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28/07/2012

SEGOLENE ROYAL ET LE POINT MISTER BEAN

wos11091300038.jpgAu moins, durant la dernière présidentielle, François Bayrou aura servi à exhumer la bonne vieille expression d'Audiard : « le déconomètre fonctionne à plein tube ». On peut avouer que cet outil de mesure n'a pas fini de servir, en addition au portenawakomètre, également utile quand la situation impose de jauger les plus complexes absurdités de la surenchère diversitaire à laquelle se livre la gauche identitaire, image reflet d'une redoutable droite du même nom. En dépit de dénégations qui ne tiennent pas forcément la route, et c'est normal quand il est question de dérapage, c'est hélas Ségolène Royal qui a cette semaine décroché la palme de la plus gluante stupidité en décochant à l'encontre de Najat Vallaud-Belkacem, son ancienne et fidèle porte-parole ; "Elle s'appellerait Claudine Dupont, elle ne serait peut-être pas là ".

IDENTITE, IDENTITE, EST-CE QUE J'AI UNE GUEULE D'IDENTITE ?

C'est assez intense. Un aller-retour, main à plat, giflant Najat Vallaud-Belkacem dans sa première phase, avant de décapiter les innocentes Claudine Dupont qui, dans notre France n'auraient pas accès aux sphères du pouvoir. Ah bon ? Répondrait la sémillante Roselyne Bachelot. Najat ne serait donc, vue du Poitou, qu'une caution diversitaire et paritaire à un Gouvernement de posture, disloqué en un puzzle identitaire à l'opposé de l'unicité républicaine ? Et Ségolène, décidément encore en pleine crise d'urticaire falornique, de préciser que Najat Vallaud-Belkacem « doit assumer son identité et en être fière ». Son identité ??? Quelle identité ? Est-ce à dire que son identité tout entière, sa personnification intrinsèque, s'incarnerait dans ses seules origines et non dans son parcours exemplaire au sein de la matrice républicaine ? Que son acharnement éminemment méritoire à représenter la France et son gouvernement ne compterait pour rien, qu'elle ne serait qu'un alibi bigarré pour caresser la conscience d'une gauche gênée aux entournures de son clientélisme communautariste ? Éclairage stupéfiant, aveu consternant, à l'heure où seul doit compter le rassemblement de tous les Français autour d'un dessein commun.

Fierté de l'identité ? Outre qu'il est difficile d'être fier d'une chose pour laquelle on a pas eu à œuvrer, que dirait-t-on si on prétendait à la fois que les Bretons devraient être représentés au seul prétexte de leur lieu de naissance, qu'il leur incomberait avant tout d'assumer leur « bretonnitude » et qu'en définitive, leur seul utilité consisterait à faire flotter un air océanique sur les palais de la République ? Qui irait affirmer que Jean-Yves le Drian est « le Breton de service » et non un expert en matière de défense ?

Comment Ségolène Royal, nous ayant habitué aux propos hautement républicains et ayant dénoncé durant toute la campagne de 2007 les procès en incompétence qui lui furent intentés au prétexte de cette féminité dont elle a pourtant toujours su faire une arme, peut oser se laisser glisser sur cette pente dangereuse qui réconforte la droite la plus extrême ? C'est absurde et pourtant tellement révélateur des points marqués depuis peu par la « gauche identitaire », à moins que, comme le prétend, l'élue du Poitou, ses propos n'aient jamais été prononcés. On doute pourtant très fort que le journaliste du Point, Saïd Mahrane, ait inventé de toutes pièces de telles phrases, qu'il maintient avec insistance. Si c'est le cas, honte à lui.

SEGOLENE AU CHEVET DES « EXCLUS »

Quant à la suite des propos de Ségolène Royal, : « J'ai toujours voulu des ouvriers, des exclus, des jeunes issus de la diversité autour de moi", ils laissent tout aussi dubitatif et sur un point, carrément pantois. Ainsi donc, la « Madone du Poitou » et des quotas, s'empêtrant, au détriment de la quête de compétence, dans le mépris de classe exprimé dans certaines œuvres de charité chrétienne, condescendrait à donner l'aumône du pouvoir à ces pauvres hères, ces étranges spécimens que seraient les ouvriers, les exclus, les jeunes issus de la diversité... Oh Wait, wait ! Les quoi ? Les « exclus » ? Qui sont donc ces gens qui devraient aussi «assumer leur identité, en être fiers » et seraient censés, telle une armée reconnaissante, entourer la messianique Ségolène, à la manière des apôtres entourant Jésus dans la Cène ? De qui se moque-t-on ? A quelle époque la tranchante Ségolène s'est-elle entourée « d'exclus » pour former ses divers cabinets et en faire des « inclus » ? Sur ce point, la curiosité mérite d'être satisfaite, à moins qu'elle parle d'elle-même au lendemain des élections législatives ?! Après le point Godwin, le point Mister Bean.

Et puisque nous évoquons ici la Grande Bretagne...

Que faisait donc Ségolène Royal, hier soir, tandis que l'Angleterre, pourtant monarchique et berceau du communautarisme, célébrait dans une féérie pyrotechnique, le rassemblement de la nation tout entière par delà des communautés, pourtant toutes représentées, autour des valeurs de l'identité britannique ? Le monde à l'envers.

Voir aussi le paipier de Coralie Delaume dans l'Arène Nue

Commentaires

T'as décidément pas compris le concept de "diversitude", mec ;-) !

Écrit par : Dianae | 28/07/2012

Je sais, j'ai pas l'aptitude (ah zut, ça c'est un vrai mot !) ((-:

Écrit par : Wuyilu | 28/07/2012

Les commentaires sont fermés.