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02/06/2010

ISRAEL, LA FAUTE DE TROP... ET POURTANT...

Avant toute autre considération, l'honnêteté me dicte d'avouer que mon sang est d'origine juive, bien qu'étant non pratiquant et même totalement agnostique. En somme, je ne suis pas juif pour les juifs, qui me l'ont souvent fait sentir, mais je le demeure aux yeux des fanatiques antisémites de tous bords. J'ajouterai que je ne suis ni pro Palestinien, ni pro Israélien, ces qualificatifs portant en eux l'aveu fondamental du refus de l'autre et le la partialité belliciste, ce « pro », quelque soit son bord, appelant avant tout un « contre » l'autre parti. Or s'affirmer contre l'existence d'un peuple, quelqu'il soit, est un préalable qui rend rédhibitoire l'existence de tout débat. Il en est autrement de se positionner pour ou contre le gouvernement Israélien, pour ou contre le Hamas qui tient les rênes de la bande de Gaza... Et là, il y a beaucoup à dire, encore plus après l'arraisonnement meurtrier de la flottille « humanitaire » opéré lundi dans les eaux internationales entre Chypre et Israël.


Une certaine indulgence pourrait conduire à penser que les israéliens ont été une fois de plus pris au piège par les maîtres en communication du Hamas qui ont orchestré l'opération et su par avance le profit qu'ils pourraient en tirer, ayant vu l'affaire se conclure au-delà de leur plus folles espérances. Mais quand l'histoire se répète avec le même entêtement, quand l'expérience s'avère à ce point inutile, l'indulgence est forcément tarie et fait place à une insondable tristesse teintée d'amertume. A ce niveau d'obstination dans le choix de la pire solution, les dirigeants de l'État Hébreu vont finir par avaliser la thèse d'une collusion plus que tacite avec les extrémistes palestiniens. On connaissait déjà le rôle considérable joué par les gouvernement successifs de Jérusalem dans le développement et l'affirmation des « Frères Musulmans », puis du Hamas, sous prétexte de lutter contre l'OLP*, un peu à la manière dont les américains ont soutenu les divers groupuscules islamistes qui se sont ensuite regroupés sous la bannière d'Al Qaida. On constate aujourd'hui que le gouvernement de Benyamin Netanyahou insiste dans une direction qui condamne durablement tout espoir de paix et menace la sécurité d'Israël, comme l'opération « plomb durci » de décembre 2008 l'avaient déjà fait, sans parler des conséquences très néfastes de l'injustifiable poursuite de la colonisation. On est donc en droit de se poser la question du véritable but poursuivi, sachant que les arguments pointant la volonté de protéger le territoire hébreu ne tiennent pas, puisque la conséquence de tous ces actes abouti au renforcement du Hamas et à une croissance sans limite de la haine d'Israël et par extension de tous les juifs. Pendant ce temps, les palestiniens, à la fois victimes de la politique israélienne et, pris en otage par les islamistes à Gaza, voient leurs souffrances s'accroître, tandis que le peuple israélien s'enfonce dans la peur et la paranoïa sans imaginer le moindre recours à la situation actuelle. En parallèle, les médias du monde entier, versant dans un manichéisme mercantile et dangereux, versent de l'huile sur le feu, se laissant manipuler par les plus fins communicants de l'affaire qui, dans ce cas là, ne sont définitivement pas israéliens. De ce point de vue, une fois de plus, on peut dresser un parallèle entre la désastreuse communication israélienne et celle des américains dans la conduite de leur diplomatie, du moins jusqu'à l'élection d'un Barack Obama dont on attend beaucoup (et peut-être trop) : indifférence vis-à-vis de l'opinion internationale, méconnaissance arrogante de la culture du camp opposé, mépris de toutes les revendications, y compris les plus fondées et volonté de s'enfermer jusqu'à l'extrême dans une logique suicidaire. En face le Hamas joue sur du velours, ayant compris, à l'inverse des Israéliens et des Américains, que la parfaite connaissance de la culture et des faiblesses émotionnelles occidentales est un préalable indispensable à chaque opération. Il a su s'attirer la faveur des extrêmes – à gauche, comme à droite – et la mansuétude de nombreux militants pacifistes de bonne foi, légitimement révulsés par l'absurdité de la politique israélienne et ignorants du vrai rôle joué par l'organisation extrémistes à Gaza, tout autant que de la réalité quotidienne et de l'état d'esprit d'un grand nombre de citoyens israéliens et de juifs à travers le monde. On est ainsi en droit de s'interroger sur la présence d'authentiques personnels humanitaires de tous pays, dans une opération montée de toute pièce par le Hamas et ses soutiens directs turcs, dans le seul but de faire réagir négativement Netanyahou et sa clique, ses préoccupations purement humanitaires étant davantage une affaire de stratégie que d'humanisme... Oui, franchement, « Qu'allaient-ils faire dans cette galère », si ce n'est involontairement donner plus de poids à un Hamas qui ne parvient toujours pas à étendre son influence en Cisjordanie et n'a aucun intérêt à voir le tragique blocus israélien cesser. Une fois de plus on constate que l'enfer est pavé de bonnes intentions et que le diable peut avoir plusieurs visages, qu'il s'agisse de celui de Khaled Mashaal ou de Benyamin Netanyahou. Quand au reste du monde et notamment les grandes puissance, il n'est pas vierge pour autant dans cette affaire, n'ayant jamais apporté le soutien nécessaire au palestiniens modérés ni soutenu suffisamment les projets réellement pacifistes comme « L'initiative de Genève » dans les années 90 ou le JCall** actuellement. Car enfin, il aurait été intéressant de voir la conclusion de cette opération « humanitaire » si une demande de débarquement sous contrôle international avait pu aboutir, mettant ainsi le Hamas en porte-à-faux et épargnant à Israël de commettre une fois de plus l'irréparable.

Inch'allah...

  • Voir, une fois de plus, l'excellent « Le grand aveuglement » de Charles Enderlin – Albin Michel 2009

  • ** Jcall : http://www.jcall.eu/

17:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : israel, palestine, hamas, politique, international, sire, wuyilu | |  Facebook | | | |

Commentaires

Eh bien voilà une analyse que je partage en tous points. Mais verra-t-on les dirigeants (Israel, Palestine, USA..) écouter les voix de la raison ? Je ne le crois pas une seconde. Comme vous le soulignez: le but inavoué des politiques n'est certainement pas de ramener la paix mais plutôt de déclencher des guerres. La stratégie d'Israel semble celle-ci: "laissons les palestiniens déclencher une bonne guerre et nous en profiterons pour les écraser une bonne fois pour toutes". La stratégie du Hamas : "provoquons Israel jusqu'au déclenchement d'une bonne guerre et faisons en sorte d'y entraîner nos voisins". Et l'Europe dans tout ça ? à côté de la plaque. Il ne manque que les bons conseils du genre "faites donc de la concurrence libre et non forcée... "

Écrit par : CHACARROTTE | 02/06/2010

Votre texte est très intéressant.
Eu plaisir à vous lire.

jf.
www.lamauragne.blog.lemonde.fr

Écrit par : Jacques | 10/06/2010

Les commentaires sont fermés.