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03/05/2012

DEFINITION DU BOURMISME

Notice avant de lire l'article situé sous celui-là. Pour mieux comprendre le Bourmisme, philosophie inspirée des récents travaux de Sylvain Bourmeau, Directeur adjoint de la rédaction de Libération, quelques éléments de définition.

Bourmisme = philosophie indo-germanopratine permettant de jeter des anathèmes godwinesques avec le petit doigt - dit effet one touche, one finger - tout en continuant de se palucher délicatement sur le dernier roman de Philippe Djian, dissimulé dans la couverture de "L'ontologie politique de Martin Heidegger" de Pierre Bourdieu)


A lire, aussi et surtout, l'excellent papier de Coralie Delaume, sur le blog L'Arène Nue : (Les lepénistes de gauche sont parmi nous : Sylvain Bourmeau les a vus )

13:49 Publié dans Livre, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : bourmeau, sylvain bourmeau | |  Facebook | | | |

02/05/2012

BOURMEAU : QUAND L'INSULTE SE SUBSTITUE AU DEBAT

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« Débat » n,m : Examen d'une question entraînant une discussion animée, parfois dirigée, entre personnes pouvant être d'avis différents. (Larousse)

Le rappel de cette définition du dictionnaire s'impose en ce 2 mai, à la fois jour J du débat entre les deux prétendants à la présidence de la République, et point culminant d'une drôle de polémique à gauche, née de l'analyse du vote en faveur de Marine Le Pen lors du premier tour.

L'objet du délit est l'emploi que nous faisons, au sein de la « gauche populaire », du terme « insécurité culturelle », introduit par le géographe Christophe Guilluy (1) et depuis repris par nombre de personnalités de gauche à commencer par Ségolène Royal.

Comme l'explique Laurent Bouvet dans Marianne (2), ce phénomène, est : « … le fait pour des gens de se sentir menacés de manière diffuse. (Ils) sont dans un contexte où ils ne croisent pas forcément des  étrangers ou des supposés étrangers tous les jours. Ce peut être des représentations à la télévision. Ces citoyens ne craignent pas seulement la délocalisation, le fait de perdre leur emploi, leur pouvoir d’achat etc. Ils voient aussi une dégradation, de leur statut, de leur mode de vie général et ils l’attribuent aux autres. En ce sens, c’est une insécurité qui est liée à l’insécurité économique et sociale...  ». Cette définition s'inscrit autant dans le cadre de l'analyse que dans la volonté de « réinscrire (la gauche) dans une perspective populaire, sans tomber dans le populisme » (3) et de « ramener dans le giron de la gauche un électorat populaire trop facilement abandonné au Front National, quand il n’est pas tout simplement condamné à l’abstention » (4).

 

Cette définition se démarque, à la fois de la vision majoritaire au Parti Socialiste depuis la fin des années 80, mais plus encore des thèses de la Fondation Terra Nova » qui préconise de s'orienter vers le soutien à une sorte de « peuple de substitution », « Les nouvelles classes populaires (5) », dans une approche sociétale, plus que sociale, une défense des minorités et des intérêts sectoriels plus que du peuple et de l'intérêt commun.

Ce débat complexe est évidemment au cœur des enjeux du second tour, comme il le sera – peut-être encore davantage – lors des élections législatives et du quinquennat qui s'avance, particulièrement si François Hollande devient Président de la République. Bref.

Il se trouve que de nombreuses voix se sont élevées à gauche contre le simple énoncé de cette notion « d'insécurité culturelle ». C'est tout naturel et la confrontation, largement couverte par la presse, permet à chacun d'avancer et de faire évoluer ses positions pour le bien de tous. Enfin, supposons-le. Jusque-là, tout va bien. Sauf qu'un personnage est venu gâcher la discussion selon des procédés qui font froid dans le dos et rappellent que la gauche n'a pas toujours été à la pointe de l'ouverture, de la tolérance et du respect des règles démocratiques. Il s'agit de Sylvain Bourmeau, nouveau directeur-adjoint de la rédaction du Journal Libération, l'un des rares organes de presse à n'avoir par ailleurs pas fait écho de l'existence de ce débat. Sylvain Bourmeau, que l'on présente comme bourdieusien, s'est immédiatement lancé, sans entrer dans le détail du propos, dans une surenchère godwinesque et des anathèmes sans argument, nous considérant comme plus dangereux encore que Marine le Pen et se répandant sur la toile avec une verve de commissaire politique désignant à la vindicte « les déviationnistes » devant être éliminés. Dans le relai de ses oukases, des personnages comme Marcel Déat furent évoqués, parfois avec humour, d'autres fois sérieusement et plusieurs d'entre-nous en sont encore groggys.

Derrière une dérisoire lutte de chapelles qui pourrait être anecdotique, il y là en fait un véritable enjeu, portant à la fois sur l'idée que l'on se fait de la démocratie ainsi que sur le niveau de maturité d'une certaine gauche et sa capacité à entrevoir le pouvoir sans aiguiser les couteaux ni répandre les anathèmes. Sylvain Bourmeau se veut « progressiste » mais pratique ici l'insulte et la diffamation pures, sans accepter pour autant d'accueillir le débat dans ses colonnes, ni de le nourrir autrement que par des sentences rédhibitoires et sans rapport avec le parcours et le discours des personnes incriminées. Depuis 30 ans, une part conséquente de la gauche s'est à un tel point détournée du « peuple » pour se réfugier sans une tour d'ivoire élitiste et vaguement compassionnel, qu'elle refuse catégoriquement d'assumer sa responsabilité dans la montée, tant des extrêmes que de l'abstention. D'ailleurs, quelques heures avant le verdict du scrutin, Sylvain Bourmeau lui-même se réjouissait du taux de participation, annonçant qu'il serait nettement en faveur de la gauche, ne voyant rien venir (6). Cette erreur de diagnostic, propre à ceux qui ignorent que les « classes populaires » ne votent plus majoritairement à gauche, en dit long sur les œillères sociologiques de certains et sur l'état d'esprit de nombre de citoyens. Un commentateur intervenu sur le blog de l'un de nos contradicteurs faisait justement remarquer : « Il me semble que tu soupçonnes fort les manieurs de ces expressions d'avaliser ce qu'elles décrivent quand ils dénoncent l'aveuglement de ceux qui ne veulent pas les voir. » On ne saurait mieux résumer...

Pour remarquer un phénomène et le nommer, nous serions, bien que parfois enfants de l'immigration, devenus d'ignobles crypto-fascistes, xénophobes et racistes, à mettre au ban de la sphère politique. Sans doute faudra-t-il que nous accompagnent dans cette déchéance des personnalités telles que Ségolène Royal, Najat Vallaud Belkacem, Manuel Valls, Jacques Julliard voire Arnaud Montebourg et même François Hollande qui ont livré des d'analyses nous confortant totalement, pour les uns, partiellement, pour les autres, dans nos observations. Ils sont sans doute l'avant garde d'une horde noire qui va déferler sur le pays et dont le journal Marianne est en partie la voix, lui qui n'a eu de cesse de dénoncer l'excès de bienpensance laxiste et parisianniste du PS et s'est largement ouvert au débat. Tout cela fait penser à l'analyse surréaliste de Richard Prasquier, le Président du CRIF qui annonce Jean-Luc Mélenchon (pour lequel j'ai pourtant peu d'indulgence) comme plus dangereux que Marine Le Pen.

Les insultes de Sylvain Bourmeau, conjuguées à son refus de débattre dans une véritable confrontation d'idées, augurent mal de l'heure où Libération sera devenu l'organe journalistique le plus proche du gouvernement. Je dis cela avec d'autant plus de surprise que j'ai un certain respect pour son directeur, Nicolas Demorand, et que je suis un lecteur assidu de ce monument de la presse. Nous sommes là assez loin de l'approche fédératrice et de la volonté d'apaisement prônée par François Hollande qui clamait il y a peu, considérant le « peuple » dans son ensemble, que la République ne laisserait « de côté aucun de ses enfants ». En affichant, dans la continuité de la Fondation Terra Nova (par ailleurs de plus en plus contestée jusque dans l'équipe de François Hollande, notamment par sa plume Aquilino Morelle ), un tel mépris de classe et de caste, Bourmeau, le « bourdieusien », qui multiplie les chroniques et auditoires comme d'autres les pains, reçoit comme un boomerang son attachement à Bourdieu et plante sa tente totalitaire au centre du « champ journalistique ».*

J'écris sans doute cela contaminé par le fait d'habiter un quartier populaire, dans un immeuble populaire, en bord de périphérique et pour n'avoir pas comme seule idée de ce peuple les ONG dont j'ai connaissance, aussi respectable et salutaire soit leur travail : vous m'en excuserez. J'ai lutté toute ma vie contre les discriminations et le communautarisme, contre l'intolérance et l'obscurantisme, tout autant que contre les beaux esprits nostalgiques des révolutions sanglantes où fleurissent les bourreaux bien intentionnés. Cela continuera.

 * Bourdieu: 'Le sociologue rompt le cercle enchanté en essayant de faire savoir ce que l'univers du savoir ne veut pas savoir, notamment sur lui-même.'
Méditations pascaliennes 1997 - (Thx Amadou).

Et abusez quand même pas du fascisme, hein, votez Hollande dimanche (-;


  • 1 : Christophe Guilluy : « Fractures françaises », François Bourin 2010

  • 2 : Interview à Marianne – 26 avril 2012

  • 3 : Laurent Bouvent : « Le sens du peuple », Gallimard 2012

  • 4 : Coralie Delaume : article "Gauche populaire » : késako ?" dans Causeur.fr - 02 février 2012
  • 5 : Olivier Ferrand – Terra Nova : http://www.tnova.fr/note/les-nouvelles-classes-populaires

  • 6 : Libé Labo : Sylvain Bourmeau 22 avril 2012

 

 

29/04/2012

DESABUS DE POUVOIR

Dans une semaine nous choisirons un nouveau Président de la République. Bonne idée. Les jeux concours sont à la mode et la nouvelle saison de Koh Lantah touche à sa fin. Depuis des semaines chacun aura d'une égale humeur joué de la zapette entre « The Voice » et « Mots croisés », à l'heure où, plus que l'économie c'est le concept global de compétition qui est mondialisé. Cause ou conséquence du triomphe de l'individualisme, le sens s'est tout entier déporté sur le résultat des courses, davantage que sur la matière qui les fonde. La petite lucarne s'est invitée en politique sous de Gaulle, mais ce n'est qu'à l'occasion de l'élection de 2007 que la chose publique c'est totalement abandonnée aux « enfants de la télé ». Il y eu ces premiers pas de l'image, puis le temps des conseillers de l'ombre pour la modeler, enfin l'époque des conseillers dans la lumière, jusqu'à ce que les hommes politiques deviennent eux-mêmes maîtres en communication, acteurs et animateurs de cette télé réalité, qui, outre de n'être qu'irréelle, a poussé toute velléité intellectuelle en dehors d'un champ numérique qui s'est substitué à la véritable agora citoyenne.

Dans une semaine, Nicolas Sarkozy sera peut-être renvoyé dans ces pages faits-divers, où abondent les récits des déboires d'anciens candidats du « loft », de « secret story » ou de « la ferme des célébrités ». Bien au delà de sa provenance idéologique (en a-t-il d'ailleurs vraiment une ?), il aura incarné à lui seul tous les travers de cette période, née au mitan des années 80 et dont on ne parvient pas à savoir dans quelle déflagration elle s'achèvera. Au croisement du « jeu » et du « je », de l'abolition du surmoi, du narcissisme de concours, de l'affairisme le moins scrupuleux, de l'ivresse hyperthymique et par dessus tout du cynisme absolu, Nicolas Sarkozy est à la fois le reflet et la figure d'une société qui, après l'avoir fécondé, le rejette aujourd'hui par dégoût d'elle-même. Après cela, comment pourrait-il en être autrement que de voir triompher un homme qui se défini comme « normal » ? Mais cela ne résout rien. Cette vomissure cynique d'un temps porté sur la jouissance immédiate et indécente, sur la méprisante consommation distinctive et sociale, a engendré bien d'autres enfants qui ne seront pas emportés par la vague.

Le monde entier, et l'Europe en tête, traversent une crise économique, morale et identitaire sans précédent et nous en sommes encore à départager l'insanité comportementales des DSK ou autre Copé, à écrire le bréviaire de la corruption de ce régime et des précédents, offrant le peuple en pâture à ceux qui ont l'angoisse et la vengeance pour fond de commerce et ne craignent aucun chaos. Ce n'est même pas que les eaux usées de la campagne, de crapuleuses polémiques en vaines apostrophes, convergent vers le caniveau, c'est l'ensemble de la campagne qui barbote avec délectation dans cette fange. En ces heures où le malaise l'emporte sur l'exaltation du scrutin, on parle à tort et à travers des « heures les plus sombres de notre histoire » : mais les vraies, celles que l'on désigne ainsi, eurent au moins le mérite d'être précédées de celles que l'on appela « les années folles » et qui pour être porteuses de débauche et riches de milieux interlopes, n'en furent pas moins empreintes de cette jouissance unique propre à la conscience de l'éphémère que l'on retrouve seulement aujourd'hui dans d'autres sociétés et cultures, mais aussi dans l'esprit de la jeunesse perdue de l'enclave hédoniste de Tel Aviv.

Ici, rien que la débauche et une chape de tristesse et de peur qui empêche les peuples de se révolter, reportant leurs espoirs sur « l'homme normal », comme un retour à la réalité sans joie au lendemain d'une mauvaise cuite, comme l'expression ultime d'un « désabus de pouvoir ».