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11/10/2012

AFP : L'AGENCE TRANCE GRESSE

Dans la même semaine l'AFP s'offre un joli cumul de mandales qui se perdent, se roulant dans la glue de la lexicologie identitaire, avec l'air de pas y toucher, dans son inimitable style de procès verbal de flic anémique. Ainsi, au gré de plusieurs dépêches :

l-usurpation-d-identite-progresse-sensiblement-en-france-photo-afp.jpg

1°) Elle nous apprend, que les Français de confession ou de familles juives, sont « hébergés » par la République Française...

2°) Reprenant (en partie de travers) une étude de l'INSEE sur les immigrés en France et leur descendance, au regard de l'école et de l'emploi, elle jongle joyeusement avec l'expression « Français de souche », usité à la fois par la gauche et la droite identitaire. Elle scinde ainsi à la louche la citoyenneté à partir d'un concept qui n'a pas le moindre sens et que l'INSEE se garde bien entendu d'employer. A la suite de Libération, déjà coupable du forfait, va-t'on désormais hiérarchiser la nationalité sur des critères de botaniques et de dendrologie ?

Sans doute contaminée par ces enthousiasmes sémantiques, la branche francilienne de l'INSEE elle-même, dans la partie du même rapport consacrée à sa région, nous assimile gentiment les personnes originaires d'Outre-Mer à des immigrés, lançant un nouvel uppercut à la face d'une citoyenneté décidément mal en point. Ouch !

A la prochaine, hein....


A lire :

 

Commentaires

C'est vrai que l'AFP a fait fort sur un sujet sensible.

Pour les Juifs "hébergés" et les "Français de souche" (sans guillemets dans le texte), ça réveille de mauvais souvenirs.

Par contre pour les personnes originaires des DOM, un commentateur apporte des explications méthodologiques sur le blog de Laurent de Boissieu :


TeO s'intéresse à toutes les populations vivant en France métropolitaine, à leurs conditions de vie actuelles et à leurs parcours. L'enquête porte cependant un intérêt particulier aux populations qui peuvent rencontrer des obstacles dans leurs trajectoires du fait de leur origine ou de leur apparence physique (immigrés, descendants d'immigrés, personnes originaires des DOM et leurs descendants).

lien:http://www.ined.fr/fichier/t_telechargement/41680/telechargement

Écrit par : Dianae | 12/10/2012

Pour l'étude de l'INSEE, voir justement le papier de Laurent de Boissieu... Oui, nous connaissons cet technique statistique utilisée par l'INSEE. Mais justement, à la base l'étude porte sur l'immigration. Si on considérait l'apparence physiques, pourquoi ne pas prendre en compte aussi certains handicaps ou je ne sais quoi... Toute forme de différence physique et condition pouvant créer de la discrimination... ce qui ferait un paquet de monde.... Au final, c'est l'étude qui discrimine au regard de la nationalité des ultramarins. La réalité (confirmée par des statisticiens) est que c'est une manière de faire dans la stat ethnique sans le dire, puisque c'est interdit. A partir de là, pourquoi ne pas dire, "on fait une étude pour mesurer les discriminations entre noirs et blancs, puisque c'est partiellement le but. Et personne ne relève que l'étude (qu'il faut lire) révèle que les plus en difficultés au regard du système scolaire, sont les enfant originaires de TUrquie. C'est moins sexy de dire ça dans la presse ? Moins vendeur ? Moins polémique ?

Écrit par : Wuyilu | 12/10/2012

"La réalité (confirmée par des statisticiens) est que c'est une manière de faire dans la stat ethnique sans le dire, puisque c'est interdit. "

Justement, cela souligne probablement les limites de l'approche hypocritement non ethniciste de la statistique publique. Ne serait-il in fine pas plus clair et préférable pour le débat public d'avoir des stats libres sur le sujet afin de mettre fin aux fantasmes et de pouvoir les contre-carrer avec des arguments tangibles ?

Sur le principe je comprends les arguments contre ce genre de statistiques, qui peuvent ouvrir la boîte de Pandore, mais on a la preuve là que ce qui n'est pas dit ouvertement poursuit inexorablement son chemin de manière souterraine.

Et oui, dans l'absolu si on doit parler de discrimination, il faudrait parler de toutes les discriminations. Sauf que là on parle de celles liées à l'origine.


Et qui se soucie effectivement des enfants originaires de Turquie ? Ils sont minoritaires en France, donc pas une clientèle électorale potentielle.

Écrit par : Dianae | 12/10/2012

Cette question de la stats de l'hypocrisie et tout est un vaste débat effectivement difficile à trancher. Maintenant l'étude porte, dans son intitulé sur l'origine nationale et non ethnique, officiellement... (-;

Quant à la Turquie... de toute façon, on pouvait picorer où l'on voulait dans le dossier de presse et je doute que les journalistes se soient tous donnés la peine de la lire en entier (-;

Écrit par : Wuyilu | 12/10/2012

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