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17/02/2012

LE PEUPLE ET LA VALSE DES BOUCS EMISSAIRES

Ils avaient prévenu : « l'annonce de la candidature changera tout ». On es venu, on a vu, on est pas déçu.

Pour envoyer, ça envoie !

Au moins maintenant la ligne d'affrontement est claire et ne peut que conforter dans leur jugement tous ceux qui se sont jurés d'écarter définitivement Nicolas Sarkozy du pouvoir à l'occasion de la prochaine élection présidentielle.

Ligne d'affrontement claire disions-nous, orientée autour de deux axes et d'un seul fil rouge.

Ce fil rouge , c'est le « peuple », ou une frange idéalisée et caucasienne de celui-ci, petite sœur de cette « France qui se lève tôt » de 2007. Ce « peuple », en d'autres contours, qui est le sujet d'étranglement favori du PS et nourri notre fameux débat entre tenants d'une approche sociétale (Terra Nova et consorts) et partisans d'une conception sociale (La Gauche Populaire et votre serviteur). Ce « peuple » est le ferment de la victoire de tous les présidents depuis longtemps, tout autant qu'il est le traditionnel dindon de la farce de cette élection présidentielle.

Ces deux axes, s'articulant autour de ce « peuple » fil rouge, se dessinent de plus en plus clairement, avec une absence de nuance d'autant plus saisissante qu'ils représentent l'exact opposé de la démarche entreprise par François Hollande : d'où la clarification de l'affrontement... Ils sont simples : la gouvernance directe et la désignation systématique de boucs émissaires. A partir de l'interview au Figaro Magazine, de la déclaration de candidature et du premier meeting de campagne tenu à hier à Annecy, les évocation successives du recours au referendum et de la volonté de supprimer les « obstacles » entre le dirigeant et ce « peuple » fantasmé ont permis au petit stratège de Neuilly de désigner à la vindicte populaire pèle-même, les chômeurs, les immigrés et ces fameux « corps intermédiaires », « Les syndicats, les partis, les groupes de pression, les experts et les commentateurs (les médias) (…), ce monde qui, (...) parle à la place du peuple. Sans jamais se soucier de ce qu’il pense de ce qu’il décide…») « qui fait écran entre le peuple et le gouvernement ») et donc, jetterait un voile sur l'idéal démocratique. Avec un peu plus d'audace, il aurait pu, à l'image de son ami Berlusconi, (mais sait-t-on jamais cela viendra peut-être) également parler du pouvoir judiciaire, mettant finalement au ban de la démocratie tous les contre-pouvoirs qui en sont pourtant la garantie. Se présentant, avec cet incroyable culot qui est sa marque de fabrique, comme le candidat du « peuple » contre les élites et le « système », dont il est pourtant à la fois le Président et le plus parfait représentant et serviteur, Nicolas Sarkozy entend rejouer une partition qu'il avait déjà ébauchée en 2007, mais en forçant cette fois très nettement le trait, dans une énième dénégation de lui-même et de sa politique, dans une étourdissante pirouette schizophrénique qui laissera pantois les observateurs attentifs tout autant que les victimes de son premier quinquennat.

Cette utilisation jusqu'à l'extrême du précepte « diviser pour mieux régner », mais toujours au nom du « peuple », qui a déjà tellement meurtrie le pays, tant dans ses fondamentaux démocratiques, économiques que psychologiques, conduit Sarkozy à franchir le pas entre son Bonapartisme de 2007 et un néo-boulangisme sans retenue, absolument dévastateur dans le contexte économique, international et social que nous connaissons. Mais qu'on ne s'y trompe pas, cette ficelle, sous prétexte d'évoquer le « peuple », constitue un glissement effrayant vers l'abolition démocratique et républicaine, fondée sur la séparation des pouvoirs et, justement, la souveraineté du « peuple », et non pas sur le rapport directe d'une figure monocratique avec ceux qui seraient ses obligés entre deux consultations plébiscitaires.

En face, François Hollande, le « gentil », le rassembleur, celui qui veut apaiser, panser les plaies, redonner un élan, une vision, une cohérence à la société dans l'idée d'une perspective commune, doit pourtant se méfier. Derrière le fil rouge populaire et les axes de campagne de Sarkozy, il y a aussi une stratégie redoutable consistant à lancer en pâture aux commentaires cette fameuse « carte postale » quotidienne, sujet hameçon de toutes les attentions, qui lui permet de dicter le tempo d'une campagne et d'en régler l'agenda, rendant impossible l'analyse détaillée des programmes de la concurrence. Il y a aussi, en creux le rappel de cette omission, la seule coupable, dans le discours de François Hollande, dans son absence de référence au « peuple », que tous les autres candidats, de Sarkozy, en passant pas Marine le Pen, Jean-Luc Mélenchon et même François Bayrou font mine de découvrir avec ébahissement. En soi, cela pourrait être une stratégie payante, si elle ne concernait pas le Parti Socialiste, le mouvement justement censé, plus que tout autre, représenter ce fameux « peuple » qu'il a égaré dans les labyrinthes de la pensée mitterrandienne.

Comme prévu, les choses ont véritablement commencé avec l'entrée en campagne de Nicolas Sarkozy. Tout le reste n'était que gentil hors-d'œuvre et il faut désormais impérativement aller vers une confrontation projet contre projet, cohérence de l'ensemble hollandais, contre superficialité démagogique de la tornade sarkozyste, pour entrevoir une issue favorable au lendemain de ce 6 mai 2012, qui constitue le seul referendum qui vaille.

 

 

 

13/02/2012

QUELQUES MAUX DE GREC

La Grèce. J'ai grandi dans le rêve antique de cette nation, voulant suivre les traces de mon frère helléniste, mais m'avérant trop dilettante pour comprendre de concert la subtilité de la mythologie et les pièges de la langue. La Grèce, à nouveau tragique, mais dépourvue de héros. La Grèce passant de terre de demi-dieux à terre de demi-hommes, simples variables d'ajustement d'un drame économique et idéologique sans panache ni logique.


Philippe Cohen l'écrit justement sur le site Marianne 2 ce jour : « ...l'aveuglement et l'indifférence au réel est l'une des caractéristiques les plus remarquables de l'idéologie. » Sans être grand clerc ou économiste, il est évident que le nouveau plan d'austérité voté cette nuit par le parlement Athénien n'aura pas les effets escomptés et, retardant de peu le cataclysme, ne fera que redoubler sa violence. A qui peut-on raisonnablement expliquer qu'une nouvelle baisse du salaire minimum de 22%, dans un pays dont les prix ne cessent d'augmenter, aura le moindre impact positif sur la dette, la croissance, la compétitivité et la consommation ? Par quelle aveuglement peut on envisager une hausse des recettes fiscales par l'augmentation de la TVA, quand le peuple commence à ne plus être en mesure d'acheter les produits de première nécessité ? Je ne sais pas, je ne comprends pas, j'aimerais tant qu'on m'explique, j'en ai besoin. Quel candidat à la présidentielle française de 2012 sera en mesure de m'éclairer, sans lui-même tomber dans le piège des idéologies et des extrêmes rappelé plus haut ?


Dans notre société à la fois mondialisée et éclatée en autant d'antagonismes qu'il y a de catégories, je lis çà et là les commentaires acerbes de consciences supérieures rappelant combien le peuple Grec mérite son sort à force d'entourloupes, de fraudes, de cupidité, de soif consumériste et j'en passe. Peut-être... Qu'importe aujourd'hui. Faut-il aussi rappeler que dans ce drame le péché originel est d'abord politique, et de la responsabilité de ceux-là même qui, de Bruxelles aujourd'hui, pressurisent le peuple Grec. Car enfin, comment pouvait-on, sur la base des critères établis, et en toute connaissance de cause, accepter d'intégrer ce pays dans la zone euro ? C'était par avance le pousser à la faute et lui faire miroiter un modèle qu'il ne pouvait épouser sans prendre quelques libertés avec l'orthodoxie exigée. Mais là encore, qu'importe aujourd'hui...

 

Le problème s'est déplacé, et le réel n'impose plus de déterminer les responsabilités de la maladie, mais de la soigner. Or, les préconisations actuelles consistent à fustiger un malade du SIDA au prétexte qu'il aurait eu des rapports sexuels non protégés, et, en guise de cure, simplement le priver de sexualité tout en lui cachant l'existence des multithérapies. Est-ce la solution ?


(Désolé, j'ai rien à dire sur Whitney Houston...)

 

 

 

 

10:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : grèce, troika, 2012, économie, bruxelles, europe, misère, wuyilu | |  Facebook | | | |

08/02/2012

VALEUR DES CIVILISATIONS, ALIMENTATION ET SAPONIFICATION

civilisations,romain gary,culture,claude guéant,racisme,bêtise,wuyiluAh, cette question de « valeur de civilisation » !!! A chaque époque où l'identité se trouble, la voilà qui revient sur le tapis. Qu'importe son ignorance de l'histoire de l'humanité, des apports et régressions successifs de chacune de ces fameuses civilisations. En dépit de sa propension à justifier les ségrégations passées, présentes et futures, elle prête à rire... Et puisque cette notion est souvent traitée de concert avec celle de culture, rions un peu justement. Et dans ce cas, rien de mieux qu'un peu d'humour juif pour fermer le ban. La conclusion revient à Romain Gary et sa « Danse de Genghis Cohn » :

« La différence entre les Allemands héritiers d'une immense culture et les Simbas incultes, c'est que les Simbas mangeaient leurs victimes, tandis que les Allemands les transformaient en savon. Ce besoin de propreté, c'est la culture. »

Bye Bye Guéant

 

09:28 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : civilisations, romain gary, culture, claude guéant, racisme, bêtise, wuyilu | |  Facebook | | | |