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06/12/2011

DU TRAMWAY EN PARTICULIER ET DE LA POLITIQUE EN GENERAL

Un petit billet d'humeur en cette matinée pluvieuse.

On a souvent parlé avec ironie et consternation de la manière dont le brave Napoléon a commencé en 1802 à rétablir les privilèges de noblesse, qui avaient succombés au cours de la fameuse nuit du 4 août 1789. Inspirée par une pensée formulée dans ce bel adage : « C'est avec des hochets que l'on mène les hommes. », cette action fut particulièrement profitable au Maréchaux d'Empire. Pourtant il semblerait que l'Histoire ait depuis quelques années décidé de ce venger et il n'est plus aussi loisible de s'appeler aujourd'hui Soult, Davout et consorts. Enfin, surtout de s'avérer locataire d'un appartement donnant sur les boulevards portant ces noms illustres. L'histoire ayant le sens de l'humour, il est difficile de résister de ne pas rappeler que le bon Napoléon s'appelait pourtant Bon Appart !


De quoi s'agit-il ? Des travaux titanesques du tramway, bien sûr et particulièrement de leur prolongement jusqu'à la Porte de la Chapelle, mais surtout de tous les autres travaux décidés conjointement et de manière sadique dans toutes les rues avoisinantes et de Paris en général, dans la plus grande confusion. En soit, comme nombre de personnes, je suis plutôt favorable au tramway, bien que sans opinion tranchée, mais ce pose pour la énième fois la question de la coordination des travaux dans cette ville chantier qu'est devenue Paris, où l'autochtone fréquentant les quartiers périphériques est définitivement pris pour cible par les politiques d'urbanisme incohérentes, qui sous prétexte de faciliter et d'humaniser la ville la rende invivable et inhumaine. Prenons le quartier de la Porte de Vincennes, où j'habite avec ma petite fille et ma compagne et où nous travaillons tous deux. Nous avons assistés patiemment aux nombreux travaux, sans doute nécessaires, qui furent menés dans les années 2000, sur les différents axes convergents vers cette porte. Une fois ceux-là terminés, ils furent légèrement amendés, entraînant quelques nuisances supplémentaires. Qu'à cela ne tienne. Puis patatras, on décida, bien qu'on le sût avant, de tout recommencer, pour la bonne cause du tramway. Nous étions donc repartis pour un très long tour. Pris en otage entre le bruit quotidien du périphérique et celui des travaux, et parents d'une enfant mal-voyante très sensible au bruit, qui connu des problèmes de sommeil importants, qui se répercutèrent sur nous, nous obtînmes d'être relogés... plus près du Boulevard Soult où se déroulent les travaux du Tramway, donc. Ma compagne, intermittente du spectacle, réalise nombre de missions pour une société, justement située à cette endroit, qui ne peux pratiquement plus travailler du fait des travaux, l'activité de production et de montage nécessitant un certain calme. Passons. Puis furent décidés conjointement dans un rayon de moins de 100 mètres, diverses modifications de conduite de gaz, la construction d'une école maternelle neuve, la réfection complète du boulevard Carnot, situé juste de l'autre côté, lui-même servant de hangar aux délicieux engins de la voirie, dont le grand plaisir consiste chaque nuit à actionner leur petite sirène au bruit puissant de sonnerie de réveil, facilement assimilable au supplice chinois de la goutte d'eau.

 

Enfin, à peine arrivés dans notre nouvel ensemble d'immeubles, nous constatâmes que la RIVP avait décidé, dans le même temps, de réaliser de pharaoniques travaux de mise aux normes de l'ensemble des colonnes d'eau des habitations du boulevard Soult qu'elle gère. Menés sur des mois, ces travaux de gros œuvres rivalisent largement en termes de nuisances pratiques et sonores avec ceux du Tramway réalisés conjointement. A l'heure où j'écris ces lignes dans mon bureau, où je suis censé me concentrer tant sur de la douce musique, que sur du subtil rédactionnel, l'immeuble tremble tout entier de l'intérieur, au bruit de je ne sais quel marteau pilon, et de l'extérieur aux bruits et vibrations du marteau-piqueur. Cela dure bien entendu toute la journée, depuis des mois et pour des mois encore Jusque-là, tout va bien et on imagine que les nuits et week-ends s'avèrent des havres de paix dans ce monde de bruits. Erreur ! Les diverses dérivations de la chaussée liées à l'évolution du Tramway s'effectuent, et on peut bien le comprendre, la nuit, dans un vacarme assez surréaliste. Le Week-end alors ??? Là, je l'avoue, dimanche j'ai craqué, quand, me levant à 6h45 six jours par semaine, et jamais après 8h30 le dimanche pour cause de parentalité, nous fûmes éjectés du lit à 8h pile par un bruit d'arme de destruction massive ! N'envisageant visiblement pas de cesser, le bruit nous poussa, ma compagne et moi à nous habiller en 4ème vitesse et à descendre voir de quoi il en retournait. Nous tombâmes sur une cohorte d'ouvriers hilares face aux récriminations nombreuses qui pleuvaient des fenêtres du boulevard, tout fiers de montrer l'autorisation préfectorale, leur intimant de réaliser, sur 12 semaines, l'élagage de tous les arbres des différents boulevards circulaires, opération ne pouvant se conduire que le dimanche à 8h pétantes !!! Pourquoi ? Pour des raisons de circulation me fut-il répondu. A 10h, tandis que la circulation en ce triste dimanche était toujours aussi clairsemée, comme elle le sera jusqu'en début de soirée, les ouvriers plièrent les gaules, témoignant de l'absurdité de cet arrêté. A peine remis de cet épiphénomène, quelle ne fut pas ma surprise, lundi matin à l'aube, de trouver sur la porte d'entrée de mon immeuble une lettre d'information signalant la suppression de toutes les places de stationnement situées dans la rue de part et d'autre de mon domicile, au coin du boulevard, et ce, jusqu'au mois d'avril, dans ce quartier où il est déjà devenu quasiment impossible de se garer, justement du fait des fameux travaux. En soit, j'aurais pu comprendre... Sauf que toutes ces places, à deux exceptions près, sont des places réservées aux handicapés – dont je suis – dont une partie avaient été créées... le mois précédent ! Et pourquoi avaient-elles été situées à cet endroit et pas ailleurs ? Parce que justement, ces immeubles logent un nombre très élevés de handicapés, dont certains très très lourdement et que ceux-ci ne trouvaient déjà plus à se garer dans ce quartier mutilé ! N'y tenant plus, ce matin, outre d'écrire ce billet un tantinet acide, j'ai appelé la ligne d'information des travaux où, un monsieur très gentil, notons-le, mais pas très bien réveillé, me fit comprendre que, bah, heu, on y avait pas pensé et qu'il allait signaler ce petit détail.....


La morale de cette histoire, n'a rien à voir avec ma petite vie très anecdotique. Elle rappelle juste que l'enfer est pavé de bonnes intentions et que la justesse d'une politique, fut elle de gauche ou de droite, ne tient pas à son orientation idéologique, mais bien à la manière dont elle est coordonnée et dans la considération réelle des citoyens dont elle est censé « faire le bonheur ». Au moment où d'autres chantiers, d'une bien plus grande importance, s'entendent à refonder l'économie européenne et mondiale en situation de profonde vétusté et où s'approche l'échéance de 2012 aux contours flous et sur fond, non pas tant d'abandon de souveraineté que d'abandon de pratiques démocratiques, cette morale serait sans doute bonne à méditer. Il est utile de se souvenir que si Napoléon fut grand général et non moins considérable chef de chantier, il fut piètre gestionnaire et mauvais metteur en œuvre de ses politiques.... Mais le monde tout entier ne tiendra pas sur l'Ile de Saint-Hélène..

 

10:41 Publié dans Paris, Politique | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : tramway, politique, ps, 2012, urbanisme, napolèon, benjamin jiben sire | |  Facebook | | | |

Commentaires

Bouhhh, et dire que dans notre paisible hameau au château abandonné, nous devons tendre l'oreille pour guetter un peu de "petit bruit" !
Pour avoir connu la vie parisienne, je compatis très sincèrement à votre lassitude...
Bisous bobioruraux ;-)

Écrit par : v.LaFont | 06/12/2011

Ecrivez plus fort, je ne vous entend pas !!!! (-;

Écrit par : Wuyilu | 06/12/2011

Arrrfff ARRRFFFffff ! ;-))
Suivi de force pépiements d'oiseaux et hululements de chouettes et parfois, de brâmes de chevreuils ou braiements d'ânes ;-)
... différent, non ?

Écrit par : v.LaFont | 06/12/2011

Que dire ?

Digne d'un film burlesque... si vous n'étiez pas tous aussi fragiles, surtout en hiver.

Écrit par : Dianae | 06/12/2011

Mais quand est ce que vous allez vous barrer de ce trou infernal?! Y a une vie ailleurs...

Écrit par : elise | 20/12/2011

Les commentaires sont fermés.