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09/10/2011

A MES AMIS GAUCHISTES ET ULTRA-LIBERAUX

 

Ces derniers jours, j'en ai vu qui rigolaient autour de moi. Des petits regards en coin amusés, sinon narquois, après lecture de ce blog longtemps laissé en déshérence.

  • « Bah alors le Jiben 1, on vire à gauche ? On tape sur les banques ? On se paye du patron ? ».

    ou :

  • « Toi le centriste, le copain de Bayrou 2, le suppôt du groupe Bildelberg 3, tu fais du prosélytisme pour la primaire PS »

    Et encore :

  • « Et bah, tu nous fais du Edgar Faure ? C'est pas la girouette qui tourne, mais le vent ? »

    Et enfin :

  • « Oh l'aut' !!! Wouah, c'est le Alain Duhamel du rock – en ce domaine mes relations sont plus mélenchonistes qu'autre chose – le Jean-Louis Borloo de la Stratocaster, le Hervé Morin de la tête Hiwatt (pour les connaisseurs) qui nous donne des leçons de gauchisme. Wouarff, on aura tout vu ! »

 

Enfin bref, amis d'extrême gauche, amis de droite ultra-libérale tendance Thréard, amis de tous les cercles les plus convenables ou les plus convenus 4 et tous les autres qui vous amusez de me voir désormais marcher le couteau entre les dents, la faucille dans la main gauche, le marteau dans la droite et le béret cubain sur le front. Permettez-moi de lever deux ou trois incompréhensions. La première est la plus simple : j'ai longtemps porté un béret de l'armée cubaine sur scène, même dans ma période UDF. Il m'a été offert par un producteur aux mœurs discutables qui effectuait de nombreux séjours d'enrichissement chez le Leader Maximo. Pour les autres remarques, comprenez-moi bien : mon engagement du moment est tout le contraire de vos suppositions. Je suis en fait lancé à corps perdu dans une entreprise désespérée pour défendre pèle-mêle, les banques et leurs patrons, les entreprises et leurs actionnaires, petits ou grands, les spéculateurs, des plus cyniques à ceux qui se réclament de la finance chrétienne éthique (arghhh), les agences de notations, qu'elles fussent parfaitement libérales comme Standard & Poor's ou s'affirmant du gaullisme social comme Fitch, par l'entremise de Marc Ladreit de Lacharrière, les éditorialistes du triangle des Bermudes politique (entre la Maison de la Radio, la rue Bayard et la rue François Ier 5) et tous les tenants de l'élite mondiale, de toute origine, de tout pays, de toute moralité, de tout lobby, de toute église et j'en passe et des meilleurs...

 

Là, chers amis, je sens poindre un certain désarroi dans vos yeux jusque-là submergé d'ironie humide. Pourtant, en bon modéré qui se respecte, cette démarche est logique. L'Histoire a invariablement montré que l'acharnement, tantôt doctrinaire, tantôt cupide, toujours cynique, de quelques uns et sa propension à aveugler le plus grand nombre en plus d'eux-mêmes, atteint toujours plus vite qu'on le pense le point de non-retour. Or, ce jour-là, qui n'a jamais été aussi proche, les voix progressistes et civiles qui appellent aujourd'hui à la régulation, sont toujours couvertes par les braillements haineux des coupeurs de tête de la dernière heure et les intérêts masqués de nouvelles castes dominantes qui n'usent pas seulement de la compassion comme arme politique ou comme arme tout court. Pour faire plus bref et plus clair : je n'ai pas envie de la guerre civile que d'aucuns appellent de leurs vœux pour purger le système et je préfère accepter un sérieux coup de volant avant l'heure fatidique de rencontrer le mur. Mais sans doute est-il déjà trop tard.

 

Et ne me parlez pas de la douceur des révolutions arabes comme pour témoigner qu'il est possible de changer sans violence du coté des contestataires; le processus n'en est qu'à son début et je doute que de quelconque modérés finissent pas l'emporter. Au départ des révolutions, il y a souvent une « charmante » bourgeoisie éclairée, de 1789, à Kerensky et ses émules , en passant par le Frente Popular avant qu'il soit lui même dépassé sur son aile gauche, à l'intelligentsia iranienne de gauche de 1979, à l'arrivée, il n'y a que du sang et des larmes et des mouvements radicaux incontrôlables. Puis viennent les insupportables litanies des « plus jamais ça », avant les prochains excès.

 

Alors, amis gauchistes et ultra-libéraux, si on pouvait réformer tout de suite et se calmer avant que les promoteurs des « grands soirs » sans amour l'emportent...

 

Et puisque j'évoquais Castro, je rappelle qu'il s'est acheté une Rolex avant une conscience de gauche....

 

Allez hop, jacta est... et à la prochaine.... J'ai un vote sur le feu...

 

  • 1 Surnom donné par ma femme, que j'ai fini par adopter moi-même.

  • 2 Auquel j'ai serré 200 fois la main molle, lors de mon engagement à l'UDF, puis au MoDem, sans qu'il daigne prononcer le mot « Bonjour », même quand Marielle de Sarnez lui disait « François, c'est Benjamin. ».

  • 3 Là, j'en rajoute un peu (-;

  • 4 N'ayant pas vraiment d'amis d'extrême droite, je peux pas vraiment l'ajouter.

  • 5 d'après le commentaire de Gaël Brustier (Collaborateur éclairé de Arnaud Montebourg) : «Le centre n'a jamais passionné qu'entre la Maison de la radio, la rue Bayard et la rue François Ier : preuve que le centre est le triangle des Bermudes de la vie politique... « 

13:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Chut ! Arrête de crier comme ça ! Tu risques de réveiller nos démons démocrates :-) !

Écrit par : Dianae | 10/10/2011

Tu as raison, il sont dangereux ces démocrates... chuuutttt ! Mais au moins tu sais en quoi tu as inspiré ce billet (-;

Écrit par : wuyili | 10/10/2011

Les commentaires sont fermés.