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27/01/2009

29 JANVIER – LE DILEMNE DU MODEM Y ALLER OU PAS ? JE DIS OUI

 

marianne.jpgTandis que de l'autre côté de l'atlantique Barack Obama inaugure son mandat, comme il avait mené sa campagne, dans l'unique souci de la réconciliation nationale, en privilégiant le « NOUS » au détriment du « JE », notre petit Président continue de personnaliser son pouvoir par l'utilisation exclusive de la première personne du singulier et une méthode de gouvernement qui nie toute contestation, portant le règne de l'individualisme et de la division à son paroxysme... En ce matin du 27 janvier 2009, la France est au seuil d'une situation explosive, davantage du fait de la dérive absolutiste de son pouvoir, que d'une crise économique pourtant née des idées préalablement défendues par celui qui fait mine aujourd'hui de jouer les pompiers, en s'agitant comme un pantin grotesque. Au matin d'une évidente motion de censure et deux jours avant une grève dont le sens et la mesure n'ont pas encore été compris par tous, la France est à l'aube d'un chaos qui est bien le fait de ceux qui traitent aujourd'hui d'irresponsables les Français qui s'apprêtent à exprimer leur colère. Plutôt que d'écouter les délicates niaiseries distillées par les chansons de Carla Bruni, Nicolas Sarkozy auraient dû, bien avant 2007, se pencher sur le « Protect me for what I want » des anglais de Placebo. Car du plus profond de la France, bien des voix auraient dû s'élever, à l'unisson de celle de François Bayrou, pour exhorter notre Président à se protéger de son absolue envie de pouvoir qui touche aujourd'hui au pouvoir absolu, conduisant notre pays au bord d'une situation quasi insurrectionnelle... N'est-il pas déjà trop tard ? Et ce n'est pas la redoutable phrase matinale du sinistre Eric Woerth* ou le terrible lapsus d'hier, proféré par le Ganelon* en chef Eric Besson, qui risquent d'inverser le processus. Encore moins le débat entendu ce matin sur France Info entre Dominique Payet porte-flingue de l'UMP et le PS Razzy Hamadi, le premier interdisant toute contradiction à son interlocuteur tout en l'insultant, obligeant la journaliste Raphaelle Duchemin à couper net ce (non) dialogue qui faisait froid dans le dos, témoignant avec éclat de la manière dont le pouvoir compte faire taire toute voix discordante.

 

Mais voilà, nous sommes aujourd'hui, et particulièrement nous autres militants du Mouvement Démocrate, face à un terrible dilemme, une « tempête sous un crane » à l'heure d'une autre tempête, un cas de conscience dans un temps où l'on fait peu de cas de la conscience... Que doit on faire le 29 janvier ??? Comment concilier notre réprobation flagrante de la politique actuelle, dans son fond, mais encore plus dans sa forme, sans pour autant faire le jeu d'une désolante extrême gauche et de syndicats archaïques ? Si nous ne pouvons que nous féliciter de voir aujourd'hui François Bayrou se prononcer haut et fort en faveur de la motion de censure portée par un Parti Socialiste qui reprend peu à peu du rose au joues, pourquoi n'avons nous pas participé à l'organisation du mouvement de jeudi pour en élever le sens, l'orienter vers la sauvegarde des libertés publiques et le respect de la Démocratie et lui éviter le traditionnel glissement vers de simples (mais légitimes) revendications salariales et une (moins légitime) défense des intérêts corporatistes. L'hebdomadaire Marianne et quelques autres journaux avaient eux-mêmes donné le « la » il y a quelque semaines, invitant les citoyens à rejoindre le mouvement pour défendre la séparation des pouvoirs et l'indépendance des médias, avant de se rétracter, proposant finalement une paisible causerie sur ces thèmes au théâtre du Châtelet, le lendemain. En laissant le mouvement syndical et la gauche la moins responsable s'emparer de la colère des citoyens, le MODEM a sans doute encore raté une occasion de faire taire ceux qui fustigent la tiédeur du centre et sa faiblesse de proposition, mais plus encore de montrer que les postures effarouchées de François Bayrou ont davantage de portée que l'échéance de 2012 et sont l'expression d'une acuité politique rare.

 

Aujourd'hui, nous sommes nombreux au Mouvement Démocrate à avouer que nous soutiendrons tout de même le mouvement de jeudi et même, que nous y participerons... Non sans un certain malaise, tant l'idée de défiler aux côtés de Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot a de quoi retourner l'estomac, tant nous savons que le gouvernement instrumentalise à merveille ces extrêmes pour effrayer le « bon samaritain », tout en rendant inaudible les authentiques démocrates. Mais nous en serons, justement pour faire entendre une voix universaliste et humaniste, dans ce qui sera sans doute une cacophonie de revendications disparates. Nous en serons, et nous pouvons nous féliciter qu'en dépit de son silence sur la question de jeudi, le Modem soit un parti suffisamment respectueux des différences pour autoriser ses membres à parfois « sortir de la ligne », rappelant la sentence de François Bayrou au moment de la création de l'UMP : « Quand tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense ». Nous en serons, sans naïveté ni duplicité, sachant combien la traditionnelle alliance objective entre droite et gauche radicales a toujours servi à briser les reins de leur pire ennemi, la République. Mais c'est pourtant au nom de celle-ci, au moment où elle est délestée de ses plus beaux attributs, que j'appelle ceux, parmi ses plus fervents partisans, à rejoindre le mouvement du jeudi 29 janvier 2009 et ce, quelque soit leur bannière

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N'écoutez pas ces apprentis-sorciers du gouvernement qui, après avoir défendus bec et ongles la pire logique néo-libérale ayant conduit au chaos financier mondial, après avoir poussé les citoyens dans la division et la culpabilité, après avoir porté gravement atteinte à la séparation des pouvoirs et aux libertés individuelles, après avoir porté aux nues les valeurs les plus individualistes et vénales, après avoir témoigné du plus profond mépris pour l'idée de culture et d'épanouissement personnel, viennent vous expliquer que manifester est l'expression d'une terrible absence de sens civique en ces temps de crises. Le 29 janvier, dites Non au gouvernement, dites Oui à la République, à la Démocratie et à la France.

 

*Eric Woerth a déclaré à l'AFP, à l'instar d'un Serge Dassault : «  (Que les grévistes) "bougent, qu'ils deviennent un acteur de la sortie de crise. Qu'ils se remontent un tout petit les manches, qu'ils se mettent à travailler à l'unité du pays". » De la part de l'un de ceux qui participent chaque jour à la division de français, c'est assez touchant....

 

*Dimanche dernier, sur RTL, Eric Besson a parlé "d'invasion venue d'Afrique" en parlant de l'immigration.

13:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |