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13/02/2012

QUELQUES MAUX DE GREC

La Grèce. J'ai grandi dans le rêve antique de cette nation, voulant suivre les traces de mon frère helléniste, mais m'avérant trop dilettante pour comprendre de concert la subtilité de la mythologie et les pièges de la langue. La Grèce, à nouveau tragique, mais dépourvue de héros. La Grèce passant de terre de demi-dieux à terre de demi-hommes, simples variables d'ajustement d'un drame économique et idéologique sans panache ni logique.


Philippe Cohen l'écrit justement sur le site Marianne 2 ce jour : « ...l'aveuglement et l'indifférence au réel est l'une des caractéristiques les plus remarquables de l'idéologie. » Sans être grand clerc ou économiste, il est évident que le nouveau plan d'austérité voté cette nuit par le parlement Athénien n'aura pas les effets escomptés et, retardant de peu le cataclysme, ne fera que redoubler sa violence. A qui peut-on raisonnablement expliquer qu'une nouvelle baisse du salaire minimum de 22%, dans un pays dont les prix ne cessent d'augmenter, aura le moindre impact positif sur la dette, la croissance, la compétitivité et la consommation ? Par quelle aveuglement peut on envisager une hausse des recettes fiscales par l'augmentation de la TVA, quand le peuple commence à ne plus être en mesure d'acheter les produits de première nécessité ? Je ne sais pas, je ne comprends pas, j'aimerais tant qu'on m'explique, j'en ai besoin. Quel candidat à la présidentielle française de 2012 sera en mesure de m'éclairer, sans lui-même tomber dans le piège des idéologies et des extrêmes rappelé plus haut ?


Dans notre société à la fois mondialisée et éclatée en autant d'antagonismes qu'il y a de catégories, je lis çà et là les commentaires acerbes de consciences supérieures rappelant combien le peuple Grec mérite son sort à force d'entourloupes, de fraudes, de cupidité, de soif consumériste et j'en passe. Peut-être... Qu'importe aujourd'hui. Faut-il aussi rappeler que dans ce drame le péché originel est d'abord politique, et de la responsabilité de ceux-là même qui, de Bruxelles aujourd'hui, pressurisent le peuple Grec. Car enfin, comment pouvait-on, sur la base des critères établis, et en toute connaissance de cause, accepter d'intégrer ce pays dans la zone euro ? C'était par avance le pousser à la faute et lui faire miroiter un modèle qu'il ne pouvait épouser sans prendre quelques libertés avec l'orthodoxie exigée. Mais là encore, qu'importe aujourd'hui...

 

Le problème s'est déplacé, et le réel n'impose plus de déterminer les responsabilités de la maladie, mais de la soigner. Or, les préconisations actuelles consistent à fustiger un malade du SIDA au prétexte qu'il aurait eu des rapports sexuels non protégés, et, en guise de cure, simplement le priver de sexualité tout en lui cachant l'existence des multithérapies. Est-ce la solution ?


(Désolé, j'ai rien à dire sur Whitney Houston...)

 

 

 

 

10:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : grèce, troika, 2012, économie, bruxelles, europe, misère, wuyilu | |  Facebook | | | |

Commentaires

Rebondissant sur la réflexion de Philippe Cohen qui écrit sur le site Marianne 2 ce jour : « ...l'aveuglement et l'indifférence au réel est l'une des caractéristiques les plus remarquables de l'idéologie. » Ceci est vrai avant tout pour la Grèce.
Mais ici, Philippe Cohen défend la Grèce contre les mesures d’austérité qu’on fait subir à ce pays.
Hors cette phrase de s’appliquer parfaitement à la Grèce, mais pas dans le sens où il l’assène.
Car ce serait une caricature de croire que la finance internationale et les puissances européennes mettent la Grèce au pilori par pure sadisme et que ce pays d’une dizaine de millions d’habitants serait en quelque sorte le martyr de l’Europe.
En Grèce, le pouvoir politique est à la main de 2 familles : les Papandreaou (troisième premier ministre de la famille) et les Caramanlis (premier ministre pendant quatorze ans au total, et président de la République de 1980 à 1995).
La Grèce vit dans le déni démocratique au cœur même de ses institutions, un système politique clientéliste qui se contentait jusqu’ici de distribuer de l’argent et des privilèges à ses électeurs. Ce clientélisme rendait l’État incapable de jouer son rôle régulateur, en fermait les yeux sur la corruption et la fraude fiscale.
Les Grecs ont vécu dans le déni d’une réalité économique à laquelle ils crurent échapper très longtemps. La crise, ils l’ont vu chez les autres, ils l’ont observé à l’intérieur des rouages de leur propre économie et pendant plus de vingt ans, s'en sont accommodés, n’en subissant aucune conséquences sur leur niveau de vie.
En vingt ans, en dépit des avertissements, ils ont vu que l'Europe venait constamment à leur secours. D'autre part, le système politique bipartite clientéliste assurait une indéniable stabilité, ce qui était inédit et rassurant pour une société traumatisée par le souvenir de la guerre civile et des dictatures.
Le seul reproche que l’on puisse faire aux dirigeants européens, et qu’ils ont été incapables de se faire une image de ce pays : Ils ont réduit leur approche à deux clichés tout aussi caricaturaux : celui du pays "mère de toutes les Europe", à admirer et à soutenir envers et contre tout, et du pays balkanique et oriental dont le seul talent des sympathiques habitants serait la fraude fiscale.
Les agences de notations ne sont ni de droite, ni de gauche. Elles aiment la stabilité et une certaine forme de bonne gestion.
Ce qui se passe en Grèce était d’une certaine forme prévisible, lorsque leurs dirigeants allaient jusqu’à mentir et trafiquer leurs comptes juste devant les instances européennes.

Écrit par : bozzonne | 13/02/2012

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