défaites. Il a le handicap d'un sérieux sans faille, qui confond souvent se prendre au sérieux avec faire les choses sérieusement, une image trop flatteuse de sa personne, un manque d'humour endémique qui a fait des ravages dans son premier cercle et auprès des militants, une détestation sincère – à la différence de celle de Mélenchon – pour les médias avec lesquels il a bien du mal à composer, bien que souhaitant se soigner (j'y vois là une certaine qualité) et une rigidité intellectuelle qui peut donner le meilleur comme le pire. Au surplus, le personnage est distant et pas vraiment sympathique, y compris avec ses collaborateurs. Mais là où il semble s'être bonifié, c'est dans une capacité nouvelle à prendre en compte certain de ses défauts, à commencer par cette difficulté à écouter qu'il pensait balancée par sa capacité d'analyse exceptionnelle et une certaine connaissance du « monde réel » l'ayant doté d'une réelle empathie, si rare dans la classe politique. François Bayrou est tout sauf la caricature calculatrice que l'on veut parfois en faire. Sans être aussi gaullien qu'il le souhaiterait, la vraie grandeur lui faisant défaut (moins qu'à ses adversaires, néanmoins), il est tout de même une sorte de chêne, animé d'une vraie flamme au cœur de laquelle se nichent de profondes convictions où il est question d'idéal républicain, d'humanisme, de solidarité, de sens de l'État et de quelques autres valeurs qui font tant défaut à notre société, aussi blasée qu'individualiste, aussi peu généreuse que prompte à manier de pompeux concepts dont elle ignore le sens et l'essence.

Ce n'est peut être pas la panacée, mais à l'heure où la politique se résume à un fainéant storytelling sourcé à la télé réalité, Bayrou n'est sans doute pas le pire candidat et encore moins le légitime motif de tant de moqueries. En tous cas, c'est ainsi que je le perçois, moi qui suis las d'attendre une gauche qui arriverait à concilier une indispensable vision populaire avec le sens des responsabilités, choses qu'elle ne parvient pour le moment pas à envisager, à moins d'un futur sursaut inspiré des récents travaux de Laurent Baumel, François Kalfon, Laurent Bouvet et d'autres*.


Sondage BVA pour Le Parisien du 07/12/2011 *

« Plaidoyer pour une gauche populaire » / Le Bord de l'eau 2011 / 116 p**

 

 

 

 

 

13:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : bayrou, libération, ps, ump, modem, 2012, mélenchon | |  Facebook | | | |

10/12/2011

L'ETRANGE HEURE ETRANGERE DU PS

Comme certain champions qui ne parviennent pas à l'être complétement, Le Parti Socialiste a cela de touchant qu'il semble toujours tétanisé à l'idée de la victoire suprême et s'entortille l'idéal, telle une mouche qui, disposant d'une ère de vol illimitée, vient juste se coller au petit papier qui sera son tombeau. Car enfin, quelle mouche justement, a piqué la gauche de vouloir diligenter soudainement la question du vote des étrangers au Sénat, tout en sachant que l'Assemblée Nationale ne validera pas son initiative et que ce sujet, serpent de mer des périodes électorales, est à la fois loin des priorités du moment et toujours très sensible ?

Il y a dans cet acte existentiel de la première majorité de gauche de la Haute Assemblée une sorte de naïveté confondante, en dépit de sondages qui témoignent de l'indulgence des Français à l'égard de cette mesure.

Outre que ce sujet est clivant, ce qui ne donne pas de très bons signes quant à la volonté du PS de rassembler les Français en cas de victoire en 2012, alors même que le pays n'a jamais été aussi divisé, elle donne raison à tout ceux qui doutent- du sens des responsabilités d'un mouvement qui a tant besoin de s'acheter une crédibilité.

Par ailleurs, l'idée selon laquelle une telle mesure pourrait être favorable à la gauche dans le cadre des futures échéances locales est des plus discutables. D'abord parce que l'analyse des mouvements migratoires et de leur réflexe de vote quand le droit leur en est donné, ne va pas forcément dans ce sens, ensuite parce que s'il est une élection où la gauche tire déjà plutôt bien son épingle du jeu, c'est bien en matière de scrutin local et notamment municipal..

Hormis ce désir farouche de montrer que le Sénat sera désormais une institution revigorée, (mais n'était-il pas, finalement le lieu où la majorité de droite était déjà la moins docile à l'égard du gouvernement), j'ai du mal à comprendre le sens profond de l'exercice. S'il était également question de montrer que la gauche est bien différente de la droite, ou de donner par avance des gages aux troupes de Jean-Luc mélenchon, il me semble que les citoyens attendent aujourd'hui cette démonstration sur un tout autre terrain.

Ensuite, concernant la structure même du texte, il y a quelques points qui tutoient l'absurde et offrent circonvolutions et complexité, là où il ne faudrait que fermeté et clarté. De deux choses l'une. Soit on offre le droit de vote aux étrangers dans le cadre de toutes les élections locales, soit d'aucune. Quel légitimité y-a-t-il à élire un Maire, quand on ne peut s'exprimer concernant un conseiller régional. Il y a là une logique qui m'échappe. Autant je comprends que l'on réserve le droit de vote aux élections nationales aux citoyens de nationalité française, ne serait ce que parce que découle justement de ces élections la question du droit de vote des étrangers et de la constitution. Mais enfin, si on écarte le danger concernant les villes, quelle différence avec les régions ? Aucune en fait, si ce n'est exprimer un goût prononcé pour la tambouille politicienne et la demi mesure, ce qui là encore n'augure pas favorablement de la suite...

Pour conclure, je précise, qu'en soi, je suis favorable à une telle loi, mais définitivement à un autre moment, dans un autre contexte et en d'autres termes...

 

 

 

 

 

16:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ps, vote des étrangers, 2012, constitution, sénat | |  Facebook | | | |

06/12/2011

DU TRAMWAY EN PARTICULIER ET DE LA POLITIQUE EN GENERAL

Un petit billet d'humeur en cette matinée pluvieuse.

On a souvent parlé avec ironie et consternation de la manière dont le brave Napoléon a commencé en 1802 à rétablir les privilèges de noblesse, qui avaient succombés au cours de la fameuse nuit du 4 août 1789. Inspirée par une pensée formulée dans ce bel adage : « C'est avec des hochets que l'on mène les hommes. », cette action fut particulièrement profitable au Maréchaux d'Empire. Pourtant il semblerait que l'Histoire ait depuis quelques années décidé de ce venger et il n'est plus aussi loisible de s'appeler aujourd'hui Soult, Davout et consorts. Enfin, surtout de s'avérer locataire d'un appartement donnant sur les boulevards portant ces noms illustres. L'histoire ayant le sens de l'humour, il est difficile de résister de ne pas rappeler que le bon Napoléon s'appelait pourtant Bon Appart !


De quoi s'agit-il ? Des travaux titanesques du tramway, bien sûr et particulièrement de leur prolongement jusqu'à la Porte de la Chapelle, mais surtout de tous les autres travaux décidés conjointement et de manière sadique dans toutes les rues avoisinantes et de Paris en général, dans la plus grande confusion. En soit, comme nombre de personnes, je suis plutôt favorable au tramway, bien que sans opinion tranchée, mais ce pose pour la énième fois la question de la coordination des travaux dans cette ville chantier qu'est devenue Paris, où l'autochtone fréquentant les quartiers périphériques est définitivement pris pour cible par les politiques d'urbanisme incohérentes, qui sous prétexte de faciliter et d'humaniser la ville la rende invivable et inhumaine. Prenons le quartier de la Porte de Vincennes, où j'habite avec ma petite fille et ma compagne et où nous travaillons tous deux. Nous avons assistés patiemment aux nombreux travaux, sans doute nécessaires, qui furent menés dans les années 2000, sur les différents axes convergents vers cette porte. Une fois ceux-là terminés, ils furent légèrement amendés, entraînant quelques nuisances supplémentaires. Qu'à cela ne tienne. Puis patatras, on décida, bien qu'on le sût avant, de tout recommencer, pour la bonne cause du tramway. Nous étions donc repartis pour un très long tour. Pris en otage entre le bruit quotidien du périphérique et celui des travaux, et parents d'une enfant mal-voyante très sensible au bruit, qui connu des problèmes de sommeil importants, qui se répercutèrent sur nous, nous obtînmes d'être relogés... plus près du Boulevard Soult où se déroulent les travaux du Tramway, donc. Ma compagne, intermittente du spectacle, réalise nombre de missions pour une société, justement située à cette endroit, qui ne peux pratiquement plus travailler du fait des travaux, l'activité de production et de montage nécessitant un certain calme. Passons. Puis furent décidés conjointement dans un rayon de moins de 100 mètres, diverses modifications de conduite de gaz, la construction d'une école maternelle neuve, la réfection complète du boulevard Carnot, situé juste de l'autre côté, lui-même servant de hangar aux délicieux engins de la voirie, dont le grand plaisir consiste chaque nuit à actionner leur petite sirène au bruit puissant de sonnerie de réveil, facilement assimilable au supplice chinois de la goutte d'eau.

 

Enfin, à peine arrivés dans notre nouvel ensemble d'immeubles, nous constatâmes que la RIVP avait décidé, dans le même temps, de réaliser de pharaoniques travaux de mise aux normes de l'ensemble des colonnes d'eau des habitations du boulevard Soult qu'elle gère. Menés sur des mois, ces travaux de gros œuvres rivalisent largement en termes de nuisances pratiques et sonores avec ceux du Tramway réalisés conjointement. A l'heure où j'écris ces lignes dans mon bureau, où je suis censé me concentrer tant sur de la douce musique, que sur du subtil rédactionnel, l'immeuble tremble tout entier de l'intérieur, au bruit de je ne sais quel marteau pilon, et de l'extérieur aux bruits et vibrations du marteau-piqueur. Cela dure bien entendu toute la journée, depuis des mois et pour des mois encore Jusque-là, tout va bien et on imagine que les nuits et week-ends s'avèrent des havres de paix dans ce monde de bruits. Erreur ! Les diverses dérivations de la chaussée liées à l'évolution du Tramway s'effectuent, et on peut bien le comprendre, la nuit, dans un vacarme assez surréaliste. Le Week-end alors ??? Là, je l'avoue, dimanche j'ai craqué, quand, me levant à 6h45 six jours par semaine, et jamais après 8h30 le dimanche pour cause de parentalité, nous fûmes éjectés du lit à 8h pile par un bruit d'arme de destruction massive ! N'envisageant visiblement pas de cesser, le bruit nous poussa, ma compagne et moi à nous habiller en 4ème vitesse et à descendre voir de quoi il en retournait. Nous tombâmes sur une cohorte d'ouvriers hilares face aux récriminations nombreuses qui pleuvaient des fenêtres du boulevard, tout fiers de montrer l'autorisation préfectorale, leur intimant de réaliser, sur 12 semaines, l'élagage de tous les arbres des différents boulevards circulaires, opération ne pouvant se conduire que le dimanche à 8h pétantes !!! Pourquoi ? Pour des raisons de circulation me fut-il répondu. A 10h, tandis que la circulation en ce triste dimanche était toujours aussi clairsemée, comme elle le sera jusqu'en début de soirée, les ouvriers plièrent les gaules, témoignant de l'absurdité de cet arrêté. A peine remis de cet épiphénomène, quelle ne fut pas ma surprise, lundi matin à l'aube, de trouver sur la porte d'entrée de mon immeuble une lettre d'information signalant la suppression de toutes les places de stationnement situées dans la rue de part et d'autre de mon domicile, au coin du boulevard, et ce, jusqu'au mois d'avril, dans ce quartier où il est déjà devenu quasiment impossible de se garer, justement du fait des fameux travaux. En soit, j'aurais pu comprendre... Sauf que toutes ces places, à deux exceptions près, sont des places réservées aux handicapés – dont je suis – dont une partie avaient été créées... le mois précédent ! Et pourquoi avaient-elles été situées à cet endroit et pas ailleurs ? Parce que justement, ces immeubles logent un nombre très élevés de handicapés, dont certains très très lourdement et que ceux-ci ne trouvaient déjà plus à se garer dans ce quartier mutilé ! N'y tenant plus, ce matin, outre d'écrire ce billet un tantinet acide, j'ai appelé la ligne d'information des travaux où, un monsieur très gentil, notons-le, mais pas très bien réveillé, me fit comprendre que, bah, heu, on y avait pas pensé et qu'il allait signaler ce petit détail.....


La morale de cette histoire, n'a rien à voir avec ma petite vie très anecdotique. Elle rappelle juste que l'enfer est pavé de bonnes intentions et que la justesse d'une politique, fut elle de gauche ou de droite, ne tient pas à son orientation idéologique, mais bien à la manière dont elle est coordonnée et dans la considération réelle des citoyens dont elle est censé « faire le bonheur ». Au moment où d'autres chantiers, d'une bien plus grande importance, s'entendent à refonder l'économie européenne et mondiale en situation de profonde vétusté et où s'approche l'échéance de 2012 aux contours flous et sur fond, non pas tant d'abandon de souveraineté que d'abandon de pratiques démocratiques, cette morale serait sans doute bonne à méditer. Il est utile de se souvenir que si Napoléon fut grand général et non moins considérable chef de chantier, il fut piètre gestionnaire et mauvais metteur en œuvre de ses politiques.... Mais le monde tout entier ne tiendra pas sur l'Ile de Saint-Hélène..

 

10:41 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tramway, politique, ps, 2012, urbanisme, napolèon, benjamin jiben sire | |  Facebook | | | |